SCÈNE DEUXIÈME
Une terrasse.
NINON, NINETTE, en déshabillé.
Que fais-tu là si tard , ma petite Ninette ?
Il est temps de dormir. — Tu prendras le serein.
NINETTE
Je regardais la lune , en mettant ma cornette. Que d'étoiles au ciel ! — Il fera beau demain.
NINON
Traderi.
NINETTE
Que dis-tu?
NINON
C'est une contredanse. Traderi. — Sans amour... Ah! ma chère romance!
NINETTE
Va te coucher , Ninon ; je ne saurais dormir.
160 A QtlOI RÊVENT LES JElj^ES FIUÏS.
NINON
Ma foi , ni moi non plus.
( A part. ) Il n'aurait qu'à venir.
NINETTE, chantant.
Léonore avait un amant ,
Qui lui disait: ma chère enfant....
NINON
Je crains vraiment pour toi que le froid ne te prenne.
NINETTE
J'étoufTe de chaleur.
{A part.)
Je tremble qu'il ne vienne.
NINON, continuant la chanson.
Qui lui disait : ma chère enfant , Je crèverai comme une bombe.
Je ressemble aux Bénédictins...
NINETTE
Je crois que son dessein est de coucher ici.
NINON
On monte l'escalier ; mon Dieu , si c'était lui ! NINETTE , reprenant.
Je ressemble aux Céiiédiclius