‹ Un tourlourouChapitre 50 sur 55 · IV · texte numérisé non relu

IV

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autrefois ont succédé les soins les plus aimables, les paroles les plus douces. Elle installe JMarle dans une jolie petite pièce qui communique avec la sienne.

« — Calmez-vous, reposez-vous, » dit madame Darmentière à Marie, « vous de- » vez avoir besoin de vous remettre, après » les événements de cette journée! Dans » quelques jours nous causerons de votre » position , nous aviserons aux moyens de » vous assurer un avenir, songez que vous » avez en moi une amie qui ne vous laissera » jamais sans appui. »

Marie remercie sa nouvelle protectrice ; et, restée seule, elle peut tout à son aise réfléchir à ce qui vient de lui arriver. Elle pleure d'abord, car elle vient de voir s'évanouir toutes ces illusions de grandeur, de fortune , dont elle se berçait depuis quelque temos; et il est bien permis à une jeune fille de regretter des biens après lesquels tant de gens courent toute leur vie; cependant le souvenir de d'Aubigny ramène l'espérance dans le cœur de Marie.

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« Le comte m'aime , » se dit- elle , « il » m'aime véritablement!... ce n'est pas ma » fortune qu'il désirait, ainsi cela doit lui » être égal que je sois ou non duchesse, » puisque je serai toujours sa petite Marie. » Pourtant, si lui aussi allait me repousser... • ne plus vouloir m'épouser... parce que Je » ne suis plus qu'une paysanne... qu'une or- » pheline... car je ne sais pas même ce que

» je suis oh! alors ce serait affreux!...

» mais non.... il tiendra ses promesses.... il » faut bien qu'il les tienne... car il me sem-

» ble ô mon Dieu ! je n'ose pas encore

» m'avouer cela ! »

Et Marie pleure de nouveau en cachant son visage dans ses mains, on dirait qu'elle craint que ses traits ne laissent lire la faute qu'elle a commise , et les suites que cette faute doit avoir.

Quelquefois Marie se rappelle les dernières paroles que Gaspard a prononcées eu la quittant: « Si tu veux t'en revenir au » pays , et c'est ce que tu as de mieux à faire , » je vais t'attendre jusqu'à quatre heures. »

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La jeune fille regarde une pendule; le temps que Gaspard lui a donné pour venir à son reiidez-vous n'est pas encore écoulé ; elle réfléchit... elle hésite... mais bientôt son amour pour d'Aubignv et le souvenir de sa position la décident à rester à Paris.

a Je ne puis plus retourner à Vétheuil, » se dit PJarie, « car si je deviens mère... tout » le monde y connaîtra ma honte !... et peut- » être qu'alors on me chassera aussi du » village!... oh! non!... je ne puis plus y re- » tourner à présent. Mais le comte m'aime, » il ne m'abandonnera pas... il tiendra ses » promesses... je serai sa femme... oh! oui, » dès qu'il me verra, je suis siire qu'il s^em- » pressera de me consoler. »

C'est ainsi que Marie se berçait encore d'espérances. Mais plusieurs jours s'écoulèrent, et d'Aubigny, qui devait avoir appris les événements arrivés chez madame de Stainville ne s'empressait pas de venir consoler la jeune fille. Il ne venait point chez madame Darmentière ; ou du moins il ne se présentait jamais au salon lorsque Marie y

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était. Celle-ci ne sortait plus, elle ne voulait plus quitter la demeure où elle avait trouvé un Ksile, elle se refusait à tous plaisirs, à toutes distractions; en vain pour lui faire oublier ses chagrins madame Darmentière voulait lui procurer quelques amusements; spectacles , promenades , Marie refusait tout; et chaque jour sa tristesse semblait augmenter.

« Ma chère enfant, » disait la belle veuve à celle qu'elle avait recueillie , « pourquoi » vous abandonner ainsi à la douleur?... » Vous perdez l'espoir d'un nom... d'un rang » dans le monde... mais à votre âge , est-ce » donc là ce qui fait le bonheur ?... D'ail- » leurs, je vous le répète, j'assurerai votre » sort... après avoir connu l'opulence, je ne » veux pas que vous puissiez jamais craindre » la misère. Vous êtes jolie... vous trouverez » facilement un mari... et nous tâcherons » de vous en choisir un qui puisse vous » rendre bien heureuse. «

Marie se contentait de baiser la main de madame Darmentière, mais elle n'osait pas

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