ACTE I, SCÈ-VE I
J'y vais. — Vous l'avez dit , vous qui n'en feriez rien ,
Moi je le fais, — je pars. — J'illumine la ville :
J'en aurai le plaisir en m'en allant ce soir
De la voir de plus loin, s'il me plait de la voir.
Je ne fais pas ici de folie inutile :
Ceux qui m'ont accusé de paresse et dorgueil
On dit la vérité. — Tant que cette chaumière
Demeurera debout, ce sera mon cercueil.
Ce petit toit, messieurs, ces quatre murs de pierre,
C'était mon patrimoine , et c'est assez long-temps
Pour aimer son fumier, que d'y dormir vingt ans.
Je le brûle , et je pars ; — c'est moi , c'est mon fantôme
Que je disperse aux vents avec ce toit de chaume.
Maintenant, ventsdunord, vousn'avez qu'àsouffler; Depuis assez long-temps , dans vos nuits de tempête, Vous venez ébranler ma porte , et m'appeler. Frères, je viens à vous, — je vous livre ma tête. Je pars, — et désormais que Dieu montre à mes pas Leur route, — ou le hasard, si Dieu n'existe pas. ( // sort en courant. )