‹ Un spectacle dans un fauteuilChapitre 40 sur 82 · ACTE V , SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE V , SCÈNE II

Quel bon cœur de quinze ans ! et quelle ménagère ! S'il fut jamais aimé , c'est bien de celle-là.

Un soldat m'a conté l'histoire de la bière. Il paraît que d'abord Frank s'était mis dedans. Deux de ses serviteurs , ses deux seuls confidens , Fermèrent le couvercle, et, dès la nuit venue, Le prêtre et les flambeaux traversèrent la rue. Après que sur leur dos les porteurs l'eurent pris , Vous laisserez, dit-il, un trou pour que l'air passe. Puisque je dois un jour voir la mort face à face , Nous ferons connaissance , et serons vieux amis. Il se fit emporter dans une sacristie ; Regardant par son trou le ciel de la patrie , Il s'en fut au saint lieu dont les chiens sont chassés , Sifflant dans son cercueil l'hymne des trépassés. Le lendemain matin , il voulut prendre un masque , Pour assister lui-même à son enterrement.

Eh ! quel homme ici-bas n'a son déguisement? Le froc du pèlerin , la visière du casque Sont autant de cachots pour voir sans être vu. Et n'en est-ce pas un souvent que la vertu ? Vrai masque de bouffon , que Ihumble hypocrisie Promène sur le vain théâtre de la vie , Mais qui , mal fixé , tremble , et que la passion Peut faire à chaque instant tomber dans l'action. ( Excunt. )

Page 1