‹ Un système d'organisation socialeChapitre 72 sur 75 · ACTE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

ACTE CINQUIÈME

Le tMâtre représente nntérieur d'une prison.

tcàws vjuixiàas.

^ JÉSUS, LES APOTRES. i

NERts {tandis que Jésus^ qui a subi la flagellation , gît étendu sur la paille, au fond de son cachot, dans un état de prostra^ tion douloureuse, entouré des autres apôtresJ)

Eh quoi ! sans balancer, dans lenr aveiigle rage, Des humains ils ont pu condamner le plus sage ! Lâches Pharisiens! pour tout raisonnement, Quand vous ne savez pas répondre à rargumeot, Vous tuez donc? C'est là votre seule logique ? Vous chargez le bourreau du soin de la réplique. Quel atroce moyen de sortir d'embarras!

Mais, ici, vous compte2 à tort sur le' trépas. Vous espérez en vain, par Teffet du grand drame Que vient de préparer une sentence infâme, Uasseoir votre crédit dans Israël troublé :

Avec nous, Hauts Seigneurs^ vous n'avez pas réglé. Votre mattre suprême à tous tant que v<lhs êtes, Ce peuple, dont le glaive est levé sur vos têtes. Saura du Sanhédrin casser le jugement.

{Aux apolreSt vers lesquels il s'avance.)

Amis, il ne faut pas négliger un moment.

Courez dans Samarie ! Avertissez nos frères !

Que du peuple, assemblé par leurs voix messagères^

l[^ arment, au plus tôt, les éléments divers!

Notre tour est venu de frapper les pervers.

Malheur aux grands ! Allez ! Volez ! car le temps presse*

JÉSUS {qui s* est éveillé à la parole véhémente de Pierre),

Non. Demeurez, amis! croyez-en ma sagesse !

Jésus doit succomber, seul, victime aujourd'hui. Le peuple, en sinsurgeant, aurait tout contre lui. . Trop de précautions sans doute ont été prises. Les grands ont dû prévoir jusqu'aux moindres surprises.

es

Ce serait vainement vouloir Jte.Bter le sort ;

Ce serait amener/DOsA-èreSTà la mort.

De grâce, abandonnez ce projet téméraire.!

'Ët>argrtfs (d ^t pur) fe sang du prolèfafrèl ' '' l

W faut le réserver pour un instant meilleur.

Mon amour vous tronpait par son exeès^d'ardeur*

Non, rbeure de changer leur triste destinée.

Pour les humains, encore, hélas! n^est pas sonnée.

L'ignorance a laissé trop d^ force aux (yrans :

Leur chute exigera peut-être bien des ans.

Souveiieiî-V^us qu'il faut, quand on saisit Tépée,

Qu'au feu de !a science elle ait été trempée;

Qu'un tiiomphe n'est rien si, plus tard, le vainqueur

N'a, pour se maintenir, que fa force et le cœur!

Au lieu de Tentralner dans une guerre folie.

Au peuple encore enfant expliquez ma parole ! Enseignez4ai, surtout, dans votre apostolat.

L'art de demeurer libre au sortir du combat!

Ne bqrnex pa^ vos scyns à cet angle de terre.! Le mondél'ehtier gémit en prbîe à la misère.

Répandéx en tQut lieu ma loi de çh|irité !. . Conviez cteé iâoi^tels à fo friEtéyhité f Quoique simple» t^lrébr^, ai nik fd tous ànimë,- ' You»(HiisèrfiténeUeftfti<^'VdrtusilillfÀe;: " ^^ "' Et votre voix, un jour, sauvera l'univers. - - ' - Les peuples éclairés sauront briser leurs fers. Des climats et des mœurs Dràvez la différence ! Prêchez, la. vérité, youj» ^urez Téloquenoer.

Pour moi, je vous' le dis, é frères bieu-aimés, Ici, tout est ini; les temps sont -consommés. Peut-être, en propageant ma doctrine nouvelle, Serez-votisappeléK à mo«frlr tons pour elle : Je dois l'exempte. Ainsi, 'tnodérez vos transports, Amis !«àe tentez pas d'inutiles efforts !

Sachez exécuter ma volonté dernière, Oo, plutôt, d'un mourant exaucer la prière!

Laissez^ laissez mon sort sans trouble s'accomplir !

Pierre, si maintenant vous dé>irez sortir.

Vous le pouvez II faut, avant que Jésus meure. Que, pour se recueillir, il reste seul une heure.

PJSSilB, qui W abandonne pas Vidée d^insurreeUon, aux apô' très, aus[quels il fail un signe dHntçlligence.

Eh bien ! frères, venez ! Quittons ce triste lieu ! Bientôt, nous reviencTrons au mattre dire adien.

JÉSUS, MÂepÇLËlN)^ fniratU par titu f^itiêHcrkie.

Seigneur! «- • . • -•

JÉSUS

Qu*f nlends-j[e?.M O.ciieill QQpîfc'Q3t yioas, Vagd^leioe? Quel élraifge motif prè$ de moi vou9 f mène ? ' Cooimeqti&v.ez-vous pu pénétrer JMsqu'ici?

Coaimeut,.SL'iAle, avez^vOtis même Qâ6»««? ./ '

■■■ -Levottil ■■ ■'

.;■:■■.; i ■:.■: '((4 j^Arl;}- ' :

Ne. puis -je, en ce m^^dt^la&ssAr pjyifeftiaiiiiimè? '

Ecoulez moi, Jésus! 1^ iv^^^iB.q^'a^liimm,^ .:^,.; Un étre.fàible^kélagl pn jQuel.4viiDmppiirir • < , ?» Mais, quelle qu^^Ut si^itti^JOegHIie p^rfts «n W»r*: '' /e viens... v.-.- ..x^ ;■:.•; .••.,••■]

"■•■ •". '^iÊSti;- '*'■■' ■ •' ■ ■^';:

Pour quel desseiiiy et par qael Arlifi^ ?

•'. MyilsfrMLmii - ^

Je viens vous.ffrrj|cher au

• Tout m'est(pouniis idi jusqVau^denrier soldat.

La garde entière est ivne,^t dort sur son grai)aft» 7 C'est IXTet médité d'une adroite largesse.

Le chef seul est debout ;.mi^is« par une aaire ivresse' Que mes regards ont eu le soia d'entretenir.

Emporté, prétendant ou me«laire ou mourir, . Dans riudomptable ardeur d nne vaine poursuite. Fasciné, plein d'^tspoir, il permet votre fuite. Bien phi.'i, il veut lui-même, et par des chemins sûrs, ATinstanl, vous conduire au-delà de nos murs. Venez, maître ! suivez les pas de Magdeleine !... "' ^..^ Mais, qiie vois je? douleur ! vous m*écoutez à peine.

>:■''' Voulez-vous doue subir rhorrible jugement?..

J'ÉSUS.

Oui, Marie ; il le faut. Ce noble dévoùment, Qui ne me surprend pas de la part d'une femme.

.■-=.■■■■, «AGIULnpiI. '^< .■

Le sort eH^stjeléi Magdeleinei. Ce soir, - ' ' -'t' '^ Jésus doit, déposant r^îB^dofyf^e'monëltev •- Du bonheur aoi^komains ouvrir l'ère éternelle. Vos pleurs, ^ me4ouç|ig9^ne sau^j^ent m'^J^nlctrf Je (lois mQivJr^lSt ;youf , sachez. vous coa$a|^r,I!! .

■AGIliL^ilfB» • ■.■■'.. .M . a ;■'.■'

Me consoler? ()t .qui. dans ma douleur an^ère,

Pourrait me tonsofrèr; sff \oiiâ (j[u{tté]^ Ik iètfe ^ * '

,,,v. ;/. JÉSUS.

Le temps.

MAGDELEIHÊ.

Oh! non, jamais. Il est telle douleur Dont le temps ne saurait comb|er là profondeur : Vous n'avez pas conna le eoeiur 3e Magdeleine.

Je le devine. trop à eetle vive peine.

Mais , à quoi peul servir un semblabler diseears ? N'allons-nous pa^ bientôt^ nous quitter poor looiours ?■ Rejetons loin de nous tonte vaine pensée 1 ' Hélas ! nran agonie est déjà conimencée.

Ne troublez plus la paix de mes derniers moment» ! Femme, n ajoutez pas les regrets aux tourments f Retirez-vous!

HAGDBLEmE.

Jésus, un seul mot!

\. JÉSUS

Marie, Njsle^ prononcez pas! sortez! je vous en prie*

MAGDILEmK.

Eh bien ! je sors et garde un silène^ discret ; ^ ' Hais, puisque vous avez deviné mon secret

Puisque, poaraffraiicblr rfaoïiimt de m midère» CoD6ervant jusqu'au bout votre sagesse austère^ Au bonheur d*ici-bas tous préfères la mort, Ne soyei point surpris qu'embrassant votre sort, Magdeleine, à son tour, sous un autre, martyre, Quand vous eiffirt rn, dé sa douleur expire !

JÉSUS, <l j^rf.

femmes, contre vous qui pourrait'blasphèmer ? Si vous avez des torts^ vous saves tant aimer ]

AQez, Marie l allez ! si vous fûtes coupable, Moins que l'hofnme, pour vous. Dieu sera redoutable. Dieu lit au fond des cœurs ; son œil sait tout y voir. Adieu ! Relevez-vous> Hagoeleine !

magdeieihb^ qui ê'était pnuteméewMs fUài diJéiUê^ se relevant*

Au revoir!

ti • ■ .

BohxM ni.

j^etiU*.

ifistia

Me voici donc enfin à cette heure suprême Où je puis, des martyrs ceignant le <Uad4mje, i' ■ Me rendre, par la mort, à jamais immortel, - Et, du bois d'un gibet, me construire un autel! Car, périr, pour sauver l'homme de-l'esclavage^ A rhomme paraîtra plus que l'œuvre d'un ^age. Et le Iftche égbïsme, au bniii de mon trépas, Sans me diviniser, ne me comprendrait pas.

Eh bien ! oui, sur la croix j'achèverai mon rôle ; De sa main le bourreau scellera ma parole; L'Instrument du supplice aux brigands consacré Deviendra de ma foi le symbole sacré ; Mon sang effacera le soupçon d'imposture ; Et, jusqu'au dernier fils de la race future, Chacun cira : c Bravant et les dieux cl les roÎ9, » La vérité put seule expirer sur la cioix ! » C'en est fait. Mon triomphe exige que je meure. Au prix de l'avenir, (ju'e>t le tourment d'une heure ? Serines, Pharisiens, je bénis votre arrêt.

Envoyez vos licteurs! L*bolocauste e«t tout prêt. .

Ainsi donc, enivrés d'une gloire inseneée.

Tyrans, tous voos croyez plus forls que la pensée ! La vertu, le savoir, la probité, l'honneur Paraissent, à vos yeux, des titres sans ^eur. La vérité vous semble une pauvre irapprtun^ . .'.; Qu^en passant doit broyer le char de la Fortune,-: Une fuile, qu'au bas d'un infâme écriteau, Vous pouvez, s'il vous platt, clouer sur Mn poteau!

Ainsi, vous prélendez, Satrape^ de la terre, Ne voir jamais briser voire sceptre de verre! . Vous croyez que le sort, quand il m^t en vos maina Le soin de commander au reste des humains, Vous donne le bonheur, anx peuples la souffrance^ • Et veut perpétuer cette injuste puissance !

Vous croyez, à jamais, résumer les Étais!

Vous croyez qu'abrités derrière vos soldats,- Absorbant les sueurs de la foule ignorante, Répondaiit, par le glaive, à sa voix suppliante. Vous devez savourer une éternelle paix, £t dormir, bien repus, au fond de vos palais! Conslammeirt étourdis par l'éclat de vos fêtes, Vous n'entendez donc pas le bruit sourd des tempêtes ? Eh bien! restez couchés sur votre gouvernail ! Ma doctrine a déjà commencé son travail.

Poussez, jusques au bout, votre orgueilleux délire! De la pensée, un jour, vous connaîtrez Tempire : Voos saurez, mais trop tard, que le fer du licteur Immortalise l'œuvre en immolant l'auteur.

Déjà mon œil, sondant la profondeur des âges, De l'histoire à venir lisant les grandes pages, Voit, au pied d'une croix, l'univers à genoux, Offrant l'encens au Juif qui tombe sous vos coups.

Oui, tyrans, dès ce jour, s'ouvre une ère nouvelle! De l'olympe païen l'édifice -chancelle.

Honteux d'avoir vieilli d^ns la captivité, Le genre humain se lève au cri de liberté :

Il marche} et, protégé par mon secret génie^ Broyant, à chaque pas, Tantique tyrannie.

Arrive, enfin, au port où chacun désormais Aura sa juste part de travail et de paix.

Oh ! quel joyeux aspect présentera la terre ! Qui sait si, de la mort subissant le mystère, Une fois descendu dans la nuit du tombeau, Je pourrai contempler un spectacle si beau?

{Il lombe à genauœ,)

toi, que mon esprit cherche en vain à connaître. Que, sans voir nulle part, en tout je -vois paraître ; Qui, depuis le ciron jusqu'à l'être pensant,, Et de l'atome obscur à l'astre éblouissant,

Sans jamais iàt^ftoer in sèieno» ^fenidle, Produte et refirMuîs ta merveiHeitse édi^He^ Mystérieux pouVOir/priiieipe dande^tiii,

Sue les homméîr tànuyt ont appelé destin, t taotét, dhîsalit les grandeurs infinies Qui doivent en toft sein se trouver réunies^ Ont^ dans le vâiii è^ir de te traduire mieiiXy Osé diMoiiiposer éfn un essaim de dieux, Uniqne et grand moteur de la nature entière.

Seul légitime chef d*un État sans frontière, Eternel, qui m'emtends, une dernière fois.

Dans ce cœur agité fais descendre ta voix !

Au mement &»*. gravir le chemin du Calvaire, Prêt à m'envelopper dans le sanglant suaire, Que je sache, dû' doute écartant le bandeau, Si l'être humain descend tout entier au tombeau !..»

{Il ê^ relève)^ Mais, tu ne réponds point. Ce secret fo|inidabk . A mes yeux.de mortel demeure impén^^g^lei Il faut, pour l'éclaircir, Tépreuve du tr^^. . N'importe ! je pressens ce que je ne sai^ pas» En moi je reconnais .une sublime essence.

D'un instinct immortel, oui, j'ai la conscience* Eh! qui sait, après^tout, si le. génie humain Au génie ^rnel ne donne point la main ?

Qui sait„dans l'univers, où tout semble problème^ Si la divinité se conuait elle -même?

soiars iT.

JÉSUS> HËRODE.

HÉEODB.

Jésus, permettez qu'un prince malheureux Vous vienne visiter en cet in^rtant affreux ! L'espoir, peut-être vain, de conjurer l'orage, (Car je le âais 1er parti qu'a pris votre courage) Et, surtout, le-besoin de me (aireà vos yeux Innocent d*un arrêt à jamais odieux.

M'ont engagé^ Seigteur, près de vous à me rendre. Quand le cobui; m'a guidé, daigaerez-vousm'entendre?

JÉSUS

le vous écoute, Hérode. Un tro^ nobte motif Conduit le'procODSul dans le cacbot du laif,

Poor ^ae, maliçré le prix 4^ sob iieure dernière, Le Jaif ne sache pas entendre une prière.

Hàtei-Toos seM&eâentl Car aM» ÎKUals sont co«rt«.

BÈaOM.

Il ne lient plus qo'à voua d*eii prolonger le eows.

Tous le savez, Jésus : par une loi fort sage. Ou, plot^^t^ par ua vieil et généreux usage, Le pouvoir ]|!ii préside au destin. 4' Isn^ël, A son choix, tons les ans, relicbe un criminel. C'est un droit consacré. L'implacable justice Ne saurait se soustraire à ce grand sacrifice. Je parle ainsi; Seigneur, car te juge, 4 regret, Yoit, une fois rendu, détruire son arrêt : ""

Il semble que son cœur^ rigoureux avec joie, Souffre quand le p^a-doa lui dérobe une proie.

Aujourd'hui, je puis donc invoquer envers vqus Cet usage, à coiip sûr, le plua aimé de tous; Et mon choix me parait d'auUnt plus légitime Qu en vous je crois sauver une sainte viptime. Car, sachez -le, Jésus ! vous êtes à mes yeux, Non point un scélérat qui hait jusc^ues aux dieux. Un insensé qui veut, épris dHia» cbimère, Bans un affreux chaos précipiter la terre, Ainsi que le proelanie« en. sa^ duplidié, .• Un parti qui rugit au mot : Fraternité ; Mais un héros' voulant, .mèm€t au prix de sa vie, Arracher Thomme esclave à son ignominie, Un sage à qui le câei, lia detAotre malheur.

Donna, pour le guérir, la pensée et le coeur. Oui, dès qu'en assistant à vos ieçons divines, Je parvins à saisir l'esprit de vos doctrines, Sèigiiirii , je voue l'avoue, entraîné malgré moi, En dépit de mon rang , j'embrassai votre foi ; i% devins votre adepte; et j'ai, depuis, sans cesse, Partout, de ces leçons médite la sagesse. . .

Déjà même, fuyant les mondaines grandeurs, Envieux d'acquénr de plus nobles splendeurs.

J'aurais de proconsul abdiqué le vain fêle, J'aurais publiquement embrassé votre école.

Si l'espoir d'arrêter, par mou autorité.

Ces grands que l'intérêt pousse à l'iniquité, Ou, du moins, de ravie; tb épargiant un juste^ Au fer de la Justice une victime auguste, Ne m'avait retenu dans mon poste odieux.

* J'ai voulu^ le quittant, qu'un acte glorieux» Apprenant ià César ma désobéissance, En Egypte, aojourdl^ui, clêiuràt ma puissance.

Acceptez-vous; Seigneof, l'offre 'que je vous faii?

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