‹ Un spectacle dans un fauteuilChapitre 68 sur 82 · ACTE II, SCÈIVE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈIVE III

Si vous continuiez, je vous souffletterais.

IRUS

Mort-Dieu ne croyez pas au moins que je balance.

LAERTE , dans la coulisse.

Ninetle! holà, Kinon !

TRUS.

C'est le père. — Silence !

Esquivons-nous , monsieur , nous nous retrouverons. ( Il rentre clans son armoire , et Silvio dans le cabinet. )

LAERTE

Ninon ! Ninon !

KixoN , entrant.

Mon père , après l'histoire affreuse Qui s'est passée ici, j'attends tous vos partions. Je n'aime plus Silvio. — Je vivrai malheureuse. Et mon intention est d'épouser Irus.

( Elle se jette à genoux. )

Je suis vraiment ravi que vous ne l'aimiez plus. Quel roman lisicz-vous, Ninon, cette semaine?

NiNETTE entre et se jette à genoux de Vautre côté. 0 mon père ! ô nmn maître ! après l'horrible scène

170 A QtOI RÊVENT LES JEUNES FILLES.

Dont cette nuit nos murs ont été les témoins. A supporter mon sort je mettrai tous mes soins. Je hais mon séducteur, et je me hais moi-même. Si vous y consentez, Irus peut m'épouser.

LAERTE

Je n'ai , mes chers enfans , rien à vous refuser. Vous m'avez offensé. — Cependant je vous aime Et je ne prétends pas m'opposer à vos vœux. Enfermez-vous chez vous. — Ce soir à la veillée , Vous trouverez en bas la famille assemblée. Comme vous ne pouvez l'épouser toutes deux, Irus fera son choix. Tâchons donc d'être belles; Il n'est point ici-bas de douleurs éternelles. Allez , retirez- vous.

{Il sort. Ninon et Nineite le suivent. )

Page 1