‹ Un tour dans les prairies à l'ouest des États-Unis [microforme]Chapitre 8 sur 44 · scène, pluous venions S; et même e notre feu · texte numérisé non relu

scène, pluous venions S; et même e notre feu

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Selon l'interprétation que nous en donna Beatte, ce chant se rapportait à nous, à notre apparition, au bon traitement que nous leur avions fait, et à ce qu'ils savaient de nos projets. Ils n’oublièrent pas non plus de chanter les louanges du jeune comte, qui les avait charmés par son caractère vif et son amour pour les aventures périlleuses.

Ce mode d'improvisation est commun à toutes les tribus sauvages. C’est ainsi qu’avec un petit nombre d'inflexions de la voix ils chantent leurs exploits à la guerre et à la chasse, et s’abandonnent parfois à une verve comique ou satirique plus commune chez eux qu’on ne l’imagine généralement.

Le fait est que les Indiens avec lesquels j'ai eu occasion de vivre sont tout différents de ceux que les poëtes nous représentent comme des hommes stoïques, taciturnes, inflexibles, sans sourire et sans larmes. On ne peut nier qu'ils soient taciturnes avec les blancs dont ils se défient et dont ils ignorent le langage ; mais quel est le blanc qui dans les mêmes circonstances ne pourra être accusé du même défaut? Les Indiens entre eux savent causer comme nous; leurs aventures à la chasse et à la guerre leur fournissent une matière suffisante de conversation. En outre ils sont d'excellents mimes, et se divertissent fort souvent aux dépens des blancs auxquels

ils ont eu affaire , et qu’ils croient avoir persuadés de leur profond respect pour notre supériorité.

Ils observent tout avec curiosité et en silence ; rien re leur échappe, et quand quelque ehose les a

particulièrement frappés, ils se contcatent d’échanger un regard ou un son inarticulé, réservant leurs commentaires pour le moment où ils seront seuls. C’est alors qu’ils donnent un libre cours à leur humeur critique , bouffonne et toujours joyeuse.

Dans le cours de mon voyage le long des frontières, j'ai eu plus d’une occasion de remarquer avec quelle facilité ils s’animaient quand ils causaient entre eux. Souvent il m'est arrivé de voir une troupe d’Osages rester assis autour d’un feu jusqu’à une heure très-avancée de la nuit, engagés dans une conversation vive et enjouée, et faisant à chaque instant retentir les bois de leurs éclats de rire.

Quant aux larmes, ils en ont en abondance, qu’elles soient ou réelles ou affectées : car bien souvent ils s’en font un mérite. Personne ne pleure plus amèrement la perte d’un parent ou d’un ami; ils ont mème des époques fixes où ils se réunissent pour se lamenter et hurler sur la tombe des défunts. Souvent au point du jour et dans le voisinage des villages indiens j’ai entendu des pleurs et des gémissements douloureux ; ils provenaient de quelquesuns de ces sauvages qui sortaient à cette heure pour aller dans les champs pleurer leurs morts, tandis que les larmes coulaient par torrents sur lerrs joues. D'où il m'est permis de conclure que l'indien tel que nous le représentent les poëtes, est, comme le berger des églogues, un être fictif, une simple personnification d’attributs imaginaires.

Le chant nasal de nos hôtes cessa insonsiblement ;

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ils se couvrirent la tête et s'endormirent profondément. Bientôt après, tout fut silencieux autour de nous, et l’on n’entendit plus que je bruit des gouttes de pluie qui tombaient sur nctre tente.

Le iendemain matin, nos trois visiteurs indiens déjeunérent avec nous; maïs on ne trouva point le jeune Osage qui devait servir d’écuyer au comte dans sa campagne de chevalier errant sur les prairies. Le cheval sauvage avait également disparu ; et après mille conjectures nous fûmes obligés de nous arrêter à l’idée que l’Indien avait pris congé de nous à la manière du j*:s, pendant la nuit. Nous apprimes par la suite qu’il avait été engagé à agir ainsi par les Osages avec lesquels nous nous étions rencontrés. Ils lui avaient représenté les dangers qu'offrait alors une expédition sur le territoire des Pawnees, où il pouvait tomber entre les mains de ces ennemis implacables de sa tribu, et, ce qui n’était pas moins à redouter, les mille contrariétés auxquelles l’exposeraient la conduite capricieuse et les procédés insolents des blancs.

Ces dernières raisons n'étaient pas sans fondement : car moi-même j'ai pu reconnaître combien les blancs étaient portés à traiter les Indiens comme on traite les brutes. D’ailleurs le jeune Osage avait été sur le point de juger par lui-même de la vérité des représentations de ses compatriotes, lorsqu’en vertu de la loi de Lynch il était menacé d’une flagellation cruelle pour le crime d’avoir retrouvé un cheval égaré, ;

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La disparition du jeune hozame fut généralement regrettée ; car il nous plaisait beaucoup par sa belle mine, son caractère franc et ouvert ét les grâces de ses manières. Mais personne ne ressentit aussi vivement sa perte que le comte, qui se voyait ainsi tout à coup privé de son écuyer. Mes regrets étaient moins intéressés : je fus fâché de la désertion de l’Osage par rapport à lui-même, Il n’aurait certainement pas eu à se plaindre de nous dans tout le cours de l'expédition ; nous l’aurions entouré de nos soins; et à en juger par la générosité du comte, il serait retourné dans sa iribu chargé de couvertures et de mille colifichets.

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