LES MONTAGNARDS
Ainsi Frank n'est pas mort : — c'est la fable élernelle Des chasseurs à l'affût d'une fausse nouvelle , Et ceux qui vendaient l'ours ne l'avaient pas tué. Comme il leur a fait peur, quand il s'est réveillé ! Mais aujourd'hui qu'il parle, il faut bien qu'on se taise.
On avait fait jadis, quand l'Hercule Farnèse Fut jeté dans le Tibre , un IIe"oule nouveau. On le trouvait pareil, on le disait plus beau : Le modèle était mort, et le peuple crédule Ne veut que ce qu'il voit. — Pourtant le vieil Hercule Sortit un jour des eaux; — l'athlète colossal Fut élevé dans l'air à côté de son ombre , Et le marbre insensé tomba du jiiédestal. Frank renaît : — ce n'est plus cet homme au regard sombre, Au front blême , au cœur dur , et dont l'oisiveté Laissait sur ses talons traîner sa pauvreté. C'est un gai compagnon , un brave homme de guerre , Qui frappe sur l'épaule aux honnêtes fermiers ; Aussi , Dieu soit loué , ses torts sont oubliés , Et nous voilà tous prêts à boire dans son verre, C'est aujourd'luii sa noce avec Déidamia.