‹ Un verre de champagne comedie en un acteChapitre 17 sur 24 · JULIETTE, PAUL · texte numérisé non relu

JULIETTE, PAUL

(Jeu muet. — Ils restent quelques instants immobiles et la tète baissée. - C'est

à qui no regardera pas l'autre... Quand leurs regards se rencontrent, ils se retournent vivement. — Paul remonte et passe k gauche. — Juliette traverse le

devant de la scène et passe k droite.)

PAUL, k part. ** ...;

Je ne sais que lui dire.

JULIETTE , k part.

Je n’ose l’interroger.

PAUL , k part.

Il faut cependant que je m'excuse de mon mieux.

JULIETTE , k part.

C’est pourtant la seule manière de savoir au juste...

TOüS DEUX , à part et eusumble.

Allons!... (Haut, ensemble.) Monsieur!... madame!,..

PAUL

Parlez, madame.

* Juliette, Paul, Léonard.

** Paul, Juliette. • <• .■ ‘ . • . ■ - -

' JULIETTE

Je vous écoute, monsieur.

PAUL

Après vous, madame.

JULIETTE

Je vous en prie, monsieur.

PAUL

Eh bien ! madame, je voulais vous prier de m’excuser...

De quoi, monsieur?

PAUL

Hélas ! madame, vous le savez bien.

JULIETTE

C'est que... précisément... je ne sais pas... je qe me rap* pelle pas au juste... et j’attends de votre franchise...

PAUL

Quoi donc? . \>

JULIETTE

Mais un récit plus détaillé, plus complet...

PAUL

Ah I madame, vous n’aurez pas cette cruauté !... vous, que „ je devais chérir et respecter comme une sœur ! M iis croyez que j’ignorais...

JULIETTE

Vous ignoriez?...

PAUL

Que voulez-vous? trompé par la nuit... étourdi par la danse, par le champagne... Ah ! madame... je ne m’en consolerai jamais!...

JULIETTB.

Mais enfin, monsieur, j’ignore encore...

PAUL

Et maintenant, tout mon bonheur est brisé, anéanti !...

Le mien, vous voulez dire ?

PAUL

Le mien, madame... car j’aimais votre sœur d’un amour !...

JULIETTE , vivement.

Mais moi, monsieur, je n'aime et n’ai jamais aimé que mon mari!

PAUL

Oui, vous avez raison... je suis un grand coupable!... et je

. SCÈNE XM- 25

n’ai plus qu’un espoir, c’est que vous daigniez me pardonner...

JULIETTE

Vous pardonner? Un homme, un jeune homme... votre conduite est excusable... Mais, moi, une femme !

PAUL

Oh! ce n'est pas votre faute, c’est la mienne... ou plutôt, c’est la faute du bal... du bal et du souper... du souper et çlu champagne... du champagne et du berceau !... Et, à ce compte, c’est la faute de votre mari!... C’est vrai, ça!., pourquoi donne-t-il des bals où l’on boit du champagne"? et pourquoi fait-il élever des berceaux dans son jardin ? Sans lui, tout cela ne serait pas arrivé... Ah !... (Loi prenant la main.) madame, vous avez là un mari bien coupable !

JULIETTE , A part.

Allons ! il est dit que je ne saurai rien. (Prêtant l’oreille. Haut.) Quelqu’un 1 (Elle remonte et regarde au dehors,) Ma sœur !... Pauvre enfant!... Que lui dire?... (Revenant à Paul.) monsieur Paul?

PAUL

Madame ?

JULIETTE

Dites-lui tout! moi, je n’en aurai jamais le courage. (Eue

, sort vivement par la porte du deuxième plan, à droite.)

PAUL , seul, la suivant.

Mais, madame, je... Ma foi, sauve qui peut!... (n «e dirige vers le fond et se trouve en face de Cécile, qui arrive par le foud, h gauche.)

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