ACTE IV
Si bien que sous mes pieds tout manque en arrivant ? ( Entre le chœur des soldats et du peuple '. )
LE CnOECR.
On dit que Frank est mort. — Quand donc ? comment s'apjjel
Celui qui l'a tué ? — Quelle était la querelle ?
On parle d'un combat. — Quand se sont-ils battus ?
FRANK, masque'.
A qui parlez-vous donc? Il ne vous entend plus. ( // leur montre la bière. ) LE CHOEUR, s'inclinant.
S'il est un meilleur monde au-dessus de nos tètes , 0 Frank ! si du séjour des vents et des tempêtes Ton ame sur ces monts plane et voltige encor ; Si ces rideaux de pourpre et ces ardens nuages , Que chasse dans rélher le souille dès orages. Sont des guerriers couchés dans leurs armures d'or ,
' Frank , durant cette scène , doit déguiser sa voix. Je prie ceux uni la trouveraient invraisemblable d'aller au bal de l'Opéra. Un de mes amis Ct déguiser sa servante au carnaval et la plaça dans son salon , au milieu d'un bal où personne n'était masqué. On ne lui avait mis qu'un petit masque sans barbe qui ne cacbait point la bouche; et cependant elle dansa presque deux heures entières sans être reconnue, avec des jeunes gens à qui elle avait apporté deux cents vrrrcs d'iau dans sa vie.
80 lA COUPE ET LES LÈVRES.
Penche-toi, nol)le cœur, sur ces vertes collines , Et vois tes compagnons briser leurs javelines Sur cette froide terre , où ton corps est resté !
GuNTiiER, accourant.
(^)uoi ! si brave et si jeune , et sitôt emporté ! Mon Frank! est-ce bien vrai, messieurs? Ah! mort funeste! Moi qui ne demandais qu'à vivre assez long-temps Pour te voir accomplir ta mission céleste ! Me voilà seul au monde avec mes cheveux blancs! Moi qui n'avais de jeune encor que ta jeunesse ! Moi qui n'aimais que toi ! Misérable vieillesse ! Je ne te verrai plus , mon Frank ! On t'a tué.
FRAKK , à part.
Ce pauvre vieux Gunther , je lavais oublié.
LE CHOE0R.
Qu'on voile les tambours, que le pi'ètre s'avance. A genoux, compagnons, tète nue et silence. Qu'on dise devant nous la prière des morts. i\ous voulons au tombeau porter lecapilaine. Il est mort en soldat , sur la terre chrétienne. L'ame appartient à Dieu j l'armée aura le corps.
TROIS MOINES, s'avancaïit.
Le Seigneur sur l'ombre éternelle Suspend sou ardente prunelle ,