I. Lettre du 5 janvier
mon ancien confesseur et directeur de séminaire, M. Baron, resté mon ami. Il m'écrivait :
« Vous faites bien de continuer les études pour lesquelles vous avez une réelle aptitude. La publication est affaire d'opportunité. Jôt ou tard, la vérité aura la faveur. Nous avons singulièrement marché depuis dix ou quinze ans. Que sera-ce donc dans quinze ans d'ici? Tout ce qui est routine et artifice est destiné à succomber ; mais on n'acceptera pas davantage ce qui porterait à un degré quelconque l'apparence de la thèse ou du partipris. Vous avez la probité scientifique. Tenez-y jusqu'au scrupule (1). »
En quittant le clergé angevin (ce devait être pour toujours), je veux avertir ceux qu'intéresserait son état à cette époque qu'mi écrivain catholique, M. Maurice Brillant, en a tracé un joli tableau dans son roman intitulé Les Années d'apprentissage de Sylvain BriolUt (2).
Originaire du canton de Segré, élevé au collège ecclésiastique de Combrée, M. Brillant passa au grand séminaire d'Angers l'année scolaire 1900-1901 et peut-être même quelques mois de plus. Né homme de lettres, il prit dès lors les notes qui lui serviront à peindre 1© curieux monde qu'il traversait. S'il a surtout décrit la région où s'est écoulée sa jeunesse, il a parfaitement tracé son cadre, c'est-à-dire cette pro-