‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 78 sur 158 · LES FETES A GRAND-PRE, AOUT · texte numérisé non relu

LES FETES A GRAND-PRE, AOUT

L’année 1921 restera mémorable dans les annales de l’histoire acadienne.

Le congrès de l’Assomption devait avoir lieu à Grand-Pré cette année-là.

Le fait seul d’appeler la population acadienne à cet endroit, théâtre de la trahison anglaise accompagnée de la dispersion de leurs ancêtres, entassés sur des navires comme des bestiaux, était suffisant pour réveiller le sentiment national et renouveler dans le coeur du peuple le souvenir de cette abominable persécution sans égale même chez les peuples barbares.

Le terrain où avait existé l’église de Grand-Pré et où la population de cet endroit avait été trompée d’une manière si inhumaine, venait d’être remis à l’Acadie grâce à la générosité de la grande compagnie du Pacifique-Canadien.

Les conditions de cette donation auraient pu paraître un peu lourdes à une si petite population qui forme aujourd’hui encore le peuple acadien et qui est en minorité dans sa province. Mais la géné rosité du peuple acadien est égale à toute autre et pour cette circonstance, elle sut faire les efforts nécessaires pour accomplir noblement sa part de ce marché tout à fait inattendu.

Le congrès s’engageait à déblayer le terrain de l’ancienne église de Grand-Pré et d’y faire élever un monument rappelant les événements de 1755. Or, le congrès avait résolu de faire construire une nouvelle église sur les ruines mêmes de l’ancienne dont les fondations venaient d’être découvertes sous une tourbe épaisse de trois ou quatre pieds. Le Pacifique-Canadien venait d’élever un monument à la noble Evangéline, dont la mémoire est encore toute vivante non seulement dans l’âme acadienne, mais dans l’âme de tout chrétien qui connaît l’histoire et possède des sentiments humains.

C’était une tâche herculéenne pour une si petite population qui ne compte pas encore de millionnaires. Mais, qu’il me suffise de dire qu’elle a été accomplie dans l’espace d’environ une année.

Le congrès avait donc convoqué le peuple acadien à Grand-Pré. Mais, comme il n’y avait aucun édifice capable de contenir une aussi grande foule, le lieu choisi pour la célébration fut le collège Sainte- Anne, dans la paroisse Sainte-Marie: La “Pointe de l’église”, située à une centaine de milles de Grand-Pré, où la foule devait se rendre pour quelques instants, en revenant du congrès.

C’est le Rév. Père A. D. Cormier qui fut choisi pour l’organisation de cette fête, ainsi que pour le transport de tous les enfants de l’Acadie venant de tous les coins du pays.

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