‹ Un spectacle dans un fauteuilChapitre 50 sur 82 · ACTE I , SCÈNE II · texte numérisé non relu

ACTE I , SCÈNE II

QDINOLA.

Il faut vous mettre en gris.

IRUS

Dans quel mois sommes-nous?

SPADILIE.

Nous sommes en novembre .

QUINOLA

Kn août ! en août !

IRUS

Alettez ces deux habits ; Vous vous promènerez ensuite par la chambre, Pour que je voie un peu l'effet que je ferai.

( Les valets obéissent. )

SPADILLE

Moi , j'ai l'air d'un marquis,

QUINOLA

Moi , j'ai l'air d'un ministre.

iRos , les regardant.

Spadille a l'air d'une oie ; et Quinola d'un cuistre. Je ne sais pas à quoi je me déciderai.

LAERTE, entrant.

Et vous , vous avez l'air, mon neveu , d'une bête.

N'êles-vous pas honteux de vous poudrer la tête , Et de perdre , à courir dans votre cabinet , rius de temps qu il n'en faut pour écrire un sonnet ? Allons , venez dîner j — votre assiette s'ennuie.

IRUS

Vous ne voudriez pas , au prix de votre vie , Me traîner au salon , sans rouge et demi-nu ? Quel habit faut-il mettre ?

Eh! le premier venu.

Allons, écoutez-moi. Vous trouverez à table Le nouvel arrivé ; — c'est un jeune homme aimable , Qui vient pour épouser un de mes chers enfans. Jetez , au nom de Dieu , vos regards triomphans Sur un autre que lui ; ne cherchez pas à plaire, Et n'avalez pas tout comme à votre ordinaire. 11 est simple et timide , et de bonne façon ; Enfin c'est ce qu'on nomme un honnête garçon. Tâchez , si vous trouvez ses manières communes , De ne point décocher, en prenant du tabac, Votre charmant sourire et vos mois d'almanach. Tarissez , s'il se peui , sur vos Ijonnes fortunes. Ne vous inondez pas de vos flacons damnés ; Qu'on puisse vous parler sans se boucherie nez. Vos gants blancs sont de trop j — ondùie les mains nues.

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