GARDES
• PILATB.
En ce moment teirible et solennel, . ,
Aux sentiments loyaux chacun doit faire appel. 11 s'agit de juger, moins l'accusé lui-même Que son dogme nouveau, son étonnant système.
Vous n*avez pu, Srigneurs, sans un vif intérêt, « Ecouter jusqu'au bout Jésus de. Nazareth* Cet homme est juste au fond* Moi, je crois ses doctrines. Quoique pouvant peut-être entraîner des ruines,
Celles d'un noble cœur, d'an héros généreux, Qai, voulant, à tout prix, sauver des naliieuresx, Ne se laisse enlratner à nous faire la guerre. Qu'avec l'espoir, un jour, d'affranchir celte terre. ; Son but, aux yeux de tous, doit paraître înnocenL J'estime, je l'avoue, un pareil dévouaient.
Malgré mol, j'ai senti, quand sa voix séduisante Des maux humains traçait la peinture vivante. Quelques pleurs, en secret, venir mouiller mes yeux. Je le confesse donc, à la face dts cieux^ Je ne peux contre lui, même alors qu'il menace, Me prononcer. Soigneurs. J'admire son audace. J'aime ses sentiments, sa foi, sa charité, £t vote, malgré tout, sa mise en liberté.
CAIPHB, à Pilaie.
Seigneur, je ne veux pas d'une âme généreuse, Assurément, changer la pente dangereuse ; Je saurai respecter, en un pareil moment, De votre cœur séduit le pieux sentiment :
J'oserai, toutefois, sans peur de vous déplaire, Vous rappeler qu'ici la pitié doit §e taire.
Et que Jésus, ainsi que lui-même il le dit.
Ne peut être, à vos y'^ux, un vulgaire bandit. Cet homme avec les grands vient d'entamer la lutte : D'eux ou de lui voyez qui vous voulez qui chute!
{A loul le tribunat.) Son procès est, Seigneurs, votre propre procès. Votre perte, à coup sûr, dépend de son succès. Aujourd'hui, faire droit à ses belles maximes. Ce serait, contr» vous, encourager les crimes. Le peuple, qui l'attend, bientôt, avec fureur. Décernant le triomphe à son Ijbérateur, Et sur les grands qu'il hait déversant sa colère, , Plus que vous, à ion tour, se montrerait sévère. Il mettrait à proût un arrêt indulgent.
Gare au riche, s*il tombe aux mains de l'indigent! Alon avis est qu'il faut, dans cette affaire unique, Rendre, sans hésiter, un arrêt politique; Qu'il faut savoir, enfin, i>ravant l'iniquité, Conformer la justice à Ta nécessite.
àNANIAS.
• C'est aussi mon avis, en cette circonstance.
Du peuple à nous il faut maintenir la distance; Que serions-nous, Seigneurs, si cette égalité, Si cette horrible loi de la fraternité
VeMlM à «^bMir l'tergecnroin aux rtf&gee . i Qu*exeiTernent'iei«e^4iordf8 de tangages, - '': SHtpocrvtiîeift, qiiel(|acf joir, par leurs eommimd 6f orts, Dab» Iimël »n fev mT€mr les plus forts?
Extirpons-, eroyee-ttoi, le mal à sa racine!
Imnmlons, il te f«o1, le chef de la docHrine ! Assurons notre bien, celui de nos enfants !
Eh! 1-esclavo s'instruit déjà trop par les ans! Je -frémis en voyant les pas qu'il a su faire, Sous le poids de seis fers, sans nul auxiliaire. Pour moi, qui ne veux point voir chavirer le sort, Je condamne Jésus...
PILATE, d'un air de commisération et de reproche.
AnaniaB!
ANANIÀS.
A mort ! .
ÇAipns.
Ce3l bierj. Mais, pour qu'au peuple Mie soit profitable, Cc!le mort, à seS yeux, doit être épouvantable. ■
PILATB.
Galfrfae!
tODS LES JUGES.
Oui.
... CAIPOÊ.
Voilà, du moins, ce que je crois ! ^ Seigneurs, qu'en pensez-vous ?