‹ Un siècle de parisiennesChapitre 6 sur 10 · AUTOMNE · texte numérisé non relu

AUTOMNE

OU R la femme, être aimée est

Xi un droit; pour nous, c’est une faveur. Plus ou moins, la femme est toujours une déesse dont nous sommes les adorateurs. Elle, la dispensatrice d’amour, aime par fantaisie et à sa fantaisie, mais veut plaire à tous, doit plaire à tous — c’est une convention

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passée entre elle et Dieu. Plaire et ne pas aimer est même ce qui la ravit, nous restons les éternels vaincus attelés à son char.

La femme est créature d’amour.

Pour plaire, le Créateur la fit belle, mais il la fit nue. Dès qu’elle fut aimée : pour se faire désirer davantage elle se vêtit ; ne fût-ce, pour commencer, que d’une feuille de rose — un poète prétend même qu’elle la choisit toute mignonne ? N’importe, de là date le premier chapitre de l’histoire du costume. Cette histoire, comme toutes les autres, est faite de recommencements. Il ne faudrait pas

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confondre le costume avec le vêtement. Le vêtement échappe à l’analyse de tous ceux qui, comme nous, les amoureux de l’amour, ont l’éternel mépris des choses utiles. Le costume, inutilité d’art, est le sertisseur du bijou. Il crée le désir. — Plaire, être aimée, sont choses indépendantes du désir. Le Désir domine tout. Le Désir tient en haleine, est une science — la science du costume.

Nous sommes des explorateurs, nous cherchons Eve; elle est dans la robe.

* sic

La robe a reçu tous les noms de baptême. Nous lui garderons ce der-

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nier, d’autant plus que la robe est française avant tout ; elle a usé tous les genres d’esprit, mais les ressuscite et les renouvelle. Son rôle est de mettre en valeur — quelquefois même en dissimulant. Selon les époques, elle montre tel ou tel coin du paysage le plus propre à développer chez le curieux le goût des voyages.

Désigner beaucoup est bon. Indiquer les sinuosités, les vallons, les mamelons, est le grand art. La robe est comme les roses, il n’y en a guère sans épines, — mettons, si vous voulez, sans épingles. C’est un fouillis fleuri ; pour y cueillir des violettes on s’y pique les doigts. C’est un excitant.

La robe dirige. Aux époques où elle montre beaucoup la jambe, elle semble dire : « Veuillez donc, Monsieur, vous mettre à genoux et commencer d’écrire votre préface au rezde-chaussée; vous monterez ensuite tout doucement, inutile de vous presser. » — Quand elle traîne, la robe cache les pieds, défend l’attaque par le bas ; elle découvre la gorge et les épaules. Alors l’assiégeant donne l’assaut immédiatement par les hauteurs, et la reddition se signe assez vite ; les yeux, les lèvres la contresignent, et les casemates ne sont occupées qu’après que la forteresse a capitulé. Dans

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le premier cas, celui où la robe a laissé faire le siège par les ouvrages d’en bas, il arrive que le conquérant est à même d’imposer ses conditions avant le consentement. En somme, les deux stratégies ont leur charme.

La fin différencie les moyens.

La robe n’est pas tout le costume, certes, mais elle en est la pièce de résistance. On peut ôter ses gants, son chapeau, sans que la robe suive.

La robe dissimule aussi bien d’autres parties du costume d’ordre infiniment plus intime, mais cependant soumis à la robe. Ce sont vassaux et vassales qui lui doivent obéissance et fidélité.

La robe est donc tout. La plus vaillante résistance est admise tant qu’elle n’est pas à terre, même cette résistance peut être d’une parfaite sincérité, mais quand la légère cuirasse, la robe ! a laissé apercevoir des blancheurs, on ne saurait sans ridicule prolonger davantage le combat. Il n’y a plus qu’à livrer tout d’abord certains otages, et ensuite à leur obtenir les meilleures conditions.

J’ai dit une cuirasse : la robe en est une, et les mailles de cette cuirasse ou pour mieux dire, son tissu, doit être en harmonie avec l’objet qu’il protège. Les lourdes étoffes de brocart

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conviennent aux somptuosités des formes, aux sévérités de la ligne, et leur richesse s’ajoute à celle de la chair.

Au contraire, une souple et fine étoffe caresse, agrémente un corps svelte et mignon ; elle s’assimile à lui, le dévêt pudiquement.

La couleur aussi fait partie de cette grande science du costume, elle collabore avec ce petit dieu qui n’a véritablement pas grand’peine à être plus malin que nous.

Pour s’habiller, une femme devrait toujours consulter un peintre — un peintre qui ait le sentiment de la couleur. Il y en a donc qui ne l’ont pas? me direz-vous. Parfaitement, il y en a

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même quelques-uns !... — elle devrait, dis-je, consulter un peintre qui ne soit pas à vrai dire un brillant coloriste, mais plutôt un harmoniste de la couleur. Un peintre qui comprendrait les relations qu’il doit y avoir entre le ton de la robe et la couleur des yeux, entre la nuance d’un ruban et celle des cheveux : car, dans la toilette d’une femme, la moindre inharmonie est un hiatus. Or, Madame, les poètes qui vous aiment, n’aiment pas du tout les hiatus, cela ressemble à un vilain cri d’oiseau de nuit.

Il est incontestable que pour avoir une femme bien habillée il faut être

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plusieurs fois millionnaire. Cela en vaut la peine; soyons-le. C’est sans doute en songeant aux robes de nos femmes que Guizot a dit : « Enrichissez-vous ! » Hélas ! tout le monde ne saurait mettre en pratique ce sage conseil, et presque tout le monde, cependant, a une femme, au moins.

De là, la difficulté pour un homme d’avoir une femme bien habillée; et de là aussi, par conséquent, cette multitude de femmes vêtues, couvertes de vêtements, nécessité impérieuse, déterminée par les intempéries des saisons, un peu par la décence, mais de femmes non habillées, au sens artiste du mot.

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Et combien il est heureux qu’il en soit ainsi ! autrement nous ne regarderions plus les autres. Que dans les champs les roses fleurissent drues comme des épis de blé, et nous en serons agacés.

Pour le sage qui passe son temps à se fixer de belles images dans l’œil, occupation autrement intelligente que de le passer à résoudre des théorèmes algébriques, avoir vu passer dans la journée une seule femme élégante suffit à la joie du regard. Qu’il en eût vu passer à la queue leu leu une centaine, le plaisir de ce dilettante eût été beaucoup moindre et, rentré chez

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lui, il ne s’endormirait que sur une vision trouble. Pour que les joliesses féminines se casent à demeure dans notre cerveau, il faut les y loger à doses discrètes et continues.

Sans nous occuper ni des costumes de la haute antiquité, ni de ceux de la Grèce ou de la Rome de Néron»

costumes qui permettaient à la femme de draper divinement et simplement sa nudité en lui donnant ce grand charme qu’a tout mystère qu’un rien peut nous dévoiler, costumes propices aux libertés païennes comme aux hâtes de la possession, examinons

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les transformations que pendant le siècle finissant subit la Robe.

Incontestablement telle robe de telle époque de ce siècle ressemble si peu à telle autre robe d’une époque distante de cinquante ans, qu’on s’étonne qu’un même mot puisse les désigner.

Ce qui déshabille en pleine rue la femme sous le Directoire, ce qui la fait ressembler à une couveuse sous le second Empire, sont deux robes! Or la première est très près de n’être qu’une chemise, l’autre une cage à poulets!

Cela s’explique par un mot magique :

la Mode. Je dis «un mot magique» car, et c’est inouï, aux plus mauvaises

époques de la mode, alors que, esthétiquement, la grâce du costume n’existait plus, la femme restait gracieuse dans le disgracieux! Ce mot « disgracieux» ne s’applique pas à l’époque du Directoire, il serait impropre ; la robe alors n’était pas absolument une robe} elle était tout simplement une polissonnerie.

La femme semblait n’être sortie du lit que pour un moment, et son costume invitait à y rentrer.

N’était-ce pas du reste un peu cela?

Faut-il en conclure qu’il y a concordance entre le style de la robe et la qualité des mœurs d’une époque?

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— Un peu, pas tout à fait. Disons plutôt entre les complaisances de la robe et la franchise des mœurs, car autrement nous serions obligés d’admettre contre toute évidence que le règne de Napoléon III ne connut que des Lucrèces. Ce serait falsifier l’histoire avec une impudence peu commune.

Même alors, nous avions raison des aciers de la crinoline ! Ce fut une époque terrible, je l’avoue, où la chute des cerceaux métalliques manquait de grâce et faisait regretter celle du péplum des dames romaines...

On a beau s’habituer à tout, il y a des choses dont on se déshabitue encore plus facilement, et la crinoline s’inscrit en tête de la série de ces choses-là. La crinoline fut une des

rares choses laides qui aient passé pour laides de leur temps. C’est là une exception dans l’histoire de la mode ; d’habitude la femme ne trouve laid que ce qu’elle ne porte plus.

Et de cette hideur émergaient des séductrices dont Winterhalter, le peintre de l’Impératrice, savait fixer sur la toile les séductions.

La femme est thaumaturge.

Une grosse question se pose. Quel est le peu ou le beaucoup d’elle qu’il est préférable que la femme laisse voir?

Que vaut-il mieux que la robe découvre ? Grave problème !

Séduire étant le but, on peut Lat-

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teindre par des moyens multiples, et il semblerait que les plus directs soient les plus efficaces. C’est problématique.

Certains de ces moyens produiront sur tels de nous des effets immédiats, alors que d’autres parfois plus hardis auront des résultats plus laborieux.

L’excitabilité n’est pas toujours en rapport avec le stimulant, alors l’action traîne.

Il n’est donc pas impossible de déterminer avec quelque certitude quelle est la meilleure place où la robe ne doive plus qu’encadrer, et quelle doit être la superficie du chef-d’œuvre présenté.

Je crois — car pour ne pas dire de sottises je me vois réduit à des opinions purement personnelles — je crois que la robe ne doit livrer à nos

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regards qu’assez peu de la nudité féminine, mais avec quel art, quelle science, quel esprit, parfois malin, ce peu doit nous être offert!

Nu, le cou n’est pas une décisive tentation, il appelle le ruban Le cercler d’un filet noir est délicieux. Y laisser gavrocher quelques cheveux, sans que cela paraisse voulu, est une adresse .

Un bras entièrement nu n’est pas davantage une tentation parfaite ; le coude n’est pas beau; mais que par exemple le gant monte assez haut pour le cacher, ce coude, qu’avec cela la manche de la robe emprisonne

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bien l’épaule, et aussitôt tout l’entredeux de cette chair nue du gras de ce bras devient un véritable régal pour les yeux.

Le grand décolletage, celui des soirées, de l’Opéra, n’est pas enchanteur; il est trop généreux. La gorge, à mon sens, ne doit se laisser admirer que dans un bain de gazes floconneuses dont elle rosit les blancheurs.

Il faut la chercher, la deviner, la voit, ne la voir plus, et la revoir encore, cette gorge! Il fut un temps, sous les Valois, où la femme en robe montante en laissait, par des crevés mignardisés, pointer les fleurs vives des seins...

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telles deux étoiles d’amour! C’était l’offrande d’une rose mousseuse en chair; c’était la suprême trouvaille, la plus raffinée des tentations, le plus exquis des appels à l’amour.

Des civilisations d’un autre temps ont connu le retroussis de la jupe, découvrant la cuisse. Les femmes d’Orient, qui se cachent le visage, sont encore volontiers prodigues d’appas que les nôtres ne divulguent que dans l’intimité.

Ces différentes offrandes au désir, qui font aussi partie de la mode, caractérisent-elles chacune une façon d’aimer? On serait en droit de le

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penser, et ce serait l’œuvre d’un psychologue d’en démêler les subtilités raisonnées. Peut-être y puiserait-il, à mesure que se découvriraient pour lui telles délices du corps de la femme, l’état mental de l’homme en quête d’amour, dans tous les temps. Pourquoi n’y chercherait-il pas de même le fuyant désir de la femme, ce désir caché, inavoué, de la façon dont, selon les appétits d’amour d’une époque, elle préfère être aimée... effectivement ?

Elle peut, en raison des modes, donner, même dans l'effectif, le prix soit aux hommages teintés de respect, soit à la galanterie gaie, soit à l’ad-

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miration plastique, aussi bien qu’aux allures conquérantes, aux mignardises des féministes, aux licences des curiosités, aux belles élégances sensationnelles, ou aux supercheries des décadences... — Le caractère de l’amour a-t-il donc essentiellement celui du costume ? Peut-être pas complètement, mais il est impossible de ne pas leur trouver des analogies.

Je viens de dire : « ou aux supercheries des décadences ». — N’en serions-nous pas à cette étape de la carte du Tendre ? Le costume, la mode actuelle, ne sont-ils pas des indications? Certes la robe doit toujours

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être irréprochable et de la bonne faiseuse, mais elle a cessé d’être le principal étui de l’objet de luxe, ce n’est plus à elle que la désireuse confie comme autrefois la garde de sa beauté charnelle, elle n’occupe plus la première place dans la pensée combative de la femme.

Jadis, après la robe, on ne rencontrait plus que des objets nécessaires, des pièces de costume qui ne retardaient en rien l’Eurêka du poème d’amour.

Il n’en est plus ainsi. La femme d’aujourd’hui se plaît aux longanimités, elle a la patiente endurance... que

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dis-je? l’exigence même des atermoiements. Alors elle a inventé les dessous, ce labyrinthe d’où Dédale luimême se fût difficilement enfui ; d’où, pour parler avec quelque franchise, on n’est guère tenté de s’enfuir. Toute cette science du costume, dont nous avons déjà parlé, puisque c’est elle seule qui nous occupe, la femme, à cette heure, l’a confinée, cachée, voilée, enfermée, garantie sous la robe.

Ce qui ne se voit pas réclame les soins les plus minutieux, et, aujourd’hui, la robe d’une élégante est un sanctuaire.

Elle sait qu’on le sait, et entend qu’il en soit pour elle comme pour l’antique Pythie : que le lieu soit digne des oracles qui s’y rendent.

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Ajoutons que cette science des dessous, exquise et troublante, impose ses lois, exerce son savoir des épaules au talon, aussi bien sous les corsages que sous les jupes.

La robe couvre de sa modestie trompeuse toutes les extravagances, tous les raffinements, tout le luxe compliqué des lingeries d’art et de soieries diaphanes.

La femme habite et déplace avec elle son boudoir.

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Il fut un temps, en ce siècle, où l’on aimait à la passade — à la guerre comme à la guerre! — Sous Napoléon Ier on s’adorait entre deux batailles; les femmes savaient que l’amour n’était qu’un intermède entre la guerre d’hier et celle de demain. Il y avait de l’inconstance dans les costumes comme dans les cœurs. Il fallait de la grâce immédiate, et les femmes s’arrangeaient à en avoir. Des costumes étaient dessinés par des peintres militaires comme Vernet. Tout était alerte, claironnant... et l’amour suivait la mode, On n’avait pas le temps de bivouaquer dans les boudoirs ; de là

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l’inutilité d’en trop capitonner les meubles. On se résignait aux prompts départs, et, par la force des choses, il y avait dans cette résignation comme un contentement martial,

Aujourd’hui, tout est changé, la femme mobilise non plus pour la guerre en dentelles, mais bien en prévision de la guerre aux dentelles.

On pourrait émettre ce paradoxe qu’elle n’est réellement un peu vêtue que déshabillée — entièrement s’entend. Tant qu’elle n’est pas dévêtue, elle reste l’Aphrodite à dévêtir.

Son costume n’obéit à aucune règle, se prête à toutes les fantaisies

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se multiplie par les .exceptions; mais l’impérative mode ne transige pas avec les dessous, il les faut voluptueux ; — tranchons le mot, ils doivent donner le plus formel démenti aux apparences, faire que la femme du monde qui passe, là, devant nous, puisse jeter le gant à n’importe quelle grande Aspasie du jour, et la vaincre.

Quelle honte, si l’attaque allait se produire sans que tous les frêles obstacles ne soient au complet ! Sans que ne . soit à son poste la garde d’honneur : les mousselines, les Valenciennes, les surahs, tout l’arsenal d’une alliance offensive et défensive

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propre à exacerber des sensualités qui s’endorment et meurent dans le prolongement !

Pour paraphraser un mot célèbre :

Tout serait perdu... même l’honneur.

Toutes ces robes, dont jusqu’ici nous avons parlé, sont robes d’amour, fût-ce d’amour conjugal, elles sont chapelles parées pour l’immédiat désir. pour le prochain oubli, peut-être ?

Mais il en est d'autres; d’autres qui semblent n’envelopper que des spiritualités, celles-là sont presque toutes unies, de couleur sombre, peu ou pas de garnitures. Sur ces robes, qui se marient aux gestes de lenteur,

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Jes mains, nues, semblent des fleurs de rêve. Heureux qui en a respiré l’ineffable et doux parfum !

Un jour, entre les feuillets d’un vieux bouquin, j’ai trouvé quelques lignes, presque effacées, écrites sur un papier jauni. Elles précisent si bien ce que je voudrais exprimer pour vous, chères lectrices, que je vais vous transcrire, sans permission, ce couplet d’un inconnu qui, si j’en crois l’âge du papier, ne doit plus être à même de m’en faire reproche :

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