‹ Un vie de pretre [microform]; mon expérience, 1867-1912Chapitre 35 sur 106 · RECHERCHE DUNE SITUATION ECCLÉSIASTIQUE · texte numérisé non relu

RECHERCHE DUNE SITUATION ECCLÉSIASTIQUE

naire, l'un des plus raisonnables et des plus droits que j'y aie connus, l'abbé Pierre Coutolleau, mort, en 1922, doyen do la Faculté des lettres de l'Université catboïique (1). Ses jugements étaient toniques (comme ceux de l'abbé Paul Lejay, son collègue de Paris). J'éprouvais le besoin de l'entendre, après Monseigneur. Je lui contai la visite que je venais de faire, et il me conta que l'évêque avait dit de moi, du ton le moins anxieux du monde : « Quand il n'aura plus de pain, il faudra bien qu'il revienne (2). » Ce mot m'amusa et nous nous en égayâmes.

« Notre saint évêque, répondis-je à CoutoUeau, ne se connaît pas en hommes. » En effet, son administration le prouvait, y compris le poste inférieur où il laissait mon interlocuteur (3). D'autre part, comme tout ce que pensait notre saint évêque, le propos était orthodoxe; je l'avais entendu tenir par des prêtres non libéraux; j'en avais relevé l'équivalent sous la plume du

1. Il disait de lui-ffiême : « Je me suis imposé la loi de ne me guider que par ma raison », mot cité dans son éloge funèbre prononcé, le 3i janvier 1928, [.ar Mgr Pasquier.

2. Je prie le lecteur de remarquer que je rapporte simplement ce que mon interlocuteur me raconta. Je ne pensai point à lui demander s'il avait lui-même entendu ce propos.

3. Si M. Coulolleau mourut doyen de Faculté, c'est qu'il fut nommé à ce poste par le conseil des évêques administrateurs de l'Université catholique, et non par l'évêque diocésain qui, dans l'administration générale de l'Université, porte le titre purement honorifique de chancelier.

très bon dom Ganthey, qni écrivait, au snjet d'un de ses moines en fuite : « Quand il y aura le et nemo ilU ddbat et que les souliers manqueront... (1) »

Quelques jours après ma rentrée à Paris, le courage me manqua pour retourner dans mon diocèse, où mes opinions avaient été transformées en scandale et dénoncées avec persévérance. Quelle serait la fécondité d'un ministère suspect et décrié? Le 7 mai, je soumis mon anxiété à mon évêque (2). Il ne me répondit pas. Le Î4, un vicaire général me signifia ma nomination à la cure de Saint-Meïaine (canton des Ponts-de-Cé), avec prière de me rendre «le plus tôt possible » dans ma paroisse. Ce poste n'impliquait certainement aucune défaveur. Quand même il eut été une disgrâce, j'étais prêt a m'y rendre, et je commençai mes visites d'adieu. Cependant mon obéissance me paraissait de plus en plus clairement devoir tourner en pure' perte.

Plusieurs personnes, notamment le promoteur de l'officialité de Paris^ m'avaient conseillé de me mettre au service de l'évêque de Versailles, qui manquait de prêtres. Dans ce diocèse, j'aurais pu recommencer une vie nouvelle. L'idée

1. Lettre du 3o janvier 1887, à dom Couturier, au sujet de dom Menault.

2. Lettre publiée dans Mes difficultés avec mon Evêque,i^. 35-36.

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