‹ Un spectacle dans un fauteuilChapitre 3 sur 82 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

Une place publi<iue. — Un grand (eu alliiraé au milieu.

LES CHASSEmS , FRANK.

LE CHOEUR

Pâle comme l'amour et de pleurs arrosée, La nuit aux pieds d'argent descend sur la rosée. Le brouillard monte au ciel, et le soleil s'enfuit. Eveillons le plaisir, son aurore est la nuit!

Diane a protégé notre course lointaine : Chargés d'un lourd butin nous marchons avec peii Amis , reposons-nous : — déjà le verre en main Nos frères sous ce toit commencent leur festin.

Moi , je n'ai rien tué , — le ronce et la bruyère

Ont déchiré mes mains , — mon chien sur la poussière

A léché dans mon sang la trace de mes pas.

Ami, les jours entr'eux ne se ressemblent pas. Approche, et viens grossir notre joyeuse troupe. L'amitié , camarade , est semblable à la coupe Qui passe, au coin du feu, de la main à la main. L'un y boit son bonheur , et l'autre sa misère ; Le ciel a mis l'oubli pour tous au fond du verre ,• Je suis heureux ce soir, tu le seras demain.

FRANK

Mes malheurs sont à moi , je ne prends pas les vôtres.

Je ne sais pas encor vivre aux dépens des autres :

J'attendrai pour cela qu'on m'ait coupé les mains.

Je ne ferai jamais cpi'un maigre parasite,

Car ce n'est qu'un long jeune et qu'une faim maudite

Qui me feront courir à l'odeur des festins.

Je tire mieux que vous, et j'ai meilleure vue.

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