‹ Un soldat de l'empire [microforme]Chapitre 4 sur 5 · ARE A ES SET ASE · texte numérisé non relu

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Bientôt apparaissaient du nouvel hémisphère

Les rivages baïgnés dans des flots de lumière ;

Alors Démérara s’offrait à son regard.

Transporté sur ces bords des rives hispaniques

Le malheur le faisait, sous le ciel des tropiques, Le défenseur du Léopard.

Démérara passait ; une terre nouvelle...

Mais ce long rêve ici, miroir toujours fidèle,

Se fondait tout à coup dans la réalité.

Ce ciel pur et serein, ces splendides montagnes,

Ce fleuve grandiose et ces vertes campagnes Fières de leur fécondité,

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Montmorency roulc <a vague mupg'ssante,

Le clocher dans le c.… jetant sa voix vibrante,

(Du français, du chrétien, ô souvenirs pieux !)

Etaient là comme au jour, où saluant des frères,

Il trouvait sur nos bords et la foi de ses pères, Et la langue de ses aïeux.

Des glorieux combats où passa sa Jeunesse Ainsi le rêve encore lui redonnait l’ivresse, Et de ses premiers jours rallumant le flambeau, En versant dans son cœur une pure allégresse, Venait illisminer son heureuse vieillesse

Des feux plus doux de son berceau.

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Rêve ! baume divin, voix d’en haut, bien céleste !

Du bonheur de t’Eden touchant et dernier reste !

Quand Adam, en Déchant, se fut fermé les cieux,

Dieu, pour le consoler, Dieu lui donna le rêve,

Rayon cent fois plus Dur que l’astre qui se lève Au sein des grands horizons bleus.

Puis, quand venait le soir, à sa jeune famille

Qui se groupait autour de l’âtre qui pétille,

Souvent il racontait ses jours aventureux.

Plein de ses Souvenirs, d’une voix forte encore,

Des vieux chants provenceaux qui bercaient son aurore, Il rêpétait les sons Joyeux.

Un jour pourtant la mort, qu’au sein de la mêlée

Il avait quelque Jois vainement appelée,

D’elle même s’en vint S’asseoir à son chevet ;

Soldat toujours vaillant, chrétien toujours fidèle,

Il sut voir, sans pâlir, sa main froide et cruelle Lui montrer le tombeau muet.

A cet instant suprême où déjà l’agonie

Des ombres de la mort enveloppe la vie,

De bonheur dans ses yeux on vit naître un rayon.

Près du soldat mourant, plus douce qu’une lyre,

Une voix murmurait le graïid nom de l’empire Et celui de Napoléon.

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Porté dans son tombeau par ses compagnons d'armes

Il dort le vieux soldat, et le canon d’alarmes

Ne réveillera plus son courage endormi.

Il dort, sans avoir eu l’héroïque médaille

Qu'il mérita cent fois sur le champ de bataille, Devant le feu de l’ennemi.

Ecoutez! un grand bruit se fait sur le rivage ;

Les vieux chênes joyeux inclinent leur feuillage

Pour fêter le retour des maîtres d’autrefois,

Dont le fier étendard dans les airs se déploie.

Le rossignol pour eux chante un hymne de joie, Et les salue au fond des bois.

Aux champs de Sainte-Foy reparaissant encore,

La France voit fiotter son drapeau tricolore

Où, vainqueurs, sont tombés ses derniers défenseurs.

De ce fait immortel consacrant la mémoire,

Deux grands peuples rivaux, fils aînés de la gloire, Mêélent en ce jour leurs couleurs.

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