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chaude pour la garantir de tout ce qui pourrait la flétrir. Et puis, quand le temps est venu ‘“ de l'introduire dans la société, ?” comme on dit, on enlève tout cet échaffaudage, on renverse toutes les barrières, on supprime tautes ces précautious. On produit la pauvre enfant en publie, au grand jour, le plus qu'on le peut. au milieu de l'éclat et des pompes des fêtes mondaines, et enfin, pour comble d'inconvenance et de démence, elle qui rougissait tout À l'heure en présence d'un jeune homme et qu'une purole légère troublait, on la jette, pendant toute une soirée, entre les bras de jeunes étourdis qui ont autre chose à lui dire que des paroles édifiantes.
“ Mon Père, disait une de ces jeunes filles à son Directeur, y at-il du mal à aller au bal ? ” ‘“ Mon enfant, répondit le prêtre, vous en revenez, c'est À vous de me le dire ; car vous devez le savoir, ” La jeune fille baissa les yeux et rougit : elle ne répliqua pas. Sa rougeur avait répondu pour elle.
Le prêtre aurait pu ajouter : ‘“ Vouüriez-vous, mon enfant, vous approcher de la sainte Table le matin du jour où vous revenez du bal ? ” Il est certain qu’elle eût répondu négativement, démontrant ainsi que la danse ne peut se concilier avec la vraie piété. Plusieurs jours d'avance, elle a persé à ce bal ; elle a eu la tête remplie de préoccupations de toilette, | de succès, de frivoles plaisirs. £lle a été hantée par le dr
de paraître, d'être remarquée, recherchée, préfé-£e, de ;e rendre
aimable par ses manières étudiées, affectées, par un vain éta-
lage de ses charmes naturels. Son cœur a été rempli par la
vanité de surpasser en éclat ses amies, par le désir d'éclabousser de son luxe ses compagnes moins fortunées.
Elle n'aurait pas osé se présenter à une réunion de famille ni surtout à l’église dans cette mine toute mondaine et souvent peu réservée qui est comme obligatoire au bal.
Elle a été intérieurement bouleversée au moment où elle a mis le pied sur le seuil de ce lieu où tout conspire à tromper les sens, où tout est préparé pour la séduire : musique énervante, dunses voluptueuses, luxe des décorations, fouie de personnes dont la mise souvent indécente, les manières libres le langage sans retenue contrastent tant avec la réserve qui
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Ce volume n'est ÿ ‘do la Propriété la bibliothèque de l'Université ele
lui est habituellement imposée, société où rien ne ressemble
à la vie ordinaire, où chacun se contrefait et se montre envers elle prodigue de compliments hypocrites et d’égards affectés qui viennent à chaque instant alarmer sa modestie ou déconcerter sa timidité.
Qui peut répondre qu’à la vue de cet appareil insolite, la jeune fille n'aura pas le vertige, que sa piété, tous les sentimenis délicats que l'éducation familiale s'était efforcée de développer dans son cœur, n’en subiront pas un triste effet ?
La vraie piété admet sans doute des distractions, mais elle n’adopte pas la dissipation. Elle ne se récrie ni contre la distinction, ni contre l'élégance, mais elle réprouve l’immodestie et l’inconvenance. Les bonnes manières, les tons exquis, la meilleure éducation lui vont à merveille et elle s’accommode toujours de la grâce, de la jeunesse, de la beauté qui savent demeurer pudiques ; elle vit avec elles comme avec des sœurs, elle leur prête un ornement de plus ; elle leur communique un charme inexprimable et qui n’est qu’à elle; mais elle a horreur de toutes ces poses efféminées, de toutes ces attituces lascives, de toutes ces démarches langoureuses, de toutes ces recherches calculées, provocatrices, qui trop souvent se trouvent, se voient dans les salles de danses.
Les Saintes Ecritures, les Saints Pères, les plus célèbres philosophes, les orateurs de l'antiquité païenne, les prédicateurs les plus renommés de la chaire chrétienne et les écrivains ecclésiastiques d'accord avec la raison et l'expérience, ont beau condamner les bals, il s’est toujours trouvé et il se trouve encore des personnes qui, subjuguées par de funestes préjugés, cherchent à les justifier par defrivoles prétextes. Il faut y répondre, afin que l’on reconnaisse toute la sagesse des défenses portées par la religion et la futilité des raisons qu’on allègue pour s’y soustraire.
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La danse en elle-même, dit-on, est un jeu innocent, un amusement indifférent.
Sans doute, la danse, en tant qu’elle est une sauterie, une série de mouvements du corps effectués en cadence et parfois accompagnés du chant ou de la musique, est un amusement permis. Ces mouvements peuvent être assimilés aux exercices gymnastiques et considérés comme les autres jeux en usage parmi la jeunesse. Telles sont les rondes des jeunes filles, lorsqu’elles prennent leurs ébats dans une cour de récréation. Ce qui caractérise la danse ainsi entendue, c’est que la plus sévère décence y est observée et qu’elle a lieu entre personnes de même sexe.
Mais la danse proprement dite et qui est condamnable, c'est celle qui se pratique dans les bals avec les circonstances qui en sont comme l'accompagnement obligé, qui se fait entre personnes de différent sexe et qui est pleine de dangers pour la moralité de ceux qui y assistent.
Sans doute, nous ne prétendons pas que toutes les — offrent les mêmes dangers. Il y en a évidemment où la décence est plus respectée que dans d’autres ; il y en a où moins de causes concourent à souiller l’imarnation, à séduire le cœur et à corrompre les mœurs. Mais u ne s’en suit pas que celles où les dangers sont moins nombreux ou moins imminents ne soient pas à craindre au point de vue spirituel. Nous ne pouvons admettre qu’il y ait des danses auxquelles les deux sexes participent qui soient sans aucun danger. Pour admettre cela, il faut ignorer ou méconnaître la nature du cœur humain. Le simple tête-à-tête de personnes de différent sexe, avec les circonstances obligées du bal, constitue à lui seul un danger et un grand danger. Les danseurs de bonne foi sont eux-mêmes forcés d’en convenir.
On reproche aux évêques et aux prêtres de n’avoir pas d'expérience du monde et de condamner à distance des choses qui, vuesde près, mériteraient de leur part plus d’indulgence.
“Vous n'êtes pas du monde, leur dit-on, et vous traitez d'abus des usages dont beaucoup d’esprits larges et sensés prennent aisément leur parti.
D'abord, pour apprécier les excès de vitesse dont les automobilistes se rendent coupables, n'est-il pas préférable d'être sur leur passage que dans leur voiture ? Combien d’entre eux ignorent leur imprudence, quand ils n’ont pas pour les avertir l'aiguille d’un compteur ou le signal d’un agent de police ?
Puis, il ne faut pas l'oublier, les évêques et les prêtres s’autorisent d’une tradition séculaire où les préceptes de la sagesse humaine se mêlent aux inspirations divines. De plus, en revanche, il manque aux interprètes de l'opinion mondaine une expérience que le prêtre seul peut acquérir au tribunal de la Pénitence, l'expérience des âmes. C’est là qu’il surprend dans ces libertés que quelques-uns estiment être de peu de conséquence, la cause prochaine de graves désordres ; c'est là qu'il assiste à l'invasion progressive des frivolités dans une vie d’abord sérieuse et fervente, qu’il voit par quelles étapes l’accueil trop complaisant fait aux plaisirs mondains, l’entratnement et la dissipation de ces fêtes bruyantes conduisent de Ia piété à la tiédeur. de la tiédeur à l'indifférence. N'y a-t-il pas dans ce commerce des âmes une source d'informations bien plus positive que celle que le monde, avec ses maximes. et ses apparences trompeuses, peut offrir à ceux qui le fréquentent, et ne suffirait-il pas, pour guérir ces victimes d’un indulgent optimisme, de les inviter à faire un peu plus souvent le loyal examen de leur propre conscience ? S'ils ne parvenaient pas. à se condamner, ne serions-nous pas en droit de penser que l’habitude a émoussé la pointe de leur délicatesse morale et que le mal ne les offense plus, non parce qu’il n'existe pas, mais. parce qu’ils sont devenus incapables d’en apprécier la gravité ”
& LE) Malgré cela, quelques-uns nous disent : “ Nous sommes.
allés au bal et nous sommes certains de n’y avoir fait aucun mal. ”
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Est-ce bien vrai ? Vous prétendez que vous n'y faites pas de mal et que vous sortez de ces cercles de lubricité avec une âme aussi pure que lorsque vous y entrez. Si vous dites la vérité, je ne dois plus vous regarder comme des hommes, mais comme des anges qui n’ont rien de la fragilité humaine. Si vous n'êtes pas tourmentés dans ces lieux par aucune pensée impure, vous êtes plus heureux que saint Paul, ce grand Apôtre qui était obligé de réduire son corps en servitude pour conserver le précieux trésor de l'innocence qui était en lui; vous êtes plus heureux que ces illustres pénitents qui, relégués dans le plus affreux déserts où ils ne s’occupaient que de Dieu, gémissaient encore de ressentir l’aiguillon de la chair ; vous êtes plus heureux que saint Jérôme qui. enseveli dans le fond d’une solitude où il s’adonne aux œuvres les plus rigoureuses de mortification, où il n’a d’autre compagnie que les bêtes féroces, se plaint encore amèrement des rudes assauts que lui livre le démon de l’impureté.
Puis-je croire que vous êtes plus affermis dans la vertu que ces grands personnages et que vous ne portez pas, aussi bien qu'eux, “ le trésor de votre innocence dans un vase fragile ? ” Puis-je croire que vous pouvez rester en sûreté dans des lieux où un anachorète ne serait pas sans danger ?
Vous prétendez que vous n’y faites pas de mal ; r‘ais connaissez-vous bien ce qui est mal et ce qui ne l’est pas, ce qui plaît à Dieu et ce qui lui déplaît ? N'’avez-vous pas lieu de craindre que la passion que vous avez conçue pour ces plaisirs ne mette un bandeau épais devant vos yeux pour vous empêcher de voir les dangers que vous y courez et le mal que vous y faites ?
S'il est vrai que vous n’y avez pas fait de mal, vous vous êtes au moins exposés à en faire. Qui vous assure que vous ne vous y laisserez pas aller comme tant d’autres, et que vous ne périrez pas dans le danger que vous avez la témérité de chercher comme eux ?
D'ailleurs, pourquoi aller de gaieté de cœur faire partie de ces assemblées où vous savez d’une manière certaine qu’il y en a toujours quelques-uns qui offensent le Seigneur ? Par amour et par respect pour lui, vous devriez ressentir une vive
douleur de le voir offenser ; vous lui montrez bien peu d’affection et d’attachement, si vous voyez d’un œil indifférent ces désordres qui l’outragent. Un fils bien né n'ira pas volontiers dans une société où l’on n'aura pour son père aucun égard ni aucune considération ; un sujet fidèle se gardera bien de se trouver au milieu d’un attroupement de conspirateurs qui méditent la perte de son roi. Dieu n’est-il pas votre père et votre roi ? Peut-il vous être permis de vous trouver sans nécessité dans la société de personnes qui l’offensent ? N'est-il donc pas mieux pour vous de vous abstenir d’un divertissement dont vous croyez pouvoir user sans dommage pour vous-mêmes, quand vous savez que ce même divertissement s'accompagne pour beaucoup d’autres de tentations dangereuses et pour quelques-uns de chutes lamentables ? Vous prétendez que vous ne faites pas de mal en allant au bal. Mais est-ce que l’envie de plaire, est-ce que la vanité qui le plus souvent vous y conduisent et vous y accompagnent, sans parler d’autres motifs moins excusables, ne sont pas déjà un mal ? Est-ce que la participation à un plaisir dangereux n’est pas également un mal ; puisque celui qui, sans de graves motifs, s'expose au péché, se rend par là même coupable ? Et votre présence au bal n’est-elle pas un mal par le fait qu’elle est de nature à y attirer d’autres personnes qui y trouveront leur perte ? Puis, êtes-vous sûr de n’avoir été pour personne une occasion de péché par votre mise souvent voluptueuse ? Je suppose pour un moment que vous n’ayez souffert aucun préjudice ni aucun dommage spirituel de la fréquentation de ces danses. Dans cette supposition je vous dis, avec saint Jean Chrysostôme : ‘“ N'est-ce pas certainement un grand dommage et un grand préjudice pour votre âme et pour votre salut d'employer si mal un temps dont tous les moments doivent vous être infiniment précieux et d’être aux autres un sujet de scandale et une occasion de péché ? Car quand bien même vous sortiriez de ces divertissements sans qu’ils eussent produit en vous aucun mauvais effet, pouvez-vous n'être pas coupable en inspirant aux autres, par votre exemple, une plus grande ardeur pour ces plaisirs dangereux ? Par là, tous
les désordres qui en naissent à l'égard de tant de personnes, si vous le voulez, plus faibles que vous, retombent sur votre tête ; car, comme il n’y aurait personne qui s’empressât de préparer les lieux et les assemblées destinées à ces divertissements, si personne n’y était présent, il s'en suit certainement qu'il suffit d'y prendre part, pour être coupable devant Dieu aussi bien que ceux pour qui ils auront été une occasion de péché. ‘’
De plus, vous n'êtes sur la terre que pour opérer votre salut et pour mériter le ciel ; mais pour entrer au ciel, il faut que vous soyez saint, il faut que vous soyez pur ; car il est écrit que rien d’impur n’y entrera.
Or, si vous lisiez dans l’histoire de la vie des saints que plusieurs d’entre eux fréquentaient sans scrupule et sans difficulté les bals, qu’ils se conformaient en tout aux coutumes du monde, vous sentiriez vos idées se révolter en lisant des détails de ce genre, et vous concevriez malgré vous des doutes assez fondés sur la vertu prétendue de ces personnages ; leur sainteté vous apparaîtrait bien étrange et bien imparfaite.
Pouvez-vous done avec raison approuver en vous ce que vous ne pouvez vous empêcher de condamner chez les autres ? Ce qui, de votre aveu, ne pouvait être un moyen de salut pour les saints, peut-il le devenir pour vous ?
Mais, nous dit-on encore, nous aimons la danse et nous comptons bien nous sauver aussi bien que ceux qui ne l’aiment pas et ne ia fréquentent pas ; nous devons ïaire comme les autres et aller au bal pour ne pas nous rendre ridicules.
Vous voulez vous sauver, nous n’en doutons pas. Nous savons bien que, tout en allant au bal, vous ne prétendez pas pour cela renoncer au bonheur du ciel. Mais suivez-vous le chemin qui y mène ? Voilà la question qu'il faut vous poser. Aller au ciel en riant, en chantant, en jouant, en dansant, quoi de plus agréable ? Mais cela est-il bien conforme à l'Evangile ? Qu’a dit Notre-Seigneur Jésus-Christ ? A-t-il dit : ‘ Heureux ceux qui rient ”’ ou “ heureux eeux qui pleurent ? ”
A qui at-il promis les joies éternelles ? Est-ce à celui qui sur la terre aura suivi ses passions, couru après les plaisirs du siècle, ou à celui qui y aura renoncé et porté sa croix ? ” “Malheur à vous qui maintenant riez, c'est-à-dire, vous amusez, vous divertissez malhonnêtement, parce qu’un jour, dans l'éternité, vous pleurerez et vous gémirez, ” Voilà ce qu'a dit Jésus-Christ,
Pesez ces paroles avec tout le sérieux qu'elles méritent. Pour aller au ciel, il ne suffit pas de vouloir d’une volonté telle quelle ; il ne suffit pas de le désirer, il faut encore se faire violence, renoncer à soi-même et mener une vie de pénitence. Et ce n'est pas précisément ce que font ceux qui fréquentent les bals.
Et pourquoi n'avoir pas le courage de ne pas faire comme les autres et pourquoi craindre la critique de ceux qui ne méritent pas votre estime ? * Celui qui aura rougi de moi devant les hommes, dit Notre-Seigneur, je rougirai de lui devant mon Père. ” Vous devez montrer que vous préférez avoir les suffrages de Jésus-Christ que ceux du monde. Vous dévez éviter le mal au risque d’encourir le blâme du monde et de ses partisans ; vous devez plus vous soucier de l'estime de Dieu que d'un sourire des gens du monde.
Les gens sensés, loin de vous mépriser, ne vous respecteront: ue plus si vous vous abstenez de fréquenter les bals. Ils jugeront que vous avez du courage, de la conscience, et ils vous préféreront à ceux qui les fréquentent.
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Les parents et les enfants sont dans une erreur bien grossière, s'ils croient qu'il faille se produire dans les bals pour se proeurer des relations et parvenir à se marier plus facilement. Un vieiladage dit que “ les bons mariages se font au ciel. ” Or, est-il permis d'attendre de Dieu qu'il vous tasse connaître sa volonté et qu’il vous aide dans le choix de votre futur époux ou de votre future épouse au milieu de cette salle de bal qu'ila en horreur ? C’est là, au bal, que se préparent les mésalliances
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causes si fréquentes de grands chagrins pour les parents et de discorde pour les époux.
Bien loin que le bal soit nécessaire pour trouver un mari ou une épouse et que ces mariages soient les plus heureux, les meilleurs sont précisément ceux qui ne se contractent pas au bal. Nous connaissons des pères de famille, appartenant à la haute classe de la société et ayant plusieurs filles, pour lesquelles ils ont trouvé des établissements extrêmement honorables ; et cependant ils ne les ont jamais conduites au bal.
Si une jeune personne se montre constamment modeste, diligente, soumise à ses parents, régulière dans sa conduite, l'éclat de sa vertu la retirera de l'oubli et la fera assez connaître ; elle réunira les suffrages des honnêtes gens qui ne parleront d’elle qu'avec éloge. Les mondains eux-mêmes, aux yeux desquels elle n'aura d'autre tort que de ne pas participer à leurs folles joies, ne pourront se défendre d’un sentiment d'estime et de respect pour elle, à cause de ses vertus.
Si un jeune homme qui préfère le libertinage à la vertu n'essaie pas de lier connaissance avec elle, elle ne s’en affligera pas ; au contraire, elle se félicitera de n'avoir pas pour époux un homme qui probablement l'aurait rendue malheureuse. Mais s’il est un jeune homme sage et bien élevé qui préfère la vertu au libertinage, il sera heureux de pouvoir obtenir pour épouse une jeune personne aussi vertueuse. Alors, comme dit l’Esprit-Saint, ils seront l’un pour l’autre la récompense de leurs mérites. Mulier bona dabitur viro pro factis suis. (PRov. 29). En cherchant le royaume des cieux, cette jeune fille peut s’attendre à le trouver et obtenir le reste par surcroît. Si la crainte d'offenser Dieu l’empêche de paraître dans ces salles de bal, ce bon Père qui ne se laisse jamais vaincre en générosité, ne permettra pas qu’un motif si louable soit un obstacle à son bonheur.
Du reste, n’y a-t-il pas d’autres plaisirs qu'on puisse sans danger se permettre ? Ne peut-on pas se récréer avec des amis sages et vertueux qui nous sont sincèrement attachés ? Qu'y at-il de plus agréable pour des pères et mères que de se trouver au milieu de leurs enfants qui les chérissent ? Qu'y
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a-t-il de plus agréable pour des enfants que de se trouver avec des pères et des mères qui les aiment tendrement ? Qu'y at-il de plus doux Pour un mari, qui veut mener une vie chaste et honnête, que la compagnie d’une femme vertueuse qui s'étudie à lui plaire ?
Pourquoi ne pas avoir recours à ces divertissements honnêtes qui ont leur place marquée dans un Programme bien compris d’une vie familiale ? On peut toujours les organiser au sein même du foyer, leur donner souvent un caractère artiscique ou littéraire qui élève l'esprit et le cœur, qui cultive le goût, en un mot, qui instruit en amusant.
Puis, dans une ville, il y a, hors de la famille, des récréations légitimes auxquelles les parents chrétiens peuvent non seulement sans danger, mais encore avec profit, faire perticiper leurs énfants. 1] y a des conférences scientifiques et littéraires, des solennités musicales, des soirées dramatiques, dignes d'être encoura ‘es par les suffrages et l’assiduité de la population catholique.
Parents chrétiens, nous vous en supplions, ne permettez jamais à vos enfants d’alle: aux bals. Souvenez-vous de Blanche de Castille qui eût préféré voir son enfant frapL. de la mort que souillé d’un seul péché mortel ; aussi cet enfant est-il devenu un saint Louis. Permettez-nous de vous dire par rapport au bal ce qu’un mauvais romancier, Alexandre Dumas, fils, disait à une mère Par rapport au théâtre : “ Vous n'y avez jamais mené votre fille, vous avez bien fait, vous avez eu raison.” Sachez retenir vos filles au foyer domestique et le leur faire aimer, Elles y ensemenceront dans leur cœur les plus belles vertus et vous verrez un jour celles-ci fleurir merveilleusement pour parfumer votre vieillesse des senteurs les plus exquises.
Que les parents de notre chère ville fassent en sorte que leurs enfants vivent toujours de foi, d’espérance et de charité! C’est par la pratique de ces trois vertus que chacun élève dans son âme ce sanctuaire spirituel où le Divin Maître a dessein de fixer sa demeure. La foi éclairera leur esprit ; l'espérance et la charité assainiront leur cœur et le fortifieront, et toutes
trois seront comme | Pourpre et l'or qui décorent le tabernacle du Créateur.
Leurs enfants, à l'âge où tant d’autres traînent leur vie dans les ténèbres et dans la fange, auront, eux, leur front dansin lumière, leur cœur dans la pureté ; ils traverseront la fournaise comme les jeunes Hébreux de Babylone, sans que la flamme impure effleure seulement la frange de leur robe, Le charme exquis de la jeunesse s'unira chez eux à la maturité que l'Esprit- Saint déclare être pour les jeunes gens le fruit d'une vie sans souillure, œtas senectutis vila immaculata.
Quand Dieu donne un enfant à un père et à une mère, Il leur dit : Depositum cuslodi, “ gardez bien ce dépôt, ” Et ce dépôt, c’est surtout une âme créée à l'image et la ressemblance de Dieu. Cette âme a soif de vérité, les parents doivent la lui donner ; elle veut le bien, les parents doivent le lui faire aimer ; elle est portée au mal, les Parents doivent l'en détourner ; ils doivent surtout lui apprendre qu'elle est immortelle, qu’elle doit aimer Dieu. Or, aimer Dieu, c'est souvent se haïr ; se soumettre à la volonté de Dieu, c’est souvent renoncer à la sienne ; plaire à Dieu, c'est souvent se déplaire à soi-même : caresser ses passions, c’est aimer ces voluptés qui ensevelissent l'âme sous le froid glacial de la mort morale : mais avoir le courage de la vertu et la générosité du sacrifice, c’est se créer dans les parties hautes de l'âme une source intarissabie de sereines et austères voluptés, les voluptés d’un être saturé de choses divines et qui sent que la majesté de Dieu est entrée et repose dans le sanctuaire de son âme. Majestas Dei ingressa est templum. (Esxcn., 33).
Ces vérités, c’est Notre devoir de vous les faire connaître, Nous pouvons vous dire ce que saint Jean Chrysostôme disait à ses fidèles : “ Je sais qu’en reprenant es danses coupables, je vais en chagriner quelques-uns et qu'on m'accusera de manquer d’esprit et de sens ; cependant, je n° puis garder le silence sur cela. Peut-être que si tous ne reçoivent pas bien ce q me crois obligé de dire, au moins quelques-uns en profiterunt : mes paroles auront porté quelques fruits et Dieu m'en récompensera. ?”
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C'est lui qui Nous pousse à vous dire aujourd'hui : “ Ne savez-vous pas que vous êtes les temples de Dieu ; nescitis quia templum Dei estis.
Rien qu'à cette parole, votre évêque sent comme un frisson sacré ; il lui semble qu'il a devant lui des tabernacles lumineux où il voit Dieu qui rayonne et d’où il l'entend lui dire : “ Fais-moi vivre dans ces âmes ; ”’ des tabernacles où vous lui apparaissez si beaux, si adorablement bon qu'il a comme une envie de se mettre à genoux devant vous, que son cœur déborde, et que la charité arrache ce cri à ses entrailles : “ Je vous aime ; ‘ mais non, ce n'est pas vous principalement que Nous aimons en vous, ce n’est pas l'humain, c'est le divin, ce n’est pas le cadre, c'est l’image ; ce n’est pas le temple, c'est l'autel, le Christ-Dieu dont la grande figure éternelle apparaît à travers le cristal de vos âmes.
Votre évêque, vos prêtres, sont vos directeurs, vos pères affectueux. Ils peuvent vous paraître gênants, rudes parfois : mais souvenez-vous de ce que dit à ce sujet saint François de Sales : ‘* Plus la lime est rude, plus elle polit le fer ; plus le chardon est poignant, plus il blanchit le drap. ” Dites-vous que, si nous vous sommes fâcheux, c'est exclusivement pour votre bien. Suivez nos conseils. Tous, aimons (’abord Dieu ; aimons-le sans mesure. Aimons la vertu qui peut coûter à certaines heures, mais qu'on ne paye jamais trop cher, tant elle donne de puissance, tant elle procure «le joies profondes. Aimons tout ce qui élève, ennoblit, donne des ailes pour nous élever au-dessus des sens, ces chaînes de l’âme qu’il faut absolument briser.
+ Ouviee-ELzéar,
Evêque de Régina.