DES POIDS ÉQUIVALENTS
$ 25. L'idée d'attribuer des poids équivalents élevés aux corps liquides et solides (voir $$ 20- 22) a déjà été exposée en détail, en 1853 et 1854, quand on a représenté les carbonates calcique et magnésique comme des polycarbonates contenant de trente à quarante parties de carbone (C — 6) et les pyroxènes, les amphiboles et les feldspaths, comme des polysilicates contenant de trentre-deux à soixante parties de silicium (Si = 7). Les poids équivalents admis provisoirement alors pour ces corps étaient des minima; mais on ne détermina pas leur relation avec le nombre plus élevé que l'on supposait exprimer les équivalents véritables (5, 6). On put remarquer, plus tard, que ces poids équivalents élevés, aussi bien que les formules compliquées qui en découlent, ne parlent pas contre la loi des proportions définies, mais qu'ils représentent seulement une application de cette loi sous une forme plus large (10).
$ 26. En revenant, sous ce rapport, à ce qui a
été dit déjà dans le $ 22, nous répétons que toutes les espèces chimiques, liquides ou solides, peuvent être représentées comme des polymères de certaines espèces primordiales ou unités chimiques. Les poids équivalents minima de ces unités chimiques qui donnent naissance à des espèces plus compliquées par polymérisation, doivent souvent être considérables; c’est le cas, par exemple, pour maints dérivés de l’aniline, pour les composés cobalto-ammoniques, et pour les polytungstates. Wolcott Gibbs, er montrant que ces derniers forment des séries progressives, trouve que la différence commune dans les phosphotungstates n'est pas moins de 2 (W OC) — 464 et il établit pour ces polytungstates, des poids équivalents, non seulement de 5002, mais dans un cas au moins, de 206058. D'autre part, pour les sels du cobaltammonium, l’on trouve des poids équivalents de 500 à 2500. Cependant ces nombres, malgré leur grandeur, ne sont que des fractions des vrais poids équivalents de ces polymères solides et cristallins ; ceux-ci sont compris, pour les espèces considérées, entre 30000 êt 150000, et même au delà.
$ 27. La nécessité d'admettre des poids équivalents élevés et, par conséquent, des formules compliquées pour représenter les polytungstates,
Des poids équivalents. SI
les polymolybdates, les polyvanadates et les polyphosphates et pour accorder les faits découverts par l’analyse chimique, a conduit Wolcott Gibbs à désigner ces corps comme des sels dérivant » d'acides inorgariques compliqués n qui, d’après lui, » formeraient une classe nouvelle dans la chimie inorganique. » Or, on se le rappelle, nous avons déjà exprimé en 1853 l'opinion que la chimie des corps solides et des corps liquides ne pouvait être comprise si l'on n’admettait partout des poids équivalents très élevés et l'existence de sels dérivant d'acides minéraux de formules très compliquées; que la distinction entre la chimie organique et la chimie inorganique ne pouvait plus être soutenue ; que les principes de l'omologie et du polymérisme étaient d’une application universelle ; que les catbonatescristallisés étaient des polycarbonates dont le poids équivalent minimum n'est pas inférieur à 1500 ou 2500 ; que les pyroxènes, les feldspaths, les tourmalines, étaient des polysilicates « une constitution également compliquée et devaient être représentés par des formules exprimant, chez eux, des polymères, probablement homologues, ainsi que des homologues anisomères.
Ces idées, émises et défendues déjà par nous,
en 1852 et en 1853, forment le fonds de notre philosophie du règne minéral. La recherche de la grandeur de l’unité chimique dans les polymérisations ainsi que celle de la différence commune des termes successifs d'une série homologue de polycarbonates et de polysilicates, sera traitée dans le chapitre XI de ce travail.
otre de la nériaune e de aitée
ë À La 2 | à