‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 21 sur 158 · LAURIER EST VICTORIEUX · texte numérisé non relu

LAURIER EST VICTORIEUX

Enfin, j’arrive à la maison vers les huit heures Gu soir pour trouver ma femme forte dans l’adversité aujourd’hui comme dans le passé. Sa faiblesse physique n’avait pas affecté sa lucidité ni sa

confiance dans l’avenir, et elle voyait toujours le succès se rapprocher d’un événement à l’autre.

Elle était bien chagrine de ma défaite, mais à part la perte de l’indemnité, j’aurais certainement une influence absolue sur les intérêts du comté, et le contrôle des affaires politiques et tout sera aussi bien pour les enfants. Alphonse continuera ses études au collège et en attendant nous pourrons toujours vivre. Nous devions nous soumettre et renouveler notre énergie pour continuer notre vie sous ce nouveau ciel qui nous paraissait déjà clair et serein.

Après quelques instants passés avec ma femme et les enfants, je vais rencontrer les amis au bureau du télégraphe et à la nouvelle de la victoire libérale l’enthousiasme fut à son comble. La prédiction de Mme Turgeon s’était réalisée ! Les amis me levaient dans leurs bras, et placé sur une table, je dus leur adresser quelques paroles d’encouragement et de remerciements. M. A^eniot et autres liberaux firent aussi de chaleureux discours et exprimèrent l’espoir de voir le comté de Gloucester libéré de la tyrannie toryenne et entrer dans la voie du progrès et de la prospérité.

“M. Turgeon sera à l’ouvrage dès demain, dit M. A^eniot, à la foule, et le comté de Gloucester sera traité non seulement avec justice mais avec générosité”.

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