LE 3 NOVEMBRE
Enfin, la conférence interprovinciale qui avait été annoncée pour l’année 1925, mais remise jusqu’à cette année, fut annoncée par le gouvernement pour le 3 novembre.
Jusqu’à cette année, il n’y avait pas eu besoin absolu de cette conférence, mais elle devenait nécessaire cette année pour régler la question d’augmentation de subsides aux Provinces Maritimes, tel que recommandé par la commission Duncan. J’attendais cette conférence non pas avec anxiété mais avec plus d’intérêt qu’aucun autre Canadien. J’ai confiance dans notre Constitution, j’ai un respect sacré pour les Pères de la Confédération, oeuvre qui venait 'de recevoir l’expression de la plus grande vénération qu’une nation peut témoigner à l’univers, chacun de nos hommes les plus distingués du jour se faisant une gloire et un devoir impérieux d’exprimer son admiration pour l’oeuvre incomparable de nos Pères durant les fêtes du soixantenaire. C’est cette constitution qui a fait le bonheur et la prospérité du Canada, prospérité plus hâtive et plus rapide que celle 'de tout autre pays et de tout autre Dominion dans cette agglomération de nations soeurs 'de l’Empire britannique, ou de Commonwealth britannique, suivant ce que l’on voudra le nommer.
J’avais hâte d’entendre les premières déclarations de certains ministres provinciaux. J’aurais voulu me trouver à Ottawa pour entendre de leur bouche leurs premières déclarations. J’attendais avec impatience des nouvelles d’Ottawa. Aussi, ce fut pour moi non seulement un grand plaisir, mais un grand soulagement 'd’entendre cette belle et patriotique déclaration des premiers ministres des quatre premières provinces de la Confédération: “Pas de changements dans la constitution sans le consentement unanime de toutes les provinces.” De la part de l’hon. M. Taschereau, je n’en étais pas surpris. Il s’était déjà plus d’une fois prononcé 'dans ce sens même. Mais j’étais enchanté d’entendre les mêmes paroles de la part de l’hon. George II. Ferguson, premier ministre d’Ontario, et de l’hon. John B. M. Baxter, premier ministre du Nouveau-Brunswick, et de l’hon. Edgar Rhodes, premier ministre de la Nouvelle-Ecosse: “No change in the constitution without the unanimous consent of ail the Provinces.” A chacun d’eux, mes louanges les plus sincères. Leur déclaration assure le maintien de notre constitution, et le bonheur de la population canadienne pour le reste du vingtième siècle et pour bien longtemps après. Le vingtième siècle sera bien le siècle du Canada.
Quant à la question des subsides, cette question a été réglée en 1906, sous la sage direction de Sir Wilfrid Laurier, alors que pour la première fois, des subsides furent augmentés avec le consentement des neuf provinces du Dominion, même de celles qui n’étaient pas intéressées dans ce changement. Je verrai avec plaisir nos Provinces Maritimes obtenir pour l’avenir les subsides recommandés par la
commission Duncan et le parlement du Canada. La question a été unanimement remise à une commission royale pour toutes les provinces, vu que d'autres pourraient demander certaines augmentations aussi.