‹ Un Tribut à la race acadienneChapitre 80 sur 158 · OUVERTURE DU CONGRES · texte numérisé non relu

OUVERTURE DU CONGRES

A l’issue de la messe, l’hon Dr D. V. Landry ouvrit le congrès. Il était alors le Vice-Président de la Société de l’Assomption. L’ouver-

ture se fit par le chant de “l’Ave Maris Stella”. Le président était l’hon. Pascal Poirier, qui remplissait cette charge depuis plusieurs années. Mais comme le Sénateur souffrait à cette époque d’une grave maladie, ses médecins lui avaient défendu de voyager. Mais il avait adressé une copie de son discours à l’hon. Dr Landry, qui se fit un agréable devoir d’en donner lecture.

Le président exprimait ses regrets de ne pouvoir assister à ce congrès qu’il considérait comme le plus important depuis son établissement en 1881. Il remerciait les membres des divers comités pour les grands services rendus inlassablement à la race acadienne, services dus à leur travail et à leurs efforts. Il remerciait le Rév. Père Cormier d’avoir assumé la tâche ingrate et difficile du transport des congressistes, et d’en avoir assuré le succès.

Le président suggérait ensuite l’idée que ce congrès fût nommé le “Congrès de la Grande-Prée” le plus important au point de vue de l 'histoire.

“Les Acadiens, disait-il, reprennent symboliquement possession de l’Acadie. Après 166 ans d’exil, ils viennent à la Grande-Prée, d’où leurs aïeux furent déportés, élever un monument de concorde et de paix fraternelle, à côté d’un autre monument érigé par les descendants de ceux qui furent leurs proscripteurs. Ce geste est un geste de pardon.”

De plus, dans son discours, le Sénateur recommanda la tolérance à la minorité acadienne, tolérance courtoise, charitable qui n’exclut pas la fermeté quand elle est nécessaire.

“Divers pouvoirs, disait le Sénateur, sont attribués au Parlement fédéral, d’autres pouvoirs, comme ceux de matière scolaire, sont attribués aux Législatures Provinciales. Ici, au Nouveau-Brunswick, certaines pratiques pourraient nous être enlevées et tout serait à recommencer. Il faut remarquer aussi qu’il y a huit provinces contre une, celle de Québec. Vouloir opprimer serait, comme disait Talleyrand à Napoléon 1er, pire qu’un crime, ce serait une sottise. Soyons habiles et prudents, disait-il. Notre habileté réside dans notre bonne volonté pour tous nos frères et la tolérance pour tout le monde. Mais avant tout, soyons loyaux à Dieu et à l’Etat.

“Comme c’est peut-être la dernière fois, continue-t-il, que je parle à mes compatriotes réunis en congrès plénier, je leur laisse ces quelques sujets de méditation. Quels progrès n’avons-nous pas faits? Deux évêques acadiens : Mgr LeBlanc et Mgr Chiasson démontrent que nos efforts n’ont pas été inutiles. Nous avons avancé plus que nous n’osions l’espérer il y a quarante ans.”

Après la lecture du discours du président absent, il y eut la réunion des comités.

Le premier discours fut prononcé par Mgr Belliveau, de Grande- Digue.

L’éloquence de Mgr Belliveau est bien connue de tout le monde. Elle est vigoureuse et sentimentale. C’est un des orateurs les plus impressionnants, non-seulement de l’Acadie mais du Canada. Sa voix forte et sonore ajoute encore à l’éloquence de sa parole. Il possède l’histoire acadienne jusque dans ses moindres détails, et la mise en

relief de ses petites choses commande l’attention toute particulière de son auditoire, qu’il tient toujours sous le charme captivant de son éloquence.

Mgr M. F. Richard, le grand apôtre acadien, manquait. Il avait été enlevé en 1919, mais les deux évêques acadiens, Mgr LeBlanc et Mgr Chiasson, dont il avait obtenu la nomination en Cour de Rome, par son zèle et ses sacrifices, étaient là pour raviver sa mémoire.

L’hon. M. Veniot, alors ministre des Travaux Publics? fut ensuite appelé à prendre la parole. Il donna des chiffres imposants. Il nous révéla que de l’année 1901 à 1921, l’augmentation de la population anglaise au Nouveau-Brunswick avait été de 33 âmes, et, durant la même période, la population française avait augmenté de 22,000 âmes. C’est au point de vue de la population, de son accroissement, que la race acadienne doit révéler son patriotisme, son amour du sol natal et qu’il attire l’attention du pays.

Le Rév. Père Guertin, alors supérieur du collège Saint-Joseph de Memramcook, N.-B., fit ensuite un magnifique discours sur le progrès de l’éducation chez les Acadiens.

Les RR. PP. Braud et Mérel> Eudistes, adressèrent aussi la parole à l’assemblée.

Le juge Rivard, de Québec, était venu apporter aux Acadiens, ses frères, l’encouragement et la sympathie de la Société du Parler Français. Il parla d’une manière émouvante de la langue française et de l’amour que nous lui devons porter.

M. Vanier était venu aussi parler au nom de la Société Saint- Jean-Baptiste de Montréal.

M. l’abbé Arthur Robert, représentant de l’Université Laval, prononça un discours touchant: “Comment, dit-il, ne pas admirer un peuple — un peuple martyr — si fièrement fidèle à l’idéal supérieur que la race française a pour mission de maintenir sur cette terre d’Amérique.*’

A ce congrès, plusieurs rapports et résolutions furent adoptés, parmi lesquels un rapport sur le commerce et l’industrie par l’hon. M. Veniot.

La commission de l’histoire acadienne, dont M. Domitien T. Robichaud était secrétaire-rapporteur, recommande au Comité Exécutif de l’Assomption National l’achat et la publication immédiate du manuscrit de M. Placide Gaudet? sur les responsabilités de la déportation acadienne.

Puis tout le monde se rendit à Grand Pré. Seul, le terrain donné par la compagnie du Pacifique-Canadien, riche cependant de souvenirs historiques, mais dépourvu d’intérêt présentement, présentait son abandon aux yeux des spectateurs.

C’est là que les souscriptions furent commencées pour l’érection des monuments historiques.

Puis la foule prit tranquillement le chemin du retour au foyer, emportant chacun en son coeur le souvenir réconfortant de ces fêtes, nécessaires pour la vie d’une nation et aussi l’espérance de la survivance du peuple acadien dans l’avenir.

La tâche de l’érection de la chapelle à Grand-Pré, ainsi que d’autres améliorations nécessaires, furent laissées aux soins du Rév. Père A. D. Cormier, qui donna pendant plusieurs années la preuve d’un courage digne de toutes louanges et qui fut couronné d’un succès au delà de toute attente.

L 'année suivante, à la même date, il convoquait le congrès de l’Assomption à Grand-Pré. La messe fut célébrée par Mgr LeBlanc et le sermon prononcé par M. l’abbé Thomas Albert, alors curé de Grand Falls, N.-B. Malheureusement; ce prêtre distingué, historien acadien, orateur éminent, est mort il y a déjà une couple d’années. Son sermon fut certainement une pièce d’éloquence.

M. l’abbé Albert, curé à Shippigan pendant une dizaine d’années, avait su gagner le coeur de tous ses paroissiens, ainsi que cle tous ceux qui étaient venus en contact avec lui. J’aime à dire qu’il fut pour moi un ami précieux et sincère. C’est avec peine que je l’avais vu enlever à nos amis de Shippigan et c’est avec un réel chagrin que j ’appris sa mort à peine deux ans plus tard. Si sa mission sur cette terre a été courte, elle a été certainement bien remplie. Son histoire “Les Acadiens de Madawaska” lui survivra dans le souvenir des générations futures.

Mgr Stanislas Doucet, P. D., fit aussi un discours très intéressant. L’hon. Dr D. V. Landry, à titre de président du comité de la restauration du terrain de Grand-Pré, prononça lui aussi, selon son habitude, d’ailleurs, un éloquent discours. Il mentionna le désir des Acadiens de vivre en paix avec toutes les autres races, tout en conservant leur caractère ethnique, leurs traditions, leur foi et leur langue. L’hon. Dr Landry a certainement été l’un des orateurs acadiens le mieux goûté, un des meilleurs que les Législatures ont eu le privilège de posséder.

Le Rév. Père A. D. Cormier donna aussi, ce jour-là, un de ses meilleurs discours.

“ . Nous foulons aujourd’hui à nos pieds, dit-il, l’endroit

même où fut dressé autrefois l’odieux guet-apens de la dispersion par lequel nos lâches ennemis pensaient faire disparaître à jamaisà son berceau même, la petite nation acadienne. L’exil de nos peres n’était rien autre chose qu’un véritable martyr. Il fut comme le sang des martyrs des catacombes de la primitive Eglise, il devint une semence féconde portant en elle les germes de milliers de chrétiens qui furent plus tard sa force et sa gloire; et, c’est là aussi le secret du miracle acadien.’’

“Quel beau spectacle de contempler, après un siècle et demi, la belle et nombreuse population acadienne, se pressant au pied de cette estrade devenue célèbre par la scène qui s’y déroula le jour du Grand Dérangement, et d’y retrouver vigoureux et nombreux les descendants de cette race que l’on croyait à tout jamais anéantie!

“ . . Ge terrain de Grand-Pré, transformé en parc public par la compagnie du chemin de fer du Pacifique Canadien et sur lequel s’élève aujourd’hui cette touchante Evangéline, héroïne de Long-

fellow, mais qui symbolise si justement notre malheureuse histoire et nous attire la sympathie des âmes -droites et des coeurs bien nés, ce terrain est pour nous une terre consacrée et sacrée à cause des souvenirs et de l’épopée sublime qu’il rappelle aux coeurs acadiens. Rappelons-nous que cette partie du terrain si pleine de souvenirs pour nous, nous a été octroyée à la seule condition que nous y élevions un monument sans tarder.”

Je tiens à transcrire certaines parties de ces discours» non pas parce qu’ils ne sont pas connus, mais qu’elles ne peuvent être publiées, lues et relues trop souvent, et afin de toucher et édifier ceux qui, un jour, liront ces quelques souvenirs de ma vie.

Je ne puis assez glorifier la belle race acadienne et lui exprimer ma reconnaissance, surtout à celle qui peuple le Nouveau-Brunswick, pour l’accueil généreux et l’aide désintéressée qu’elle m’a toujours donnée de toute manière.

Pendant que je m’intéressais de tout coeur aux fêtes acadiennes, les événements politiques allaient leur train. Le premier ministre, l’hon. M. Meighen, partait pour l’Angleterre où il devait assister à cette conférence impériale, à laquelle, nous» libéraux, lui avions dit qu’il n’avait pas le droit constitutionnel de représenter le Canada et pour laquelle il aurait dû se qualifier en obtenant le vote populaire. Mais il était parti, et était revenu au commencement de l’été, et nous nous attendions à une session dans le courant de l’automne ou dès les premiers jours de janvier 1922, alors qu’il expliquerait aux représentants du peuple le résultat de sa mission.

La conférence eut lieu au commencement du mois de juillet et dura plusieurs semaines. On n’y prit aucune mesure de grande importance, ou plutôt aucune mesure nouvelle fut arrêtée à cette conférence. Toutefois, il y avait vers la même époque une assemblée de la Société des Nations, à laquelle le Canada était représenté par l’hon. M. Guthrie et l’hon. George Perley, alors Haut Commissaire auprès du gouvernement britannique, et par quelques autres ministres canadiens.

Au retour de l’hon. M. Meighen, le peuple s’attendait à entendre le récit bien détaillé de son travail à la conférence, et s’attendait même à une session à l’automne» qui lui permettrait 'de donner un récit détaillé de toutes les mesures discutées et adoptées à cette conférence, surtout en ce qu’elles concernaient le Canada.

Mais à la grande surprise de tout le monde, peu de temps après son retour, l’hon. M. Meighen annonça qu’il avait décidé d’en appeler au peuple avant de convoquer une nouvelle session, et que la date de la dissolution 'du Parlement et des élections serait annoncée sous peu.

Cette nouvelle fut accueillie avec plaisir par les libéraux et leurs alliés les progressistes. Les conservateurs ne savaient trop que dire de cette décision hâtive, mais s’efforcaient tout de même de prédire la victoire. Enfin, aux premiers jours d’octobre, les brefs étaient émis et le jour de la votation annoncé pour le deuxième jour de décembre 1921.

Le parti au pouvoir durant les élections, et qui contrôle la machine électorale, est supposé avoir un avantage considérable sur l’Opposition, qui est privée de tous ces privilèges. Le parti conservateur était au pouvoir depuis 1911, alors que le peuple canadien, surtout la population de Québec et de l’Ontario, s’était laissé tromper sur la question de réciprocité avec les Etats-Unis par des préjugés de toutes sortes lancés surtout dans ces deux provinces. Avec la machine électorale en mains en 1917, le parti conservateur avait réussi à conserver le pouvoir, — mais on sait de quelle manière — et la constitution et les lois électorales avaient été bafouées pour obtenir le vote dans cette élection de “temps de guerre”, expression avec laquelle on avait fait adopter les mesures les plus barbares dans un pays démocratique.

En 1917, les libéraux n’avaient pu sauver que cinquante sièges sur 235. Le fait seul d’une telle majorité semblait assurer le retour au pouvoir du parti conservateur.

Dans mon bon et généreux comté de Gloucester, tout paraissait plus serein que jamais. J’aurais désiré une convention, selon la coutume, mais on me disait de tout côté :

“Une convention est inutile, c’est même donner de l’embarras inutilement au parti dans les circonstances. Vous serez élu avec une plus grande majorité que jamais. Vous avez été élu par acclamation aux dernières élections, et si le parti conservateur met un candidat sur les rangs, il ne pourra même pas sauver son dépôt.”

C’était là l’opinion de tous mes amis, des membres des comités de toutes les paroisses.

A toutes mes assemblées, mes électeurs étaient plus enthousiastes que jamais. Ils étaient tous décidés à venir aux bureaux de votation en plus grand nombre que jamais.

Toutefois» un mois avant la nomination, les conservateurs, réunis en convention à Bathurst, choisirent un candidat pour me faire opposition. Ils choisirent encore le meilleur candidat dans leurs rangs, M. Edouard DeGrâce, de Shippigan, qui, à la dernière élection, avait déjà été le candidat de leur choix, mais qui avait dû se retirer après avoir parcouru le comté, sur le conseil même de ses principaux partisans.

“Mais, aujourd’hui, disaient-ils, ce n’est plus la même chose, la guerre est finie» les soldats sont de retour, et ils voteront pour le parti conservateur, qui les a protégés.”

Le 2 novembre, au moment où je me lançais définitivement dans la lutte, il survint une énorme tempête de neige suivie d’un froid intense, et tout ce mois de novembre fut le mois le plus rude et le plus froid de tout l’hiver. C’était en réalité le mois de janvier deux mois à

l’avance. Ce fut là mon partage. Mais rien ne pouvait m’arrêter. Je voyageais la nuit, l’assemblée finie, afin d’arriver à temps pour l’assemblée du lendemain.

A chaque district, on me disait: “Vous pourriez rester bien tranquille chez vous. Il n’est pas du tout nécessaire de vous donner tant de fatigues. Nous vous élirons. Reposez-vous donc.” Je leur répondais: “Je resterai à la maison et me reposerai après les élections.” Je n’ai jamais, durant toute ma carrière politique, voulu me reposer durant une campagne électorale. C’est une oeuvre qui demande la présence du candidat du commencement à la fin. Car les adversaires profitent de l’absence du candidat pour l’affaiblir vis-à-vis de son parti. C’était ainsi que durant ma campagne de 1908, à la suite de mon accident, je n’avais pu remplir tout mon programme, et dans les districts que je n’avais pu visiter» suivant mes engagements, j’avais perdu un nombre considérable de votes. Comme le disait bien souvent l’hon. Israël Tarte: “Les élections ne se gagnent pas avec des prières”. Il faut l’action et les paroles du candidat.

Avant de partir pour le bas du comté, en cas de mauvais temps ou d’accident, j’avais tout mis en ordre pour le jour de la nomination. J’avais déposé mon dépôt de $200.00 entre les mains de l’officier-rapporteur, M. Gilbert Doucet, de Bathurst-Ouest, un des principaux conservateurs, mais un homme droit et juste, honnête et courtois. J’avais signé tous les documents nécessaires et nommé mon agent officiel, M. Henri A. Melanson, qui avait été mon agent dans plusieurs autres élections.

Mon adversaire, M. Edouard DeGrâce» jeune homme de bonne éducation et doué de belles qualités, comme je l’ai déjà dit, était bien le meilleur candidat à la disposition des conservateurs de Gloucester. Il travailla jour et nuit jusqu’au matin du vote. Il adressa la parole à des assemblées dans tous les districts jusqu’au dernier soir. Il arrivait souvent à un endroit immédiatement après mon départ. Son travail, ses efforts, furent inutiles. Malgré le froid intense et les mauvais chemins qui le jour du vote retinrent un grand nombre d’électeurs — surtout des femmes — à la maison, je fus élu. On se disait pour s’excuser de ne pouvoir aller voter: “M. Turgeon sera élu quand même avec une grande majorité. Ce ne sont pas quelques votes de moins qui changeront le résultat.”

Ce jour-là, jour mémorable, je fus élu par une majorité de 5,000 votes, moins quelques-uns. Les chiffres étaient comme suit : Turgeon, 7,500 votes; DeGrâce» 2,500.

Inutile pour moi d’essayer de décrire la joie des libéraux dans tout le comté de Gloucester ce soir-là. Les messages de félicitations arrivaient à tout instant, de toutes parts, au bureau central de notre organisation.

Lorsque, vers les onze heures du soir, on apprit la victoire du parti libéral et le triomphe de notre nouveau chef, l’hon. MacKenzie King, la joie fut à son comble. L’ambition du parti était satisfaite, les espérances d’avenir étaient réalisées, le pays devait rentrer dans

une ère de prospérité et le comté de Gloucester devait recevoir tous les soins nécesaires de la part de “Papa Turgeon”.

J avais reçu dans cette élection l’appui et la sympathie de la Bathurst Lumber Company”, ayant comme directeur, comme aujourd hui> M. Angus McLean, jusqu’alors le fidèle disciple du sénateur W. C. Edwards, qui était mort quelques semaines avant les élections.

Le sénateur Edwards fut de tout temps un de mes amis le plus sympathique à Ottawa, quand il a été au Sénat comme quand il était à la Chambre des Communes.

Il n’y eut pas de démonstrations triomphales, comme dans certaines de mes élections précédentes. C’était au cours d’une des plus rigoureuses périodes de l’hiver. Mais je peux dire que le triomphe se fit dans ma maison, dans mon bureau, et dura plusieurs jours, durant lesquels je dus expliquer mes vues sur l’avenir du pays en général et du comté de Gloucester en particulier.

Tout le monde était satisfait et attendait l’ouverture de la prochaine session avec impatience. On avait hâte de voir le nouveau chef, le successeur de Sir Wilfrid Laurier, à l’oeuvre. Inutile de dire que je leur donnais tout l’encouragement possible et que je leur faisais part de ma confiance en l’honorable MacKenzie King, que je connaissais depuis vingt ans, et qui avait été mon collègue et voisin à la Chambre des Communes de 1908 à 1911, et ensuite au bureau central de l’organisation libérale à Ottawa, en compagnie de M Goddard- secrétaire particulier de l’hon. Sydney Fisher, durant ses quinze années de l’administration du ministère de l’Agriculture.

Page 1