IV. i
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l'oreille, le front, et tout ce qu'il croit pouvoir lui donner des idées; mais lorsque la voiture s'arrête^ il n'a rien trouvé, et il se dit ;
« Ma foi!... les portiers penseront ce ï qu'ils voudront! pour épouser une riche » duchesse on doit se mettre au-dessus des » cancans. »
Il descend du fiacre, paie le cocher, donne la main à Marie , et frappe hardiment à la porte cochère. On ouvre. Bellepêche entre avec la jeune fille, en ayant soin de crier bien haut :
« Venez, ma nièce... ne quittez pas mon B bras , ma nièce... laissez votre oncle vous » conduire. »
Puis Bellepêche avance la tête contre la loge du portier en disant : « C'est moi, » monsieur Leveau... moi, qui ramène ma » nièce... elle arrive de la campagne... et » passera quelques jours chez moi. Venez , » ma nièce , montez chez votre oncle. »
Marie monte l'escalier en s'efforcant de retenir l'envie de rire que lui donne sa
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nouvelle qualité, tandis que le portier la regarde passer en se disant : « Tiens!... » M. Bellepêche a une nièce... c'est la pre- » mière fois qu'il en parle... elle a une ■ drôle de mise, sa nièce... je voudrais ben » savoir de quelle campagne elle arrive avec » un panier sous le bras... elle vient de ven- » dange apparemment. »
On arrive au troisième étage. Là , Bellepêche sonne en disant : « Marie, laissez- » moi parler, et surtout ne me démentez » pas. »
On ouvre. C'est une grande femme , maigre, sèche , dont le cou ressemble beaucoup à celui d'une autruche et les yeux à ceux d'une chouette; elle tient un flambeau à la main, et manque de le laisser tomber en apercevant la jeune et jolie fille qui est avec son maître.
Bellepêche fait passer Marie devant lui, en criant de toute sa force :
« Madame Grosbec, voilà ma nièce... qui » arrive de la campagne... et passera quel- » que temps chez moi... vous allez lui pré-
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» parer la chambre d'ami... où je n'ai ja- » mais personne... Ma nièce a été volée en » route... avec la diligence... c'est pourquoi » elle n'a pu mettre sur sa tête qu'un fichu... » mais demain matin nous ferons avertir une » couturière et une marchande de modes...
» — Oh! oui, c'est le plus pressé, » dit Marie, « car je n'oserais pas me présenter » comme cela chez ma protectrice... »
Bellepeche fait un signe à Marie pour qu'elle n'en dise pas davantage, et il la conduit dans son salon, où la jeune fille s'assied sur un sopha , jetant les yeux autour d'elle et se disant : « A la bonne heure , ici... » au moins cela ressemble à mon joli loge- » ment du boulevard. •
Cependant madame Grosbec avait suivi son maître, tenant toujours sa lumière à la main, et jetant de temps à autre sur Marie des regards qui n'avaient rien de bienveillant.
« Allez donc préparer la chambre pour » ma nièce, » dit Bellepèche en approchant sa bouche de l'oreille de sa gouvernante : celle-ci ne bouge pas.
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« Elle a le tympan un peu dur, » dit Bellepêche à Marie, > mais, du reste, c'est » une femme qui a d'excellentes qualités... » elle fait parfaitement le café à la crème. »
Le vieux garçon , voyant que la gouvernante ne s'empresse pas d'exécuter ses ordres , essaie de se faire comprendre par signes : il fait aller ses mains, ses bras, ses doigts , et lorsqu'il croit que madame Grosbec l'a parfaitement compris, celle-ci lui dit avec un grand sansf-froid :
« Qu'est-ce que cette demoiselle vient » donc faire ici?
» — Cela devient impatientant ! » s'écrie Bellepêche, « il faut que ce soir ses oreilles » soient bouchées plus hermétiquement » qu'à l'ordinaire; je n'ai plus qu'un moyen » pour me faire comprendre : c'est celui » que j'emploie toutes les fois que madame » Grosbec ne m'entend pas. »
Le moyen de Bellepêche consistait à prendre la gouvernante par le bras et à aller avec elle chercher ce qu'il désirait, ce qui obligeait le vieux garçon à se servir à peu