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LA LOI DES NOMBRES

$ 23. La loi des nombres, évidente dans le fait des proportions multiples et du polymérisme, a été beaucoup généralisée à la suite de la découverte des séries progressives, entrevues en 1842 par James Schiel et que Ch. Gerhardt a ensuite développées en 1844, dans son Précis de Chimie organique, sous le nom de séries homologues. Ces chimistes n’ont appliqué la conception nouvelle qu'aux composés hydrocarbonés dont les formules différaient les unes des autres de la quantité constante CH, alors que les corps eux-mêmes jouissaient de propriétés chimiques semblables.

Relativement au développement ultérieur de ces principes ainsi qu’à la disparition de la distinction que l’on avait faite entre la chimie dite » organique » et la chimie minérale, nous avons déjà dit en 1852, que » l'on pouvait définir la chimie organique comme étant la chimie des composés du carbone. » Depuis cette époque nous avons désigné ces composés par l’expression » la série de carbone, » tandis que nous

avons réservé le titre de » série de silicium » pour tous les composés silicatés. Ailleurs nous avons dit, au sujet de cette définition, devenue banale aujourd’hui, qu’elle avait peut-être été exprimée alors pour la première fois (16) (!).

Plus tard, en 1853, nous avons fait remarquer que le groupe CH? pouvait être comparé aux groupes H?0O, M°?0 ; et comme des espèces chimiques diflérant de # (CH?), peuvent être homologues, » on doit s'attendre à des relations analogues pour les espèces minérales, De cette façon, l'application du principe de l’Aomologie prendrait une extension considérable ; » c'est ce que nous avons cherché à faire voir dans le cas de beaucoup de silicates (4).

Nous avons fait remarquer aussi, la même année, que » les formules des corps homologues pouvaient être repré. ntées comme des séries en progression arithmétique (séries progressives). Le premier terme peut être la différence commune elle-même ; » c’est le cas pour les hydrocarbures de la série 7 (C H?), ou bien il peut s'écarter de cette différence comme on le voit dans la série des ammoniaques NH5, NH°x

(*) Gerhardt avait pourtant déjà dit, en 18%4, dans son Précis de chimie organique, 1. EL. : « Comme toutes les matières organiques, Sans exception aucune, renferment du carbone, on

peut dire qu'elle (la chimie organique) est la chimie du carbone. » T.S. H.

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La loi des nombres. 47

(CH®), » On trouve des exemples de chacun de ces cas dans l’histoire des espèces minérales ; M?S, M°O et H°O peuvent être comparés à CH L'application de ces principes a été exposée avec beaucoup de détails (5). Les membres d’une série dont le premier terme est identique à la différence commune, peuvent être désignés comme Jomologues isomères ; tandis que toutes les autres séries seraient convenablement caractérisées comme des Jomologues anisomères.

$ 24. Les séries progressives des espèces

gazeuses ne nous offrent, exception faite pour quelques hydrocarbures, que des cas de corps homologues anisomères. Toutes les considérations relatives à la métagenèse se rattachent à ces espèces gazeuses et c’est à leur étude que l’on doit la théorie des types et les formules rationnelles. Il convient de rappeler à ce propos, que Ch. Gerhardt ne considérait pas ces formules

comme exprimant véritablement l'arrangement

des atomes, mais comme montrant, de la façon

la plus simple et la plus immédiate, les relations

qui se font jour, dans les corps, pendant leurs

transformations. Ceci étant bien compris, ces formules jouent un rôle très important dans l’enseignement de la chimie (12).

48 Un système chimique nouveau. A

La connaissance que nous avons aujourd’hui des relations existant entre les propriétés des corps et leurs poids atomiques, relations qui ont conduit au système périodique des éléments, suffit pour nous convaincre que l'hypothèse de Prout doit être profondément modifiée au moins avant de pouvoir être acceptée. Ces relations M |

servent aussi à donner à la loi des nombres, en d éle chimie, une signification plus grande qu'on À 22 n'avait cru devoir lui attribuer jusqu’à ce jour. U 18

En 1874, nous avons discuté les variations de 4 cal

composition que J.-P. Cooke avait découvertes dans certains alliages, et qu'il avait décrites MN sous le nom d’allomérisme. Ces alliages furent regardés dès lors comme donnant un exemple nu d’une série progressive de composés isomorphes, formés d’antimoine et de zinc, possédant un poids équivalent élevé et différant, d'un terme à l’autre, de la quantité # Zn? (!). » La position que prend cette conception vis-à-vis des idées exprimées récemment par Boutlerow et par Schützenberger sur l’inexactitude de la

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loi des proportions définies ainsi que sur la discussion ouverte par Cooke à ce sujet est bien ! évidente (?. Nous y reviendrons plus tard qui (S 106-107). M dec

1) Hunr. Chemical and Geological Essays, p. 4417. ?) American Journal of Science (1883), XXNI, 63,10.

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