‹ Un tour dans les prairies à l'ouest des États-Unis [microforme]Chapitre 9 sur 44 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

Le camp des cavaliers explorateurs.

Le temps, qui avait été pluvieux pendant la nuit, s'étant enfin éclairci, nous nous mîimes en route à sept heures du matin, dans la ferme confiance d’arriver ce jour au camp des cavaliers chargés d’explorer le pays.

Nous n’av'ons pas encore fait quatre milles, que nous aperçûmes un grand arbre récemment tombé sous la hache, et dont le tronc renfermait encore quelques restes du miel sauvage qu’on en avait enlevé. Il était donc évident que nous n’étions plus loin

énéralement par sa belle es grâces de it aussi viveait ainsi tout vrets étaient désertion de ait certainetout le cours denos soins; ate, il serait rtures et de

rs.

dant la nuit, s en route à nfiance d’arargés d’ex-

milles , que ment tombé mait encore en avait enns plus loin

4 du camp. En effet, à deux milles plus loin, quelques

cavaliers de notre suite jetèrent tout à coup un grand eri, et nous montrèrent des chevaux qui paissaient sous des arbres.

Quelques pas nous conduisirent au sommet d’une chaîne de collines, d’où nous pûmes voir le camp. C'était une véritable scène de bandits à la Robin- Hood. Dans une belle forêt ouverte, traversée par un ruisseau rapide, se montraient des cabanes d’écorce et de branches, ainsi que des tentes formées avec des couvertures, qui avaient servi d’abri 5endant la dernière pluie ; car les troupes dont je parle ont coutume de camper en plein air, quand le temps le permet.

On voyait là des cavaliers vêtus de toutes sortes, aussi bizarres les unes que les autres. Ceux-ci faisaient la cuisine à de grands feux allumés au pied des arbres; ceux-là étendaient et apprêtaient des peaux de daim, tandis que d’autres s’exerçaient à tirer au but, ou étaient couchés nonchalamment sur l’herbe. D’un côté on voyait des pièces de venaison suspendues à des bror'es au-dessus de la braise ; d’un autre, le gibier récemment apporté par les chasseurs. Plus loin, des faisceaux de fusils étaient appuyés contre les arbres avec des selles, des brides, des poires à poudre, tandis que les chevaux broutaient çà et là en liberté parmi les buissons. :

Notre arrivée au camp fut saluée par de bruyantes acclamations. Les cavaliers se pressèrent autour de

me ge nn « 2e au

ee =

leurs camarades qui nous avaient escortés, pour leur demander des nouvelles du fort. Quant à nous, nous fûmes accueillis avec les manières simples et franches des chasseurs par le capitaine Bean, qui commandait le détachement. C'était un homme actif et vigoureux, d’environ quarante ans. Il avait passé la plus grande partie de sa vie sur les frontières, où, quand l’occasion s’en présentait, il prenait part aux guerres des Indiens, dont il connaissait parfaitement les mœurs et les habitudes. Son costume s’accordait très-bien avec le caractère de sa mission; il portait une veste de chasse en cuir, des guëêtres et un bonnet de fourrageur également en cuir.

Pendant que nous causions avec le capitaine, je vis s'approcher un chasseur vétéran dont l’extérieur me frappa. Il était d’une taille moyenne, mais d’une forte constitution ; sa tête, sur laquelle on ne voyait plus que quelques mèches de cheveux gris de fer, et ses beaux yeux noirs, où brillait encore le feu de la jeunesse, lui donnaient un aspect imposant. Son costume était semblable à celui du capitaine, quoique l'usure témoignât d’un plus long service. Il portait à ses côtés une poire à poudre et un couteau de chasse passé dans sa ce nture, et il tenait à la main un ancien et bon fusil, probablement aussi cher à son cœur que le meilleur de ses amis. Il demanda la permission d'aller chasser, et elle lui fut aussitôt accordée avec plaisir.

« C’est le vieux Ryan, dit le capitaine quand

:scortés, pour Quant à nous, res simples et ine Bean, qui t un homme e ans. Il avait sur les fronentait, il prent il connaisabitudes. Son > caractère de hasse en cuir, ur également

Capitaine, je nt l’extérieur le, mais d’une e on ne voyait x gris de fer, core le feu de mposant. Son pitaine, quoig service. Il et un couteau il tenait à la lement aussi ses amis. Il r, et elle lui

taine quand

| l'homme se fut éloigné. Il n’y a pas de meilleur

chasseur dans toute la compagnie. Il ne rentre jamais au camp les mains vides. »

FE" un instant nos chevaux de bât furent déchargs et abandonnés à eux-mèmes dans la prairie, ( dressa notre tente et on alluma le feu. Le capiiaine nous avait envoyé la moitié d’un daim ; Beatte y ajouta une couple de dindons sauvages qu'il venait d’abattre. Les broches furent chargées et notre marmite de campagne remplie de viande. Enfin, pour comble de luxe, un des cavaliers nous fit cadeau d’un grand bassin de miel délicieux qu’il avait re- Cueilli dans un arbre d’abeilles.

Notre petit Tony était en extase; retroussant ses manches jusqu’au coude, il se mit en devoir de déployer ses talents culinaires, dont il se vantait presque autant que de ses prouesses à la chasse et à la guerre.

Page 1