LA DANSE
our le bien des âmes que Dieu Nous a confiées, Nous | sl devoir traiter un sujet que les irconstances dans lesquelles Nous Nous trouvons Nous conseillent de mettre en lumière,
Nous savons que des vérités ne fructifient qu'avec le secours de l'Esprit-Saint ‘“ qui enseigne toutes choses ‘et quidonne la force de pratiquer et d'aimer ce qu'il enseigne, Aussi Nous le supplions de Nous éclairer, d’inatruire et de toucher Nos fidèles, de dissiper par sa lumière les ténèbres et les erreurs dans lesquelles les maximes, les exemples et les préjugés du monde ont pu retenir jusqu'ici quelques-unes de Nos ouailles, en faisant luire à leur esprit la lumière de la vérité, afin qu'elles fuient tout ce qui peut offenser Dieu et “ que tout ce qui est vrai, tout ce qui est honnéte, tout ce qui est juste, tout ce qui est saint, tout ce qui est aimable, tout ce qui est d'édification et de bonne odeur, tout ce qui est vertueux et t: ce qui est louable dans les mœurs, occupe désormais lew ensées et éclate dans toutes leurs œuvres. ” (Philip. Cu. vu).
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Les danses du genre de celles qui se font aujourd’hui prirent naissance dans les solennités du paganisme dont elles faisaient le principal ornement. Des troupes d'hommes et de femmes, échauffées par le vin et la bonne chère, se livraient ensemble à des transports de joie, en chantant des hymnes en l'honneur de Bacchus. Les Egyptiens en enrichirent le culte de leur Dieu Apis. Les Hébreux qui les imitèrent autour du veau d’or, commencèrent la fête par un festin et la continuèrent par des danses licencieuses. On dansa ensuite sur les places
publiques, et des places publiques les danses passèrent sur les théâtres ; de là, elles entrèrent dans les palais des princes et des grands.
© Les danses pratiquées chéz tous les peuples païens furent l'un des moyens les plus puissants de perpétuer, au sein des nations infidèles, le règne abominable des démons, le culte de tous les vices.
Les peuples qui vivaient au temps des patriarches, pratiquaient, soit en l'honneur de leurs infâmes divinités, soit dans les fêtes patriotiques, soit dans les fêtes de famille, des danses obscènes et lubriques.
C’est en allant voir ces danses que Dina. fille de Jacob, fut enlevée, outragée, déshonorée par le fils d’un des rois de la terre de Chanaan.
Ce sont les danses licencieuses des païens que la jeune Sara censura par ces paroles : Numçquam cum ludentibus miscui me, “Je n'ai jamais pris part à ces jeux. ”
‘Ne fréquentez pas, dit le Saint-Esprit, la femme danseuse, cum saltatione ne sis assiduus. ”
Ce fut dans une de ces danses licencieuses que la fille d'Hérodiade enivra de luxure l’infâme Hérode et qu’elle obtint de lui le meurtre et la tête du saint Précurseur du Messie, Saltavit filia Herodiadis, et quum placuisset Herodi... da mihi in disco caput Joannis Baptistæ. “ La fille d'Hérodiade dansa et après avoir plu à Hérode, elle lui dit : donnez-moi la tête de Jean-Baptiste. ” :
L'enfer, à l’aide de ces danses lubriques pratiquées chez les païens, parvint à diviniser la débauche, à faire du déshonneur des épouses, des mères, des jeunes filles, un des articles religieux du symbole païen.
Rome accueillit toutes ces danses ; elle les popularisa dans les fêtes, dans les temples de ses dieux, sur ses théâtres, dans les Thermes, au sein des fêtes publiques et privées.
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La danse élevée par le vieux paganisme à la dernière puissance de la corruption et de l'immoralité, opposa quatre
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siècles de résistance à l’action régénératrice de la grâce du Saint-Esprit et du sang de Jésus-Christ versé sur le Calvaire.
Tous les Saints Pères, tous les Docteurs de la primitive Eglise flétrirent les danses païennes avec toute l'énergie du zèle apostolique, et les danses du paganisme finirent par disparaître avec la Rome des Césars.
Un fait digne d’une profonde méditation, c’est qu'à dater de saint Grégoire le Grand jusqu’à la fin du quatorzième siècle, les danses ne sont plus connues, ne sont plus pratiquées. Au sein des nations chrétiennes, on ne parle plus des danses qui souillèrent les temples, les maisons, les familles, les fêtes les jeux de toutes les nations idolâtres. La théologie catholique ne s'en occupe plus ; les traités de morale ne disent plus rien de la question de la danse, parce que la conscience privée et publique n’eût pas toléré ces oublis de la dignité humaine, ce mépris de la modestie chrétienne, ces outrages aux mœurs de l'Evangile. La jeune fille, la femme, l'épouse, la mère chrétienne avaient en horreur de pratiquer des danses qui n’eussent été à leurs yeux que l’apostasie de la vertu, que la profanation des membres de Jésus-Christ, qu’un sacrilège outrage à ces Temples vivants consacrés par la grâce du Saint-Esprit que chaque enfant de l’Eglise reproduit sur la terre.
Si les idées, l'éducation, la littérature, les arts, les mœurs étaient demeurés pleinement, radicalement catholiques ; si tout cela avait continué à s'inspirer des divines révélations une horreur invincible se serait universellement manifestée contre les immodesties, les perversions du vieux paganisme ; jamais on ne serait parvenu à populariser les danses païennes. Mais quatre siècles ont été employés à déraciner les idées chrétiennes dans l’âme de notre société. La renaissance du paganisme a ramené le règne, la pratique des danses du vieux paganisme : celles-ci sont ressuscitées, pratiquées, célébrées dans presque tout l’univers, telles qu’elles le furent à peu près aux époques idolâtriques. Depuis quatre siècles, on danse, on s’enivre de toutes ces fêtes voluptueuses dont les peuples idolâtres furent si avides.
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Que faut-il penser de l'exercice de la danse ? Considéré en lui-même, il est sans doute plus ridicule que dangereux.
Qu’y at-il en effet de plus ridicule que d'aller, de revenir, de se courber, de se relever en cadence, de se tourner de tous côtés ? Si la musique ne lui prêtait les charmes de son harmonie pour couvrir sa folie d’une apparence de décence et de raison, et que l’on vit faire en silence les différents mouvements que lon fait en dansant, on ne pourrait s'empêcher de s’'écrier, avec l’un des plus grands orateurs de l’ancienne Rome, que, pour danser “ il faut être ivre ou avoir perdu la raison, ” nemo saltat sobrius nisi insanus. (CIcERON).
En effet, qu’y a-t-il de plus contraire à l’état d’une personne sensée que les mouvements, les gestes, les sauts que l'on fait en dansant ? Louis Vivez, précepteur de Charles-Quint, rapporte que des Espagnols, qui se trouvaient en France, furent si effrayés de voir des femmes danser, qu’ils prirent la fuite les “ disant et les croyant agitées de quelque fureur extraordinaire. ”
Si l'exercice que procure la danse était l'unique but de ceux qui la recherchent, si elle ne leur offrait que des plaisirs honnêtes et décents, comme ceux que des hommes peuvent se procurer ensemble en l’absence des femmes, et des femmes en l'absence des hommes, elle n’existerait pas longtemps. Pour l’abolir, il suffirait d’en faire remarquer le ridicule et de contraindre les jeunes garçons et les jeunes filles à danser séparément sans se voir et sans se parler. 11 y en a un grand nombre qui n'iraient jamais aux danses, s’ils ne pouvaient y conduire ou s'ils n'étaient assurés d’y trouver les personnes qui sont l’objet de leur amour, de leur passion.
Mais il ne suffit pas d'envisager la danse en elle-même ; il faut encore l’envisager dans sa fin et dans ses circonstances, On voit alors tout de suite qu'elle renferme une infinité de
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dangers qui lui sont tellesnent inhérents qu'il semble difficile de les séparer sans l’abolir entièrement. On voit que cet exercice, tel qu’il se fait aujourd’hui, est plein de dangers et de périls, qu’il est presque toujours l’écueil de l'innocence, le tombeau de la pudeur, qu’il offre le spectacle de toutes les vanités mondaines ; on reconnaît sans peine qu’il met en grand danger le salut des âmes, que tout y est écueil, que tout y concourt à séduire l’esprit et le cœur et à y étouffer tout sentiment de piété.
Pourquoi y va-t-on ? On y va presque toujours pour s’y divertir, pour prendre part et contribuer au plaisir commun ; on y va trop souvent pour s’y livrer aux dangers qu’elle présente et pour donner un libre cours à des passions qu’on a bien de la peine à contenir dans la solitude.
Quelles sont les personnes qui y vont ? Ce sont en partie des femmes qui, joignant aux grâces naturelles l’artifice d’une brillante parure, font tout ce qu’elles peuvent pour se rendre aimables et pour plaire aux hommes. Ce sont en partie des hommes qui font tout ce qu'ils peuvent pour témoigner à ces femmes qu’elles leur plaisent et qu'ils les aiment. Ce sont des jeunes filles qui consacrent à leur parure tout ce que l’art et la nature ont de plus dangereux et de plus séduisant ; qui emploient tous les artifices imaginables pour paraître avec plus d'éclat, pour attirer plus facilement les regards des jeunes garçons et pour allumer souvent dans leur cœur une passion coupable. Ce sont souvent des jeunes gens qui y vont pour faire tort à la chasteté des jeunes filles et qui y réussissent d'autant mieux qu'ils fl:ttent leur amour-propre en leur prétant des qualités qu’elles n’ont pas, en leur déguisant les défauts qu’elles ont ou en les leur faisant envisager comme des perfections.
Si les jeunes gens des deux sexes sont toujours et partout pour les uns et les autres des occasions de péché, c’est surtout dans un bal que l’occasion est plus dangereuse, le péril plus évident et plus difficile à éviter. Leurs sens sont alors autant d'instruments dont le démon se sert pour exciter en eux et faire triompher la volupté.
Leurs yeux sont éblouis par l'éc'at et la pompe qu'étale la vanité des personnes qui composent ces assemblées mondaines ; leur cœur est en proie aux vives émotions qu'y fait naître la présence d'objets séducteurs : leurs orcilles y sont charmées par l'harmonie d’une musique voluptueuse qui semble communiquer aux choses plur de séductions et de nouveaux attraits qui les rendent plus propres à corrompre les cœurs déjà amollis et énervés. Le tumulte qui règne dans ces salles de bal, l'agitation à laquelle on s’y livre, les charmes séduisants d’une musique pleine d’entrain, l'éclat d’une société brillante qui étale la parure la plus recherchée, les costumes souvent immodestes qu’on y voit, tout cela fait qu’il est bien difficile à quelqu'un de résister aux attraits de la volupté dans un lieu où tout l’inspire et qu’il n'est pas de vertu assez solide qui puisse y paraître sans courir risque de se flétrir à l'air contagieux qu’on y respire.
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Cette considération générale sur les danses suffit pour en faire voir les dangers et pour les bannir de tous les lieux où on fait profession de christianisme. A l'appui de cette vérité, comme il est facile de tirer des preuves des Saintes Ecritures des Saints Pères, des Conciles, des Théologiens les plus recommandables par leur piété et par leur science, des païens et même des impies parlant ou écrivant sous l'impression d’un sentiment louable !
D'abord, que dit de la danse la première de toutes les autorités, celle des Livres Saints ?
“N’arrêtez pas, dit l’Esprit-Saint, vos yeux sur les femmes, de peur que leur beauté ne vous devienne un sujet de chute ; détournez vos yeux d’une femme parée ; plusieurs se sont perdus par la beauté d’une femme, car c’est par là que la concupiscence s’embrase comme un feu, ” (Eccz. 1x).
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N'est-ce pas là la condamnation des bals où se rencontrent une foule de femmes et de filles légères, volages, qui ne s’occupent qu'à faire briller leurs charmes pour attirer les regards des hommes et souvent pour leur inspirer des sentiments coupables.
L’Esprit-Saint s'explique encore plus clairement au sujet d’une danseuse ; il la regarde comme une personne dangereuse, et il veut qu'on la fuie. ‘“ Ne vous trouvez jamais avec une danseuxe, dit-il, gardez-vous de prêter l'oreille à ses paroles, dans la crainte que vous ne périssiez par la force de ses charmes. ”
Que peuvent répondre les partisans du bal à ces oracles de lEsprit-Saint ? Que peuvent-ils faire de mieux en les entendant que de les admirer en silence, de s’y soumettre avee docilité et de condamner ce qu’ils condamnent ?
C'est le même Esprit qui défend les manières trop libres entre les personnes de différent sexe et dit qu’il n’est pas plus possible de se les permettre sans se souiller que de cacher du feu dans son sein, que de marcher pieds nus sur des charbons ardents sans se brûler.
Or les jeunes gens surtout peuvent-ils prendre part aux bals tels qu'ils se pratiquent aujourd’hui, sans se permettre des libertés coupables, sans faire expirer la pudeur dans leurs cœurs, sans prendre un poison violent qui donne sur le champ le coup de mort à leur âme ?
En prenant part à ces bals, peuvent-ils croire suivre les avis que donne Jésus-Christ à ses Apôtres quand il leur recommunde ‘ de prier, de veiller en tout temps afin qu’ils ne tombent pas dans la tentation. ” (Marr., xxvi) ? Suivent-ils l'avis de saint Pierre qui nous ordonne “ d’être toujours sur nos gardes de peur que nous soyons surpris par le démon qui tourné autour de nous pour nous dévorer ? ‘’ Écoutent-ils l’Apôtre bien-aimé, saint Jean qui nous dit : ‘“ N’aimez pas le monde, ni ce qui est dans le monde. Si quelqu'un aime le monde, l’amour de Dieu n’est pas en lui; car tout ce qui est dans le monde est ou concupiscence de la chair, ou concupiscence des yeux, ou orgueil de la vie. Tout cela ne vient pas de Dieu, mais du monde. ” (Ep. 11, 16).
Si la concupiscence ne vient pas de Dieu, tout ce qui la fait naître, tout ce qui la fortifie, ne vient pas de Dieu non plus. Or rien n’est plus propre à faire naître et à fortifier la concupiscence que ces bals où trop souvent on assiste aujourd’hui. Les danses auxquelles on prend part ne viennent donc pas de Dieu, mais du monde, qui ne pourrait inventer un diver-
tissement plus dangereux ni plus propre à séduire et à perdre les âmes.
Les Saints Pères, interprètes des Ecritures, s'accordent tous pour condamner ces amusements dangereux. Tous ont parlé avec force contre les danses.
* Les jeunes filles qui recherchent les danses, dit saint Basile, oublient la crainte de Dieu, méprisent les feux de l'enfer. Loin de s'occuper, dans la retraite, du jour terrible où les cieux s’ouvriront + où le Juge souverain des vivants et des morts descendra peur rendre à chacun selon ses œuvres ; loin de s'appliquer à purifier leurs cœurs de toutes pensées mauvaises et à effacer par leurs larmes les péchés qu’elles ont commis, elles secouent le joug du Seigneur ; elles foulent aux pieds sa loi sainte, elles ôtent de dessus leurs têtes le voile dont elles doivent être couvertes, elles s’exposent sans pudeur aux yeux des hommes : elles ont un regard hardi et se livrent à des mouvements qui ne conviennent pas, s’agitent comme des personnes qui sont dans des transports de frénésie et excitent par là les passions des junes gens pour elles, ” (Ho. in ebrioso). Il ajoute : “ Soit qu’elles aient l'intention, soit qu’elles ne l’aient point, elles n’en sont pas moins coupables, parce que le mal n’en existe pas moins. ”
“ C’est par la danse, s’écrie saint Jean Chrysostôme, que la fille d'Hérodias surprit le cœur d’Hérode qui eut la folie de lui promettre, pour prix de sa danse, tout ce qu’elle lui demanderait ; elle eut la cruauté de lui demander la tête de saint Jean-Baptiste, ”
“ C’est le diable, dit le même Père, qui la fit danser avec
tant de grâce et qui fit tomber Hérode dans ses pièges : car il se trouve partout où il y a des danses. Ce sont les jeux où il se plaît davantage et où il éprouve la plus grande facilité à perdre les âmes... Les danses sont une école publique des passions impures, un coupable abus des dons de Dieu, l’œuvre et le divertissement des démons. Si autant d'étoiles brillaient au firmament pendant la nuit qu’il se commet au bal de péchés mortels, la nuit la plus sombre deviendrait aussi lumineuse que le jour. ”
“Rien n’est plus immodeste, dit saint Ambroise, que de se donner en spectacle dans les danses pour y imiter les gestes indécents et les postures efféminées des comédiens. La danse est l’écueil de l'innocence et le tombeau de la pudeur. ”
Dans son troisième livre des vierges, après avoir dit que la joie d’un chrétien ne doit se trouver que dans le témoignage d’une bonne conscience, il ajoute de suite : “ que la pudeur ne saurait être en sûreté, et que tout est à craindre des attraits de la volupté, lorsqu'on finit par la danse les autres divertissements. ?”
Saint Ephrem est encore plus explicite. ‘ Qui jamais, dit cet illustre docteur, pourra montrer qu'il est permis à des chrétiens de prendre part aux bals ? Qui des Prophètes l'a enseigné ? Quel Evangile l’autorise ? Dans quel livre des Apôtres trouve-t-on aucune décision favorable aux bals ? Si un pareil divertissement peut être permis aux chrétiens, il faut dire que tout est plein d'erreur dans la loi, les prophètes, les écrits des Apôtres et les Evangiles. Mais si toutes les paroles des Saints Livres sont véritables et inspirées de Dieu, comme elles le sont, il est incontestable qu’il est défendu à des chrétiens de rechercher ces divertissements. ”
“ Le démon, dit Tertullien, ne conduit plus aux temples des idoles mais aux bals où on voit des statues animées, des idoles vivantes qui s’étudient par tous les charmes à séduire le cœur et à le perdre. ” Ce même auteur appelle le lieu des danses mondaines “ le temple de Vénus et un clonque d’impureté. ?”
Aucun évêque n’a peut-être autant travaillé à détruire la
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danse que saint Augustin. ‘“ Les démons, a-t-il écrit, n'ayant pas maintenant la liberté d'exercer leur cruauté sur les corps des chrétiens, ils déchirent les âmes par les danses. N'est-ce pas au milieu des danses que les enfants d'Israël oublièrent le vrai Dieu pour se consacrer au culte du veau d'or? N'est-ce pas au milieu d'une danse que la tête de saint Jean-Baptiste fut apportée sur un plat pour récompenser les talents d’une habile danseuse ? Aussi tous les Saints Pères regardent le bal comme le. triomphe du démon, un sujet de tristesse pour les anges, une occasion de péché pour les chrétiens qui n’en sortent presque jamais sans avoir reçu quelques dangereuses blessures. ?”
‘ Si quelqu'un, dit saint Jérôme, revenant d'un bal, m'assurait n’avoir pas péché, je ne pourrais me résoudre à le croire. ”
Voici les paroles du grand saint Alphonse de Liguori : “ Les pasteurs doivent considérer comme un devoir de mettre en garde les fidèles contre les dangers qu'offrent même les danses décentes. Ces dangers viennent de la faiblesse incurable de notre nature, de l'atmosphère factice et enivrante des réunions mondaines, des toilettes qui relèvent toujours les charmes, même quand elles sont modestes, du désir de plaire, des familiarités dont ces divertissements offrent l'occasion. ”
Enfin, écoutez le moraliste le plus saint, le plus aimé ct à la fois le plus doux, le plus indulgent, le plus bienveillant, entendez saint François de Sales: ‘“ Je dis des danses ce que les médecins disent des champignons : les meilleures ne valent rien. Ces ridicules divertissements apportent toujours de grands dangers à l’âme ; ils dissipent l’esprit de dévotion, affaiblissent les forces de la volonté, refroidissent l’amour de Dieu, et réveillent dans l’âme mille sortes de mauvaises dispositions. ”
Voilà sans doute des témoignages d’une précision et d’une force qui ne laissent aucune échappatoire aux partisans des bals. Que serait-ce si nous voulions faire entendre la grande voix des évêques de tous les temps et de tous les pays ? fl faudrait pour cela des volumes entiers.
Qu'il nous suffise de vous rappeler que tous les évêques du
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Canada, réunis en concile plénier il y a deux ans, ont défendu aux fidèles de prendre part aux danses telles qu’elles se font presque toujours aujourd’hui, parce qu’elles offrent un grave danger.
Les évêques des Etats-Unis, au Concile plénier de Baltimore, ont été unanimes à défendre à leurs prêtres d'organiser des réunions faites au profit de bonnes œuvres et dans lesquelles on permettait la danse. Si celle-ci n’offrait aucun danger, pourquoi auraient-ils fait une telle défense ?
Cette coutume étrange menaçait de se répandre en Angleterre. Rome en fut alarmée, et le quatre mars 1895, le Cardinal Ledochowski, Préfet de la Congrégation de la Propagande, fut chargé d'écrire À tous les évêques anglais et de leur dire que, bien que ces danses frssent données pour une fin de charité, elles devraient cependant être sévèrement interdites, regardées comme un abus des plus dangereux et contraire à l’enseignement de tous les conciles. Le Cardinal ajoutait : ‘“ Nous comptons sur votre zèle pour le bien des âmes et nous vous supplions, au nom de la Sacrée Congrégation, de faire tous vos efforts, au prix de n'importe quel sacrifice, pour mettre en force la discipline constante de notre chère Eglise, ”
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Prendre part aux bals, se livrer au plaisir de la danse, est donc mettre de côté les autorités des Saintes Ecritures, des Saints Pères, des Conciles, des Théologiens ; c’est montrer par là qu’on ne tient aucun compte de tout ce qu'il y a de plus pieux et de plus éclairé dans l'Eglise.
Si tous les médecins nous avertissaient d'un commun accord qu'une nourriture est un poison, ne la rejetterait-on pas avec horreur ? Les principes sur lesquels les évêques et les prêtres décident que les bals sont dangereux et funestes aux âmes sont beaucoup plus certains que ceux des médecins. Doit-on prendre plus de précautions pour conserver un corps qu’il faudra perdre un jour que pour sauver une âme qui doit exister éternellement ? C’est Dieu lui-même qui a révélé dans les
Saintes Ecritures et par la Tradition constante des Saints Pères, que les bals ne peuvent que causer la perte de ceux qui les aiment et qui ne veulent pas y renoncer. On doit done les fuir et les condamner pour rendre hommage à la vérité infaillible de Dieu qui ne peut tromper ni être trompé.
Du reste, le paganisme dans ce qu'il a de plus éclairé et de plus illustre, a regardé la danse comme un amusement ni décent, ni honnête, ni compatible avec la conservation de la vertu ; il l’a toujours regardé comme un signe de sensualité et de débauche, comme une école de passions dangereuses, Les philosophes les plus célèbres, aussi bien parmi les romains que parmi les grecs, ont proscrit les bals et les ont déclarés détestables.
Aristote, le prince des philosophes grecs, commande aux magistrats d'interdire la danse à la jeunesse.
Platon préfère tomber dans la disgrâce de Denys le Tyran que de prendre part à une danse organisée par le Prince à l'issue d’un festin, quoique ce refus dût lui attirer les plus grands désagréments.
Démosthènes, le plus grand des orateurs profanes, voulant, dans ses mémorables discours, rendre les gens de la suite de Philippe, roi de Macédoine, odieux aux Athéniens, leur fait un crime d’avoir dansé,
Ovide, ee poète voluptueux, si relâché dans sa morale, appelle les lieux de danses “ des lieux de naufrage pour la vertu ” et les danses elles-mêmes ‘“ une source de vices. ”
Horace, peu serupuleux à l'endroit des mœurs, critique également la danse et la regarde comme une des causes de la dépravation des Romains qu’il cherche à détourner de ces plaisirs.
Cicéron, le prince des philosophes comme des orateurs de l’ancienne Rome, a écrit : “ Personne ne danse, ni en particulier, ni dans un festin réglé, à moins qu’il ne soit ivre ou fou. La danse, ajoute-t-il, est le dernier des vices et les renferme ou les suppose tous ; elle est la compagne ordinaire de la passion de l’amour et de la licence ; elle est l’associée obligée de la luxure, umbram luxuriæ. ”
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“ Les danses, dit à son tour Sénèque, amollissent le cœur et le corrompent. ”
Le Sénat romain, cette assemblée si respectable, ayant les mêmes idées sur la danse que son premier orateur, bannit au temps de Tibère, tous les danseurs de la ville et l'empereur Domitien chassa même du sénat plusieurs sénateurs parce qu’ils avaient dansé.
Appius Claudius, bannit de Rome tous les danseurs : il considérait la danse ‘“ comme une folie immorale et malfaisante, ”
Scipion témoigna sa douleur dans un discours contre Tibérius Gracchus de ce qu’il avait vu dans sa jeunesse une école où on apprenait À danser
Les auteurs les moins suspects d’exagération en cette matière sont d'accord avec les Saints Pères et les anciens philosophes sur les dangers que l’on court au bal.
Le père des athées modernes, Bayle, s'exprime ainsi : ‘“ La danse ne peut servir qu'à gâter un cœur et à livrer une guerre dangereuse à la chasteté. ”
Les fameux Encyclopédistes ne parlent pas autrement et déclarent que la danse, au sens ordinaire du mot, est coupable et doit être interdite.
Un jour, Mgr de Roquette, évêque d’Autun, écrivit À Bussy- Rabutin, connu dans le monde par son amour pour les plaisirs mondains, afin de savoir quel était son avis sur jes bals. Voici la réponse qu'il reçut :
“J'ai vu l'avis sur les bals que vous m'avez envoyé et puisque vous désirez savoir ce que j'en pense, je vous dirai que je n'ai jamais douté qu'ils ne fussent très dangereux. Ce n’a pas été ma raison seulement qui me l’a fait croire, ça été encore mon expérience et, quoique le témoignage des Pères de l'Eglise soit bien fort, je tiens que, sur ce chapitre, celui d’un homme du monde comme moi doit être d’un plus grand poids. .... Je sais qu’il y a des gens qui courent moins de hasards en ces lieux-là que d’autres ; cependant les tempéraments les plus froids s’y échauffent et ceux qui sont assez glacés pour n’y être pas émus, n’y ayant aucun plaisir, n’y vont pas. Ainsi il n’est
pas nécessaire de les leur défendre : ils se les défendent assez d'eux-mêmes, Quand on n'y a point de plaisir, les soins de sa parure et les veilles en rebutent ; et quand cn y a du plaisir, il est certain qu'on court grand hasard d'y offenser Dieu. Ce ne sont d'ordinaire que des jeunes gens qui composent ces assemblées, lesquels ont assez de peine à résister aux tentations dans la solitude, à plus forte raison dans ces lieux là où les beaux objets, la musique et l'agitation de la danse échaufferaient des anachorètes.
Ainsi je tiens qu'il ne faut point aller au bal quand on est chrétien et je crois que les directeurs feraient leur devoir s'ils exigeaient de ceux dont ils gouvernent les consciences qu'ils n'y allnssent jamais, ”
Avant lui le célèbre Pétrarque, si connu par ses vers où il n'a pas toujours respecté l'innocence, s'est élevé avec force contre les bals : # Les danses, dit-il, offrent un spectacle ridieule qui ne peut que déplaire à des yeux chastes et qui est indigne d’un homme sensé, Ces jeux, puisqu'on veut les appeler ainsi, ont été cause de beaucoup de désordres. ”
Nous pourrions citer une foule d'écrivains qui ont été unanimes à blâmer les bals, à les stigmatiser comme une chose ignominicuse. Parmi eux se trouvent de fougueux ennemis de notre religion. Comme ils avaient le respect des mœurs et le souci des convenances, ils ont condamn” ce divertissement, tant il répugne à la plus élémentaire notiou de ln vertu.
Il est done étonnant que des catholiques prétendent le justifier comme un divertissement légitime, honnête, inoffensif. Souvent, ils emploient seize ou dix-sept ans à élever chrétiennement uue jeune fille. Quelle sollicitude, quels soins, que de précautions pour conserver son innocence ! C'est une fleur délicate qu’ils abritent, qu'ils soutiennent de toutes les ressources de la religion, de la morale et de l'instruction. Ils seraient désolés d'y voir, d'y souffrir, la moindre tache, la moindre apparence du mal. On la tient comme das une serre