INTEGRAL WEIGHTS IN CHEMISTNY
Mémoire lu devant la section B de l'Association
britannique pour l'avancement des sciences, à Manchester, sept. 1887, et publié dans le L.E. D. Philosophical Magazine, oct. 1887.
Il convient de citer aussi deux autres articles bien qu'ils n'aient pas été imprimés, l’un est intitulé : Les opérations chimiques dans leurs rapports avec la température et la pression et l’autre : Sur les séries progressives en chimie. Ils ont été lus devant l’Académie nationale des ‘sciences à New-Vork, le 10 novembre 1887.
Nous nous proposons de résumer dans les pages suivantes les vues contenues dans ces quatre mémoires. Les nombres placés entre parenthèses renvoient aux deux premiers articles.
$ 100. Les idées exprimées en 1853 dans l’article n° 4 dont il a été si souvent question dans les pages précédentes, ont été résumées en partie dans une note lue à l’Académie des Sciences de Paris, en 1855, note intitulée : Sr les volumes atomiques (*). Nous disions alors : u Puisque la combinaison chimique de deux corps doit être regardée comme une interpénétration de masses et non pas comme une juxtaposition des molécules, l'hypothèse atomique n'est pas nécessaire pour expliquer la loi des
(1) Comptes rendus, t, XII, p 77-81.
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Supplément. 153
poids équivalents ».. Et nous ajoutions : » Les densités nous fournissent ainsi un moyen de fixer les poids équivalents des gaz et des corps qui sont volatils sans décomposition. Il restait à déterminer si quelque loi aussi simple que celle de Gay-Lussac ne nous permettrait pas de fixer, par un moyen semblable, les équivalents des corps solides et non volatils (18). »
Nous avons touché ensuite, dans la même note, la question des séries progressives et homologues en disant : » Ces rapports d'homologie, loin d'être limités aux composés du carbone, ne sont que des exemples de cette harmonie numérique que voyait déjà Laurent, que Dumas a reconnue ensuite dans les équivalents des éléments et qui deviendra, pour la chimie, un principe d’une application aussi large que celui des poids et des volumes atomiques. Nous avons ajouté aussi que nous avions entrepris nos travaux : » dans l'espoir de donner à la chimie minérale quelque chose de cette exactitude que possède déjà la chimie organique (18). »
$ 101. Dans une autre note, qui a été présentée également à l’Académie des Sciences, à Paris, en 1885, intitulée : Swr Les rapports entre quelques composés différents par IT? et OO",
après avoir rappelé les conclusions citées plus haut relativement aux séries homologues, nous avons soutenu que des rapports analogues peuvent exister entre des corps différant par leurs proportions d'oxygène et d'hydrogène.
Pour appuyer cette manière de voir en ce qui concerne les corps oxygénés, nous avons procédé alors à la comparaison des acides malique et tartrique, des chlorates et perchlorates, des sulfates, des carbonates et des sulfocarbonates, sous le rapport chimique aussi bien que sous le rapport cristallographique. On a comparé, relativement à l'hydrogène, les ammoniaques composées NH5 + n (CH?) avec une base analogue, la pipéridine, appartenant à la série NH + n (CH?) et avec jarsine, AsH + CH?. Ces faits, disions-nous, » nous portent à admettre un rapport intime entre les corps différant par H?» (!) » aussi bien que par O*? (O0 = 8) » (18).
$ 102. Les recherches de J. P. Cooke sur les alliages cristallisés du zinc et de l’antimoine vinrent, à leur tour, à l'appui de cette manière d'envisager les séries homologues. Ces alliages accusent des différences considérables dans leur
(1) Comptes rendus, t. XLI, 1167.
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Supplément. 155
composition malgré la similitude de leur forme cristalline ; Cooke en conclut que » le zinc et l’antimoine sont en état de s’unir dans d’autres proportions que celles de leurs équivalents chimiques, ou bien encore que la loi des proportions définies n'est pas si rigoureuse qu'on l’a cru jusqu'à présent (*), » En 1874, nous avons dit, en commentant les découvertes que Cooke avait fait connaître en 1860 : » On doit regarder ces alliages de composition variable, en partie comme des termes d'une série progressive de composés isomorphes d’antimoine et de zinc, de poids équivalent élevé, différant l’un de l'autre de n Zn?, et en partie, probablement, comme des mélanges cristallisés de corps homologues et isomorphes.
Cooke a nommé allomérisme le fait qui forme le fond de son idée et qu’il considère, à juste titre, comme devant jouer un rôle important en minéralogie. Nous avons évidemment affaire ici à un cas d’homologie et d’isomorphisme de termes d’une série homologue; nous nous sommes déjà expliqué sur ce principe général qui comprerid l’isomorphisme polymère de Scheerer (?) (18).
(4) CookE. American Journal of Science, 1883, XXXI, 310-316.
(®) Hunr, Chemical and Geological Essays, 447 et Comptes rendus, juin 1863.
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$ 103. Les observations de Cooke ont été résumées dans le $ 24; nous avons fait allusion aussi à des faits semblables, énoncés plus récem-
h 4: ment par Schützenberger et par Boutlerow, qui de réclament encore notre attention. Schützen- (L: | berger a montré qu'à côté des types bien connus JE d'oxydes métalliques, il en existe d’autres dans É lesquels les rapports pondéraux entre l'oxygène
et le métal ne sont pas simples. » Les oxydes | d’étain, de mercure, de cuivre, de plomb, dezinc, Ë de manganèse et de fer accusent des différences | dans la proportion d'oxygène qu'ils renferment selon le procédé suivi pour les préparer. Ainsi l'oxyde cuivrique, formé par la calcination de l'azotate, donne de l’oxygène quand on le dissout dans l'acide azotique; d'autre part, le fer prendrait la valeur Fe — 54 d’après l'analyse de l'oxyde ferrique obtenu aussi par la calcination de l’azotate si on lui assigne ia forme Fe?Oï, tandis que l’on aurait Fe — 56 pour l’oxyde
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l de obtenu par la calcination de l’oxalate de fer. En + d'autres termes, il y a 24 parties d'O unies, dans
la le premier cas, avec 54 de fer et avec 56 dans le D, second cas (18). » Schützenberger a obtenu de :
même un oxyde du cuivre CuÿO# et un autre, cristallisé, Cu‘O?.
Les recherches de Haas et celles de Gibson
Supplément. 157
et Morrison, sur l’action de l’eau oxygénée sur divers oxydes, ont fourni des résultats semblables, Gibson et Morrison ont non seulement obtenu des oxydes de zinc et de cadmium plus oxygénés, mais encore des oxydes suroxygénés de magnésium et d'aluminium. Le peroxyde de zinc brun (déjà mentionné par Thénard) répondrait à la formule Zn5O5, ou ZnÿOf, et aurait, d’après Haas, tous les caractères d’un oxyde défini. Le nouvel oxyde de magnésium répondrait à la formule MgÿO® et le peroxyde de cadmium brun à Cd*O’: tandis que le peroxyde de manganèse aurait donné, avec l'eau oxygénée, Mn?O5 ou MnO"(!). Les remarquables recherches de Franke (?) sur ce même métal ont fait connaître, outre un oxyde cristallisé Mn°O8, non seulement un oxyde volatil MnO', mais un oxyde gazeux, de couleur bleue, MO, correspondant probablement à l’oxyde osmique,. Spring et De Boeck (5) ont, en outre, obtenu, il y a peu de temps, un oxyde hydraté, colloïdal, répondant à la formule Mn'O?!.
$ 104. Ces rapports pondéraux nous conduisent à conclure que nous avons affaire ici,
(*) GiBson et Morrison. Proc. Royal Soc. Edinburgh, CXIX, 146. HAAS. Berichte d. deutsch. chem. Gesellschaft, XVII, 2249.
(?) FRANKE, Journal für Prak, Chemie, 1887, XIV, 166.
(°) Bull. Soc, chimique de Paris, XLVIIL, 472.
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comme dans le cas des composés hydrocarbonés qui manifestent des variations semblables, à des corps de constitution compliquée et de poids équivalent élevé, faisant partie d’une ou de plusieurs séries homologues dont les termes différeraient de la quantité constante M? ou O. De cette manière, on n'aurait pas seulement que # (M°0), x (MO), x (M°O!), x (M?0), x (MO), x (M°O5), x (MO), x (MO), x (MO!), mais des corps intermédiaires, de sorte que, si # = 50 dans le premier terme, on peut représenter ces différents oxydes (qui comprennent probablement plusieurs séries homologues) par la formule générale M'005%0 + » O.
Le coefficient de M se rapprocherait toutefois de 2000, d'après la loi des densités, pour les oxydes les plus condensés comme la périclase, la magnésite, la polianite, le quartz, la cassitérite.
Si nous posons l'oxygène — O!® dans ces divers oxydes métalliques, nous aurons pour M les nombres 25, 28.5, 33.3, 40, 50, 57, 58.3, 60, 62.5, 66.6, 75, 83.3, 100, 125, 150, 200. L'’existence de séries semblables est d’ailleurs bien démontrée pour les sulfures et les arséniures naturels. En tenant compte seulement des espèces reconnues par Groth (!), nous trouvons
(*) Uebersicht der Mineralien, 21€ Auflage, 1882.
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Supplément, 159
pour M les valeurs suivantes en prenant pour le soufre = S10 : 50, 57.1, 66.6, 70, 7h:4:,77:9, 80, 83.3, 87.5, 100, 120, 125, 133.3, — 600, le dernier nombre se rapporte à un sulfure cristallisé de fer et de nickel décrit récemment par Mackintosh (!).
On obtient de même, pour les arséniures naturels, M = 33.3, 50, 66.6, 100, 150, 300, 500 avec As100,
Ces relations ne sont toutefois qu'indicatives puisqu'elles sont déduites de formules incertaines. ;
S 105. Les nombres les plus élevés affectant les métaux dans les séries précédentes des combinaisons oxygénées, sulfurées et arséniquées, sont ceux qui ont généralement été considérés comme représentant l'atomicité ou la valence de ces éléments, c'est-à-dire que, d'après la plupart des chimistes, ils expriment la capacité de saturation de ces corps.
Cependant, la nécessité d'admettre la variabilité de la valence parle contre cette notion, comme l'a fait remarquer Mendelejeff, malgré les efforts que l’on a fait pour l'expliquer en supposant que des affinités peuvent demeurer /atentes
1) Trans. Amer, Institute Minin Engineers, 1887. g Eng :
dans certaines conditions. Dans l'étude d’une combinaison chimique,il ne faut pas considérerla capacité de saturation d’un seul élément donné, mais plutôt l'équilibre d'un système maintenu par des forces qui appartiennent à chaque partie individuelle (!). En d’autres termes, une espèce chimique est une grandeur intégrale qui demeure sans altératio:. dans les conditions ordinaires de température et de pression. On ne connaît, dans la nature des choses, aucune raison contre l'existence d'un sulfure dans lequel Île rapport pondéral du métal au soufre dépasserait 6: 1, ou bien, contre celle d’un oxyde correspondant, dans lequel ce rapport dépasserait 2:1; c'est-à-dire que le soufre pourrait être octovalent et l'oxygène tétravalent ou même hexavalent. La faculté que possèdent certains métaux fondus, comme le cuivre, de retenir de l'oxyde en solution, ou bien, comme l'argent, a’absorber, dans certaines conditions, des quantités notables d'oxygène, paraît démontrer l'existence de certains sous-oxydes dont quelques-uns se décomposeraient à des températures 9lus basses.
Le cuivre qui se sépare sous forme filamen-
(*) MENDELLJEFF. "he Periodic Law of Chemical Elemeuts Chemical News, XLI, 108.
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Supplément. 161
teuse pendant le refroidissement de certaines Mmaites, Où régules sulfurés, doit provenir de la décomposition d’un sulfure instable. I] y a longtemps aussi que nous avons signalé la séparation d'un régule de cuivre d’une portion de fer métallique ainsi que du fer oxydulé, les deux espèces se trouvant disséminées dans la masse refroidie de sulfure cuivreux cristalz lisé (1).
$ 106. Si, comme nous l'avons fait pour les oxydes, les sulfures et les arséniures, nous passons maintenant à tous les hydrocarbures connus et si nous calculons leur formule en partant de C'%, nous obtiendrons pour C :H des rapports aussi Variés que ceux que nous avons trouvés pour les combinaisons de M avec O,S et As. Les combinaisons métalliques étant pour la plupart fixes et insolubles, le moyen de déter-
(*) Une matte, provenant d’une première fusion de pyrite cuprifère grillée, contenait 45 °/o de cuivre, avec un peu de zinc; elle était fortement magnétique. Traitée par l'acide azotique, ou par le brome, elle donna un résidu de 10 ‘/ de fer oxydulé magnétique. En outre, elle précipitait du cuivre métallique, et du plomb, des solutions de sels de ces métaux et elle abandonnait la plus grande partie de son fer aux acides étendus avec dégagement d'hydrogène libre mêlé d'hydrogène sulfuré, ce dernier provenant apparemment de l’action de Phydrogène naissani sur le sulfure métallique. Ces faits nous portent à regarder cette matte comme un mélange intime de fer métallique, de fer oxydulé et de sulfures.
Trans. Amer, Assoc. Adv. Science, 1873, p. 143.
miner directement leur poids équivalent nous fait défaut. Au contraire, pour les hydrocarbures, les propriétés chimiques sont suffisamment connues, tant par leur composition centésimale et leur densité de vapeur, que par leurs modes de formation, porr que nous soyons en état de leur assigner leur place dans les grandes séries homologues. En outre, nous pouvons écrire, pour chacun d'eux, des formules rappelant leur origine ainsi que les résultats quon peut prévoir par la métagenèse chimique. Les composés métalliques fixes et insolubles, de leur côté, ne peuvent, le plus souvent, être étudiés chimiquement que par des procédés provoquant leur décomposition plus ou moins complète.
Les nombres exprimant les rapports pondéraux de ces composés, montrent que nous avons affaire, ici, avec des poids équivalents élevés ainsi qu'avec des proportions moins simples que celles que l’on observe dans les oxydes volatils, les sulfures et les chlorures. Ce sont des faits et des considérations de cette espèce, comme nous l'avons vu ($ 103), qui ont porté J. P. Cooke, puis Schützenberger et Boutlerow à mettre en doute la rigueur de la loi des proportions définies. Boutlerow admettait que le poids
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Supplément. 163
atomique du carbohe pouvait varier de 12.0 à 11.8 et que cet élément subissait un changement dans sa valeur chimique. En d'autres termes, la quantité de carbone qui se combine à 32 parties d'oxygène pourrait varier de 12.0 à 11.8 et fournirait des composés semblables dans leurs propriétés chimiques mais non identiques. De même Schützenberger admet, pour les éléments, des variations en decà ou au delà d’un point de stabilité maximum que les éléments atteignent d'ailleurs le plus souvent. D’après lui, ces résultats » conduisent directement à conclure que la loi des proportions définies n'est pas rigoureuse, à moins qu'on ne veuille admettre, dans chaque cas particulier, l'existence de composés plus oxygénés, ou moins Oxygénés, que ceux connus jusqu'à présent, et qui se trouvent mélangés avec le produit principal de la réaction (!). »
Cette explication des faits que Schützenberger, Boutlerow et Cooke repoussent cependant, se rapproche de celle que nous sommes porté à admettre. Nous croyons pourtant que les
(*) Voir pour les articles de Schützenberger et de Boutlerow, le Bulletin de la Société chimique de Paris, 1883, XXXIX, 257- 263, le Journal de la Société chimique russe, 1882, pp. 208-212 et le Journ. Chem. Soc. London, XLII, 922 (en extrait).
oxydes renfermant une proportion d'oxygène plus ou. moins grande que d'ordinaire ne sont pas nécessairement des mélanges, mais (à quelques exceptions près) des oxydes définis intermédiaires, constituant les termes de grandes séries homologues.
$ 107. Schützenberger repousse l'idée d’après laquelle ces variations de composition seraient dues à la présence de composés plus ou moins oxygénés pour le motif évident que la chose est inadmissible quand on a affaire à des corps gazeux, comme l’anhydride carbonique et la vapeur d’eau. Selon lui, la proportion d'hydrogène à l'oxygène (H : O) varierait de 1,00 : 7,95 à 1,00: 8,15, en poids, dans l'eau obtenue en réduisant l’oxyde de cuivre par l'hydrogène au rouge : la proportion correspondant exactement au rapport volumétrique 2 : 1, étant très approximativement 1,00 : 7,98. L'eau renfermant,de cette facon, un excès d'oxygène, aurait, d'après Schützenberger, bien qu’elle soit neutre, un pouvoir oxydant ; le même fait s’observerait à l’aide de l’anhydride carbonique renfermant un excès d'oxygène.
$ 108. Cooke était déjà arrivé, en 1860, à une conclusion semblable à celle de Schützenberger et de Boutlerow, savoir que la loi
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Supplément, 165
des proportions définies n'est pas aussi rigoureuse qu'on l'a toujours supposé et que les nombres proportionnels des éléments peuvent varier entre certaines limites.
En discutant, en 1883, les vues de Schützenberger et de Boutlerow, Cooke fait remarquer que » des opinions semblables sont certainement révolutionnaires et, dans le cas où elles prévaudraient, les bases de la philosophie chimique devraient étre renversées. On ne peut plus regarder la combinaison chimique comme une juxtaposition des particules définies et invariables que nous nommons atomes, mais on doit la considérer comme la saturation réciproque ou l'nterpénétration de masses qui peuvent varier suivant la force des énergies chimiques qu'elles possèdent à un moment donné. Cette manière de concevoir les choses est incompatible avec l'hypothèse atomique ainsi qu'avec tout ce que la chimie moderne en a déduit. » Cooke ajoute que tout en regardant cette hypothèse comme » la seule base sur laquelle on puisse élever aujourd'hui une philosophie intelligible » de la chimie, il est pourtant » plus porté à se rallier à l’idée que toutes les différences observées dans les corps se rapportent à des causes dynamiques, et que l'hypothèse atomique n’est qu’un
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expédient provisoire pour présenter à l'esprit les faits de la chimie (!). »
$ 109. Nous l'avons déjà dit, nous ne partageons pas la manière de voir de Cooke, de Schützenberger et de B itlerow; pour nous, les faits que l'on a regardés comme des exceptions à la loi des proportions définies sont au contraire une manifestation de cette loi sous une forme plus complète. Dans l’état actuel de nos connaissances, nous considérons les lois des poids et des volumes, en chimie, comme des lois exactes el invariables. Pour nous qui, depuis 1853, avons combattu l'hypothèse atomique comme contraire à une saine "hilosophie, tout en nous efforçant d’édifier un nouveau système chimique sur des bases dynamiques, nous avons vu avec plaisir le Professeur Cooke, jadis l’un des défenseurs les plus habiles de cette célèbre hypothèse, conduit à la considérer aujourd’hui comme » un expédient provisoire (18).
$ 110. Il s’agit maintenant de savoir si l’on peut admettre l’existence à l’état de gaz, c'est-
(*) American Journal of Science, (1883) XXVI, 310, 316.
M. Cooke s'exprime textuellement comme il suit : « Draw to that view of nature which refers all differences between substances to dynamical causes and which regards the atomic theory as only a temporal expedient for representing the facts of chemistry to the mind, »
tions traire forme cONids et actes avons itraire orçant ur des plaisir nseurs thèse, eu un
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Supplément, 167
à-dire de vapeur aqueuse, d'une espèce ayant la composition trouvée par Schützenberger pour l'eau avec un excès d'oxygène ($ 107). Par analogie avec les oxydes dont il a été question, nous ne pouvons supposer l'existence d’autres composés d'oxygène et d'hydrogène que les deux que l'on connaît aujourd'hui, de sorte qu’en dehors » du maximum de stabilité » réalisé par l’eau ordinaire, il pourrait exister par exemple un oxyde H1% O5 L O,
Nous pouvons supposer, de plus, qu'une combinaison semblable donne lieu à la formation d'une espèce condensée, mais encore gazeuse, dont le poids équivalent serait représenté par cette formule et qui correspondrait à la vapeur d'eau formée sous pression au-dessus de son point critique ; celle-ci étant une espèce condensée de cette nature et ayant les rapports de 100 : 50, comme nous chercherons à le démontrer plus loin, tandis que l'autre serait l'espèce plus oxygénée avec le rapport IOO : 51. Si, maintenant, ces deux espèces pouvaient subir une dissociation homogène semblable — comme cela a lieu dans le cas de la vapeur hexade de soufre ou la vapeur tetrade de fluorure d'hydrogène ou bien la vapeur diade d’iode - nous trouverions que le rapport 1,0 : 8,142
(c'est-à-dire bien près de ce que Schützenberger a obtenu) correspond à (H!9 Off) : 50, tandis que pour la vapeur d’eau ordinaire, le rapport volumétrique de l'hydrogène à l’oxygène est 2 :1,et le rapport pondéral 1,0 : 7,9816, c'està-dire correspondant à (H100 O50) : 50.
Ces chiffres choisis au hasard pouvant servir comme exemple, on remarquera que le poids équivalent de l'espèce hypothétique H19 O5! — 898,16 à laquelle on peut attribuer une existence éphémère avant sa dissociation, n’est pas de beaucoup plus élevé que les poids trouvés pour les vapeurs d’iodure d’étain et d’iodure d'aluminium Sn It = 534,1 et Al If — 813,2 et en tout cas beaucoup inférieur en densité aux vapeurs formées sous pression dont nous allons nous occuper ($$ 116-124).
$ 111. Le principe de la condensation et de la dilatation chimique est universel, c'est-à-dire que l’on ne peut assigner une limite, du moins en théorie, ni à la condensation ni à la dissociation, au moins tant que celle-ci n’a pas conduit à une matière primordiale. La dissociation homogène s’observe, comme on le sait, dans les corps simples aussi bien que dans les corps composés comme l'acide fluorhydrique, le peroxyde d'azote, l'acide acétique, la paraldéhyde et
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S'pplément. 169
l'essence de térébenthine. Dans les conditions qui ont pu être réalisées jusqu’à présent, l'hydrogène, le corps le plus léger, ne se modifie pas chimiquement sous l’action de la chaleur: en Outre, » si l'on prend pour unité le poids de deux portions de cet élément (H? — 2.0), le poids d'un volume égal de tout autre gaz, ou Vapeur, exprimera son poids équivalent ; c’est-àdire le poids d’un volume équivalent. Dans l’hypothèse atomique, ce poids exprime le poids moléculaire, les soi-disant Poids atomiques étant les poids de portions Correspondant à H'— 1.0.» $ 112.» Les espèces orCinaires ou normales de l'oxygène, du chlore, ainsi que du brome et de l’iode à l’état de Vapeur sont donc, comme le gaz hydrogène, doubles ou diades, tandis que l'ozone et la Vapeur de sélénium au-dessus de 800” sont triples ou triades et la vapeur de soufre sextuple ou hexade au-dessous de 550°, Toutefois, ces derniers se résolvent tous, à des températures élevées, en espèces doubles ou diades. Le poids quadruple du phosphore et de l’arsenic En Vapeur, subit une transformation semblable suivant Mensching et Victor Meyer, tandis que la vapeur de l’antimoine est double ou simple et celle de l’iode également simple aux environs de 1800". Ce même dédoublement est
partiellement atteint par le brome et le chlore à des températures élevées. On sait, d’autre part, que le mercure et le cadmiun, ne fournissent que des vapeurs simples (18). ” La dissociation homogène, sous l'influence de la chaleur, devient évidente, en outre, par les transformations subies par les corps composés dont il a été fait mention plus haut. » Ces espèces ayant à la fois des compositions centésimales identiques et des poids spécifiques différents, sont, pour nous, des grandeurs intégrales et, par conséquent, nous avons désigné leurs poids équivalents, plus ou moins élevés, comme des poids intégraux. Une espèce chimique se comporte comme un tout à l'égard des agents qui ne produisent pas sa dissociation, c’est-à-dire comme une chose intégrale. Elle se produit, dans le cas d'une association homogène dans les gaz ou les vapeurs, par la condensation èn un seul volume d’un nombre quelconque de volumes d'espèces moins denses. La désignation d'espèces polymères, affectée à ces espèces condensées, comporte l'idée d’une structure compliquée résultant d’additions successives et non pas d’une chose intégrale : c’est pour cette raison que nous désirons éviter l'emploi du mot polymère (18). »
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Supplément. 2
Le poids spécifique d'une espèce à l’état de gaz ou de vapeur, à la température et à la pression normales, varie proportionnellement à son poids équivalent. Comme ce poids n'est rien autre chose que le poids spécifique lui-même du gaz ou de la vapeur, quand H?= 2, on peut, en dehors de toute hypothèse, le désigner comme le poids intégral de l'espèce (19). »
S 113. Bien que la dissociation ne s'arrête, théoriquement, qu'à la production des espèces d'une très grande ténuité, et qu'on peut l'admettre comme plus complète, dans certains corps célestes, que sur la terre où elle se trouve bornée par les conditions actuelles de température et de pression, il se pose la question de savoir quelles sont ses limites dans les conditions que nous pouvons réaliser? N’étaient les faits observés pour le brome et le chlore à des températures élevées, on pourrait prendre leurs poids intégraux, ou celui-ci de l'hydrogène, comme marquant cette limite. Nous avons déjà insisté sur l’évicence de la dissociation dans le cas des espèces composées, Dans les cas ordinaires de combinaison d’espèces gazeuses différentes, par exemple dans celui de la combinaison de l'oxygène et de l'hydrogène, il se produit une condensation ;