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La dureté et l'indifférence chimique. 59
M. J.-B. Mackintosh, de New-York, en s'occupant de cette question, nous a informé avoir trouvé il y a quelques mois, que le grenat résiste aussi à l’action de l'acide fluorhydrique, fait que nous avons aussitôt expliqué par la grande condensation de ce minéral, condensation que nous avions déjà désignée comme étant la cause de l'indifférence signalée dans les autres espèces mentionnées plus haut. Nous avons alors fait une comparaison entre des espèces très condensées telles que l'épidote et le spodumene d’une part et d’autres espèces moins condensées comme la dichroïte et la pétalite d'autre part : ces dernières devaient se dissoudre facilement dans l'acide fluorhydrique tandis que les premières seraient plus réfractaires. Cette prévision a été aussitôt vérifiée par Mackintosh, qui a depuis étudié sous ce rapport un grand nombre de silicates naturels.
$ 32 Dans un essai sur un Système naturel cn minéralogie, paru en 1885 (16), nous avons proposé une division en tribus pour les trois sous-ordres dans lesquels on peut ranger l'ordre des silicates, basée en grande partie sur les divers degrés de condensation qu’on y observe. On peut dire, en résumé, que les résultats obtenus par Mackintosh paraissent confirmer,
dans tous les cas, la loi de l'indifférence chimique telle que nous l'avons formulée en 1863. Tandis que les Pectolitoïdes, qui comprennent la pectolite, l’apophyllite et la calamine; les Protospathoïdes (Wollastonoïdes), tels que la Willémite et la wollastonite; les zéolitoïdes et les différents Protoperspathoïdes (Feldspathoiïdes) qui embrassent les feldspaths, les scapolites, la leucite, la dichroite et la pétalite, sont plus ou moins complètement attaqués et dissous par l'acide fluorhydrique, les Protodamantoides (Ambphiboloïdes), comme le pyroxène, l’amphibole et la chrysolite, résistent plus ou moins complètement à son action. La datolite paraît appartenir plutôt à cet ordre qu'aux pectolitoïdes, en raison de sa grande condensation et de son indifférence relative à l'égard de l'acide. La même indifférence s’observe dans les Protoperadamantoïdes (Granatoïdes) qui comprennent le grenat, l’épidote, la zoïsite, l’axinite, le spodumène, la staurolite et les tourmalines ainsi que l’idocrase et la préhnite. De même les Peradamantoïdes (Topazoïdes), l’andalousite, la topaze, le disthène et le zircon, résistent également bien. Parmi les silicates phylloïdes ou micacés, qui sont, pour la plupart, des espèces bien condensées, bien que moins durs que les
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