CULTES
Attendu que l'homme, soit pai* un sentiment inné de reconnaissance envers le principe caché de la création universelle et de sa création en particulier, soit par un sentiment de surprise, d'admiration, de superstition, de crainte, provenant de son ignorance en face des mystères impénétrables de la nature, soit enfin par un besoin réèf de faire avec éclat, pompe et cérémonie, hommage de sa petitesse et de sa soumission k la puissance bienfaisante et inconnue qui donne k h fois la vie et la mort, le jour et la nuit, le froid et la chaleur, le calme
et la tempête,^ l'abondance et la famine, etc., etc., a, de temps immémorial, tant dans Tétat sauvage que dans Fétat de civilisation, élevé des autels en Thonneur du grand moteur des choses ;
Attendu que si les religions, quelles qu'elles soient, $ont entachées, comme tout ce qui sort de la main des ^ hjommes, même les plus sages, de défectuosités, de ridicules, de vices, et, par conséquent, de dangers; elles jpeuvent néanmoins, étant dépouillées par la loi civile de tout ce qu'elles renferment de superstitions, d'obscurantisme, de fourberie, de tracasserie pour les âmes, de ' fausses peurs et de fausses promesses, enfin de fatal et aveugle séïdisme, aider la législation civile k rendre l'homme meilleur, en dirigeant les affections de son cœur, en lui enseignant la charité et la fraternité, en arrêtant le dérèglement des mœurs que ne peut toujours atteindre la loi, en donnant enfin à sa conscience des
bases de vertus distinctes de celles qui consistent dans
la stricte observation du bien et du mal sociaux, c'estk-dire en substituant l'amour au devoir;
Attendu que, si les ministres des diverses religions de tous les temps et de tous les pays, après avoir ai4é k la civilisation, sous un certain rapport, lui ont beaucoup plus ||ui sous une infinité d'autres, il est urgent que la loi les place dans l'impossibilité d'exercer aucune vûr fluence funeste au sein d'une Nation organisée avecpru^^ dence et sagesse ;
Attendu, enfin, que les cérémonies religieuses, pourvu (^[u'elles ne contrarient en rien les lois, les mœurs et les idées sociales, peuvent être considérées comme des fêtes de corporatîQjas, des ^ectacles de morale et d'amusé*
ment célébrés en l'honneur de la diviniti^et pour Tédification des créatures :
ARTICLE PREMIER
Tous les cultes, sous Finspection des lois, sont auto^ rîsés et également protégés.
Il n'y a point d'école spéciale religieuse.
Tout élève, qui aura satisfait k Texamen subi à la sortie de FEcole Humanitaire de cbef-lieu de département ou de premier degré, pourra devenir ministre dans le culte de son choix, s*il donne d'ailleurs k la société toutes les . garanties de moralité, d'intelligence et de principes sociaux qu'elle est en droit d'exiger de lui, garanties qui seront indiquées par un règlement particulier.
Le candidat au ministère religieux doit, pour être accepté et obtenir son litre, présenter au ministre des jeux une pétition en sa faveur, signée par la majorité des correUgionnaires d'une commune, d'un chef-lieu de canton, d'un chef-Heu d'arrondissement, ou d'un cbeflieu de déparlement.
AftT. S.
Quoique mi§ sur le iriemc rang que les acteurs des spectacles, jeux et leies publics, le ministre des cultes ne reçoit, k part son droit d'existence, aucune rélribution» en sa qualité de min'slre.
La loi déterminera le nombre des ministres religieux, qui devra être le plus restreint possible, attendu qu*il est de l'intérêt de la société de n*avoir pas beaucoup de membres manquant d*une industrie productive.
Le ministre religieux peut être fonctionnaire de TEtat dans une spécialité quelconque, s'il a obtenu un brevet de capacité relatif k cette spécialité, à la sortie de Fécole humanitaire du chef-lieu de département.
Il est accordé un local particulier k cliaque culte pour l'exercice de ses cérémonies.
Tous les signes extérieurs de culte, ainsi que foites
les cârémonies en dehors du lieu qui leur est destiné, 80Bt prohibés.
Je voudrais que, par rapport à la justice, ou du moins k ce qu'on appelle aujourd'hui de ce nom, il fût aussi promulgué une loi conçue dans Tesprit de la suivante :