SCÈNE X
JULIETTE
Mais, Monsieur...
Restez, je hsfclge. (A Paul.) Vous vous hdminez Paul, mohsiéur?
PAUL
Oüi, monsieüh..
Vous étiez , cette nuit , à mon bal ? (Juliette redescend prés de la cheminée, où elle s'appuie accablée.)
PAtJL.
Vous le savez bien... madame m’avait fait l.honneur...
LÉONARD
Ah ! c’est madame qui... Quel habit aviez-vous?... un habit noir ?...
PAUL
Dame I...
LÉONARD
J’en étais sûr...
PAUL
Pardon, monsieur, mais...
LÉONARD
Où étiez-vous, hier au soir, après souper f
' . . PAUL, A part.
Aïe !... (Haut) Je... je ne sais...
LÉONARD. ' . '
Au jardin, peut-être ?
PAUL
Oui... non... ’
LÉONARD, ù part.
lise trouble !... plus de doute... c'est lui ! (Haut.) Vous y étiez , au berceau de Minerve... Je le sais... je vous ai vu... je sais tout. , ' -V...
Alors, monsieur, je ne chercherai pas à nier l'évidence;..
JULIETTE '4 ù part.
Ce n’était donc pas un rêve?.;.
„ LÉONARD
C’est heureux !... Et me ferez-vous l’honneur de me nommer la personne qui vous a tenu compagnie?
PAUL , à part.
Je serais bien embarrassé pour le dire...
LÉONARD
Eh bien ?
PAUL
Vous savez donc?...
LÉONARD
Tout... mais ça ne fait rien ; dites tout de môme...
PAUL
Ah ! monsieur, que d'excuses ! mais je vous supplie de ne pas me juger là-dessus et de ne pas prendre de moi une opinion...
Hein?... que je ne prenne pas de vous?...
PAUL
Quoil monsieur, une simple étourderie me ferait perdre l’espoir d’obtenir de vous mademoiselle Cécile ?
LÉONARD
Cécile !... sa sœur !... toute la famille alors 1
PAUL
Vous auriez la barbarie...
LÉONARD
Comment! vous avez le front de me demander la main do sa sœur ? . . - . ,
PAUL , A lui-même.
Sa sœur?... je ne comprends pas...
LÉONARD
Quand vous avez profané l’hospitalité!... (n remonte un peu.)
PAUL
L’hospitalité?..:
LÉONARD, * revenant A la droite de Paul.
La sainte hospitalité!... quand vous et madame!... (n désigne
Juliette, qui est redescendue en avant du guéridon.)
PAUL, surpris.
Madame?... moi?...
Elle !... vous !...
PAUL
Mais je vous jure...
LÉONARD
Ne jurez pas !... n’ajoutez pas le mensonge à l’imposture... votre complice a tout avoué.
PAUL
Qu’entends-je?... quoi, madame?.., (Juliette courbe la tc-te sans répondre.) C’était elle !... .
JULIETTE , A part, tombant assise près du guéridon.
Oh ! c’est à devenir folie !
* Juliette, Léonard, Paul. - .V U
SCfclSE M.
• PAUL , tombant sur duc chaise, h droite-
Oh !....
LÉONARD
Oh!... ce n’est pas le tout de s’asseoir, en faisant des singeries ! Maintenant, monsieur, vous devez comprendre que, portassiez-vous vos pénates par delà le Caucase , l’un de nous deux est de trop sur la terre!... Ainsi, faites votre testament !... Moi, je vais chercher mes pistolets...
TAUL , se levant, ainsi que Juliette.
Quoi, monsieur?
léonard.
Je vous donne cinq minutes pour prendre congé de votre complice!
JULIETTE
Monsieur, au nom du ciel...
LÉONARD
Vous, je vous prie de vous mêler de vos affaires... (a Paul.) Nous n’en chargerons qu’un, monsieur... (il passe k droite et revient h u gauche de Paul. *) Et je ne vous cache pas que je désire vivement l’avoir !... (Il va pour sortir par la porte du premier plan, ît droite, s’arrête sur le seuil et se retourne, en disant :) Vivement l’a- VOirJ... (Il sort.)