‹ Un spectacle dans un fauteuilChapitre 11 sur 82 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

FRANK , devant une table chargée d'or.

De tous les fils secrets qui font mouvoir la vie , 0 toi , le plus subtil et le plus merveilleux ! Or ! principe de tout , larme au soleil ravie ! Seul dieu toujours vivant, parmi tant de faux dieux! i\Iéduse, dont l'aspect change le cœur en pierre, Et fait tomber en poudre aux pieds de la rosière La robe d'innocence et de virginité l — Sublime corrupteur! — Clef de la volonté ! —

52 LA COrPE ET LES LÈVRES.

Laisse-moi t'admirer ! — parle-moi, — viens me dire Que riionneur n'est qu'un mot, que la vertu n'est rien ! — Que, dès qu'on te possède, on est homme de bien! — Que rien n'est vrai que toi ! — Qu'un esprit en délire Ne saurait inventer de rêves si hardis. Si monstrueusement en dehors du possible , Que tu ne puisse encor sur ton levier terrible ' Soulever l'univers, pour qu'ils soient accomplis ! — Que de gens cependant n'ont jamais vu qu'en songe Ce que j'ai devant moi! — Comme le cœur se plonge Avec ravissement dans un monceau pareil ! — Tout cela , c'est à moi ; — les sphères et les mondes Danseront im millier de valses et de rondes , Avant qu'un coup semblable ait lieu sous le soleil *. Ah! mon cœur est noyé!— Je commence à comprendre Ce qui fait qu'un mourant que le frisson va prendre, A regarder son or trouve encor des douceurs , Et pourquoi les vieillards se font cnfouisseurs.

( Comptant. ) Quinze mille en argent , — le reste en signature. C'est un coup du destin. — Quelle étrange aventure! Que ferais-je aujourd'hui, qu'aurais-je fait demain, Si je n'avais trouvé Stranio sur mou chemin ?

1 11 faudrait un s au mot puisse.

' La terre pourra faire plus de raille danses , etc. , etc.

SCDILLER.

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