NÉ LE 14 MAI 1771, DÉCÉDÉ LE 17 NOVEMBRE
M. David Thomas qui avec une grande • bienveillance s'était chargé des arrangements publics, convoqua aux funérailles les membres existants des anciennes associations ; quelques-uns d-entre eiix lurent désignés pbur porter la bière, et trois des finciens camai*ades d'école de Robert Owen furent priés de diriger le convoi.
Les magasins de la ville se fermèrent en signe de deuil et de respect pour Thomme éminent qui était venu mourir au milieu de ses compatriotes.
La foule respectueuse et émue se massa sur le passage du convoi.
Robert Owen fut enseveli dans le monument où reposaient déjà son père, sa mère* et ses frères. Le tombeau était construit dans le cimetière de l'église de Sainte^ Marie, vieille église saxonne qu'on dit remonter au lieùvième siècle. Les funérailles furent simples telles que l'avait été la vie entière du novateur. On respecta ainsi ses dernièi*es volontés.
Les notabilités coopératives étaient accourues de diverses parties, de l'Angleterre. L'une d'elles, quelques jours après, exprimant à Holyoake ses impressions au sujet de la cérémonie religieuse qui eut lieu à l'occasion des funérailles, écrivait : "^
Newtown, Montgomeryshie, :
22 novembre 1858.
Mon cher ami,
(( La tombe est fermée sur Robert Owen. Si dç grahds » buts et une vie sans blâme constituent grandeur et » bonté, Owen mérite la prééminence.
» Et quel tpavailleur I Depuis Tannée 1788 où un de mes » correspondants Ta vu rouler si habilement une pièce » de soie, c'est-à-dire pendant 70 ans, son esprit a tou- » jours été tendu vers le grand problème de l'évolution » de l'humanité. Il n'a jamais passé une heure dans » l'oisiveté, une heure sans se préoccuper d'arracher les » hommes à la dégradation de la misère, à la tyrannie » des classes, du capital et de la superstition.
» Comment a-t-on pu recourir, pour les funérailles » d'un tel homme, aux cérémonies d'un culte dont il s'é- « tait tant efforcé de démontrer les erreurs? Je vis cela » avec une peine profonde...
(( Signé : T. Allsop »
Holyoake, l'historien auquel nous empruntons ces renseignements, signale combien ce dernier cas était difficile. Owen avait désiré être enterré dans la tombe de ses ancêtres; la tombe était dans un terrain consacré appartenant à l'Eglise ; il n'était donc pas possible d'éviter la cérémonie religieuse. Le recteur n'autorisa pas de discours sur la tombe. Passer outre eut fait du bruit. Or, la vie d'Owen ayant été paix et bonne volonté, mieux valait que dix ministres oflftciassent, plutôt que de trouhier de telles funérailles par le plus petit scandale.
« Si j'avais eu lé plaisir de connaître intimtement Robert » Dale Owen », ajoute l'historien, « je lui aurais suggéré » — puisque un ministre était indispensable — d'appeler » soit l'Archevêque de Dublin, soit tel autre personnage » de l'Eglise, connu par ses grands sentimei>ts d'huma- » nité;et je me serais incliné moi-même devant les céré- » moniés accomplies dans un esprit qui les eût vrai- » ment sanctifiées ».
JUUir*. •.,,
iM^OSuYte publique de Robert OiT^en. Résumé.
Poilr juger convenablement l'Œuvre publique de Robert Owen, l'effort qu'il soutint pendant plus d'un demi-siècle, il faudrait lire tous ses discours, tous ses écrits, foute sa remarquable correspondance, tous les comptes-rendus de la presse sur les procédés du novateur, au cours de ia longue période pendant laquelle il agita l'esprit public. Il faudrait, en outre, connaître exactement l'état de l'industrie à cette époque et la situation physique et mentale des classes ouvrières. Sans cela, il est difficile d'embrasser pleinement l'étendue de l'influence exercée par Robert Owen sur ses contemporains ; mais, c'est là une 'tâche trop considérable et trop longue pour lui faire place
dans ce court résumé.
Aussi, pour apprécier d'un coup d'œil là grande figure de notre héros, nous contenterons-nous de reproduire quelques passages du discours prononcé par G.-J. Holyoake dans le public Hall de Rochedale, à l'occasion de la mort d'Ôwen.
« On reproche aux ouvriers », dit l'orateur, « d'être géné- » ralQment ingrats envers ceux qui les servent, de recueil- » lir des bienfaits sans chercher à qui ils les doivent, » leurs préjugés ne les empêchant pas de recevoir mais » prohibant d'avance toute reconnaissance. On ajouté qu'ils » supportent de voir leurs bienfaiteurs mourir parmi eux, » sans leur rendre jamais ni honneurs ni remerci^emenls. » La réunion de ce soir a pour but de répousser cette » accusation et d'écarter de nous ce stigmate.
» Un grand homme public est mort : Robert Owen. » Jamais le gardien du monde invisible n'a admis sous
» les mystérieux portiques un plus grand ami du peu- » pie.
» Depuis la fin du siècle. dernier, Owen a toujours porté » haut la bannière des opinions avancées et le peuple » entier lui doit de la reconnaissance : les enfants, car » c'est lui qui, a fondé les écoles enfantines et ouvert » la voie de l'éducation nationale ; les professeurs, car » c'est lui qui, le premier, dressa le plan des écoles nor- » niiales ; les ouvriers en paasse, non seulement parce » qu'il a le premier dimi][)pé la journée de travail, mais » au^si parce qu'il a suggéré ces systèmes de récréations » sociales et cette attention aux conditions physiques des » classes laborieuses qui s'imposent, aujourd'hui, comme ))'un devoir aux classes dirigeantes.
» Les Trades-Unions lui doivent reconnaissance, parce » que. c'est lui qui conduisit à Lord Melbourne, en 1834, » leur grande et périlleuse députation (1) ; les coopéra- » tçurs, parce que c'est lui gui leur enseigna le système »* d'économie; qui les distingue ^et par lequel l'ouvrier » f^it de ses gains l'emploi le plus productif, : » Mais ce n'est pas seulement^ peujp^le de 4a Qrandet> Bretagne qui doit recojinaissance à Robert Owen ; ce » sont aussi, en toutes nations, les poUticiens qui croient D:è . l'évolutioa des Etats,. pQr l'organisation de la paix. » internationale ; car Robert Owen, bien .avant la londa^ » tlon des Sociétés de Paix et d'Arbitrage, se fit le défen- » seùr de l'idée et s'einploya comme médiateur pour évi- » fer là guerre, entre déuH grandes nations {2y.
. (1) En 1834, uae émeute eut lieu à Majdchegter. Les lois de cette époque étant très rigides, de "dures condamûatiDns suivirent. -Une grande efferveffcieiacd sjBi" produisit alorB çjiez leslpjiîvçieris ^d« tLondres. Cent mille hommes niarchèrent, avec leurs bannières, vers le palais de Saint^amesT Owen cafinà la colère des -naanifestants et'les décida 4 envôyçr. une! pétition qu'il rédigea en; langage digne -et modôré^ et. qu'il fut chargé de présenter lui.niême au gôûviërnêment,' sur nomade ces cent" mille mtfûdataîTes. "Il- pWsenta larpetféion mais les mini8la!éà;:e3rrktéC'd'ua.T?afieil jnotiyèQient, le 1^ eçimnt; forl j ma|» le CtPnsldéra^t.Qomjne up agent de le^ Joule et celle-ci^ à sop rô*o|^r» eut bientôt IWt de Taccttser de complicité avec le-gdnviBrkemént. '..-^''/y^ :..; u
î .ty On trouve: d^ivï lé MçLnchèster Examiner du 23 npvembre t^- cette
• ')) PéWWftnê dànà" c^ siècle n'a été auiâsi sincèrement, » afM^i loyalement) u h homme public que Robert Ots^eli.
» Plus qu'aucun autre, il a apporté au bien-être du peu- '» pie nn intérêt profond et sage.
)) Il n'eut pas d'égal parmi ses contemporains et ne » laisse pas de successeur... " ' :
» NoA seulement l'Angleterre' etri?Atnérique, mais les » capitc^es de toutes les nations civilisées ont, à un ». moment donné, répété le nom de Robert Oweft. Des » empereurs ont été ses hôtes ; des rois, ses auditeurs, » des princes, ses aiïiis ; des hommes d'Etat, ses corres,- » pondants ; des philosophes, ses associés.
» Les esprits avancés du siècle se tournaient vers lui » comme vers une source de lumière ; les gouvernants j) pesaient ses paroles ; les peuples de l'Ancien et du » Nouveau-Monde croyaient en lui comme en un saur » veur . ,
» De quelle force de caractère ne faut-il pas.qu'un homme » «oit doué pour exercer une telle action!
,:.» Ce : n'est pas à un simple philanthrope mais à un » homme dont l'habileté, la sincérité et la hauteur de vues .>r étaient au-dessus de toute comparaison, que nous payons L»^ aujourd'hui le tribut de nos^ hommages. »
Cet extrait montre combien était profondé l'impression qu'Ow^en avait laissé parmi ses contemporains.
Sa bonté sans limite et sdn urbanité lui avaient valu Wn ascendant particulier sur' les classes ouvrières. Nous eônstatons cette- influence dans un document de l'épôque. Il s'agit d'une Adresse qui lui fut envoyée, en 1834, tâf lès Unionistes xie ShefHeld.
•^ *<( Vous êtes venu parmi nous », dit l'Adresse, « comme tfri homme riche parmi lès pauvres et vous ne nous ^vez paâ appelé populace ; c'était un phénomène* nouveau
%Iïpréciation du docteur • 4* Watts : « Je ■ croisi que . Aoùs . devons ^u^ bons offices de M. Owen l'exemption d'une seconde guerre américaine, lep 'dèùx^nàtrons ayant 'accepté «a' médiation ••'^" "- ■'-*
pour nous. Il n'y avait pas de ricanement sur vos lèvres, ni de mépris déguisé dans voire ton. » Ceci peint l'état d'âme des ouvriers anglais en face d'Owen, et nous indique aussi comment ils étaient généralement traités, il y a 60 ans.
Owen était à la fois un homme pratique et un apôtre ; comme apôtre, il voyait les hommes à travers sa propre bonté. Jamais, il n'agit d'après la maxime que les ouvriers pouvaient se jalouser entre eux comme le font tous les hommes. Le choix des . individus qu'il faisait si bien comme manufacturier, il omettait de le faire comme fondateur d'associations. Et pourtant, combien cela eût été nécessaire au succès de ses propres tentatives I
Mais il faut se rappeler, pour expliquer 6e dernier point, qu'Owen, comme la plupart de ses contempo^ rains, avait été fortement impressionné par les événements de son temps. Il avait à peine quatorze ans quand éclata le coup de foudre de la grande Révolution française. Jamais un effort populaire n'ayait produit si complet effondrement du trône et des institutions établies. Jamais pareille effervescence, pareil chaos n'avaient régné dans les esprits. Politiquement et religieusement tout était bouleversé, et les choses allaient si mai que nul n'avait l'espoir de les voir s'améliorer.
La France d'un côté, l'Amérique d'un autre avaient, toutes deux , à reconstruire leur société. Beaucoup d'hommes pensaient que le mieux était de tout refaire dé fond en comble. Cette opinion fut longtemps et large.ment répandue.
Il n'est donc pas étonnant qu'Owen ait été conduit à faire ses tentatives sociales en acceptant, systématiqiiement, les hommes sans choix et tels qu'ils se préseâ<talent. L'idée de refaire le monde, sans avoir au préç* lable' approprié les individus à des conditions sociales nouvelles, était si générale alors, que le père même de là reine Victoria, le duc de Kent, présentant Owen à nn
meeting public, tenu à Londres en 1818, dans le Hall des francs maçons, disait ;
(( On peut se demander si la sécurité permanente de » TEmpire Britannique ne dépend pas des mesures qui » peuvent être promptement adoptées pour transformer » la condition des classes ouvrières. » Et, sur ces mesures, il priait Owen de s'expliquer.
La conviction d'Owen était que le système manufacturier de son temps, basé sur l'exploitation à outrance du travailleur, allait tomber en pièces par son propre poids. Il avait tort quant au temps, mais il avait raison quant au fait. Il voulait transformer le monde, mais le monde ne se laisse pas transformer ainsi. A toute réforme il oppose une force d'inertie considérable et annuUe ainsi ou retarde les meilleurs efforts.
Conclusions
En résumé, quels étaient les principes d'Oven? ou plutôt que réclamait le novateur? Deux choses, à ses yeux, essentielles :
Primo. — Une meilleure instruction et éducation pour tous les enfants sans exception ;
Secundo, — Une répartition plus équital)le des richesses résultant des découvertes et des transformations industrielles récentes.
Après un intervalle de trois quarts de siècle, le premier de ces désirs est en bonne voie de réalisation; toutes les nations civilisées se font, aujourd'hui, un devoir de consacrer à Tinstruction pul)lique des sommes
de plus en plus considérables (1); et, suivant en cela l'exemple donné par rAllenia^no, la plupart <les Etats ont rendu Tinslruction primaire, f^raluite et obligatoire.
Les écoles prati(îues d'induslrie et de commerce qui, depuis une dizaine d'années, se développent dans tous les pays industriels, tendent aussi à donner satisfaction à la première réclamation d'Owen, en réunissant sous le même enseignement Tinstructiou et l'éducation, et en évitant les déclassés, fruits encombrants d'un enseignement purement littéraire. On peut en dire autant des écoles professionnelles pour jeunes filles.
La seconde réclamation de Robert Owen : répartition plus équitable des richesses, est aussi en voie de trouver satisfaction sous deux formes : .
1*^ La coopération commerciale qui, depuis l'introduction de la méthode llochedalienne (2), a pris une extension considérable (3);
2« La participation aux bénéfices industriels qui, par les procédés d'application des Leclaire, des Laroche- Joubert, des Godin, se prête à une évolution mesurée, bien faite pour ouvrir les yeux des plus aveugles et convaincre les plus incrédules. Quant à ce qu'elle peut réaliser en faveur des travailleurs et à son rapprochement des désirs d'Owen, nous en avons un frappant
(1) Kn 1>I03, on Anj^^leLorF'c, riiistructioii pi i maire, Isissée h Tinitiativc des particuliers et surveillée par les ministres du culte, n'(^tait rien ou presque rien. Un enfant sur 1.712 habitants fréciuentait Técolo.
En 1833, Iti nombre des écoliers s'élevait à 13 pour cent ; l'Etat ne votait encore que 500,000 francs pour Tinstructicm primaire. En 1840, les subsides s^élèvent à 2,r)00,00<) frîmcs. En 1860, ils atteignent 18,7U.400 francs ; en 1882, 96,184,954 francs ; en 1891, 153,124,500 francs ; et, en 1894, le budget de l'instruction publique absorbe à peu près 200 millions de francs. (Max Leclere : L'éducation en Angleterre). Dans l(î même but, la France dépense, en 1895, 193 millions ; les Etats-Unis, 730 millions.
(2) La méthode dite Rochedalienne consiste à vendre les marchandises au cours de la place et à en répartir les profits au prorata des achats individuels.
(3) En 1893, la Grande-Bretagne comptait : 1,655 Sociétés coopératives comprenant 1,298,587 membres, des Sociétés possédaient un capital de 364 millioas de franes, faisaient 1,260 millions d'aflCaires, et réalisaient 116 millions do bénéfices.
exemple dans le Familistère de Guise, fondé par J.-B-A. Godin (1).
Aujourd'hui, les problèmes économiques et sociaux, examinés séparément, sont mieux connus parce qu'ils sont mieux étudiés et leur solution devient ainsi plus facile. Au lieu de tenter de transformer le monde par des essais complets d'association, comme l'ont rêvé au commencement du siècle les Ov^'en, les Co])et, les Fourier, les socialistes modernes suivent d'autres méthodes.
Les Anglais, utilisant l'extension récente du suffrage (2), poussent aux réformes d'initiative municipale et visent aussi à obtenir des bills qui, d'une façon progressive, réglementent le travail et en fixent les conditions de temps et d'hygiène.
Les Allemands, s'appuyant sur les masses populaires, tendent à la conquête des pouvoirs publics, pour organiser un idéal de collectivité qui rendrait l'Etat possesseur du sol, sous-sol, capitaux et autres instruments de travail.
(\) Lo Familistcro do Guiso est rinstitntioii i\m paraît avoir lo inioux réalise les vues d'Owon. Par une heiir(Jiis(î organisation elh' embrasse tout {"i la fois cinq branches : 1" L'éducation et rinslruction de Tenfance ; 2» Les pensions de retraite et d'invalidité, Tassurancii mutuelle en cas de maladie et celle du nécessaire A la subsistance pour le travailleur surchargé de famille ; 3' La coopération conunerciale ; -4' I/habitation unitaire dans d'ex-cellentes conditions hygiéniques ; 5' La participation de rouvri<^r aux bén-Mice-î industriels*!
Cette dernière branche, tout en respectant la propriété individuelle qui comme institution a de si fortes racines, gretïe sur ce tronc vigoureux le droit et le fait pour l'ouvrier de posséder enlîn Poutil de son travail.
Un genre particulier de la forme actionnaire sous le nom de titre d'épargne, résout le problème d'éparpiller, entre des centaines et des centaines de possesseurs, la propriété d'un étal>lissement indivisible de nature et d«î fonction, dont la valeur actuelle dépasse 10 millions ; et d'organiser les choses de telle façon que celui qui y travaille en devient tout naturellement le co-propriétaire.
Voir pour plus amples renseignements sur cette curieuse organisation : « Le Familistère de Guise et son Fondateur, par F. Bernardot. » En vente à la Société du Familistère, à 'îuiso (Aisne). Prix : 4 francs.
(2) Le régime électoral de la Grande-Bretagne était au début de cetli; histoire dans un état tout à fait pi'imaire : (i.Tôl électeurs, reci'utés parmi les grands propriétaires terriens, formaient le contingent électoral de la nation. La réforme électorale, obtenue en 1832, éleva le chiffre des électeurs ù un peu moins de GOO mille. Depuis, des étapes successives en ont porté le nombre ù plus de 6 millions.
D'autres, eiiflii, et ceux-ri dans tous pays, laissant de côté les compétitions politiques, adoptent la méthode expérimentale, fractionnent le problème et le spécialisent. Ils demandent aux coopératives commerciales, à la participation aux bénéfices, aux coopératives de production, le secret des formes évolutives de notre civilisation, secret qu'Owen ne cessa de poursuivre.
Nous constatons déjà Ténorme extension de ces dernières expériences et, sur leur succès, nous bâtissons de grandes espérances. Mais, quel que soit l'avenir réservé à ces divers systèmes, nous croyons pouvoir dire que la civilisation, dans ses branches industrielles et commerciales, marche indubitablement vers l'association, par la transformation en grands magasins et en grandes usines des organes de production et d'échange; et que, par les formes économiques futures, l'empire du monde appartiendra aux systèmes qui, organisant le plus largement l'instruction et l'éducation, — et réservant la part de l'invalidité, de l'enfance et de la vieillesse — donneront à l'homme, avec l'assurance d'une vie meilleure, tout le produit de son travail, rien que le produit de son travail.
C'est l'idéal de justice auquel aspirait Owen, qu'il tenta de réaUser de toutes ses forces et en tous lieux et auquel il consacra toute sa vie.