‹ Un vie de pretre [microform]; mon expérience, 1867-1912Chapitre 75 sur 106 · Frarwe et Eisangilèy. nP de^ oiars · texte numérisé non relu

Frarwe et Eisangilèy. nP de^ oiars

l'application de la loi de séparation .395

trumente, MM. Toiton, Moillon, Des Hoio:, jRoussin et «quelques-uns de ses acolytes vinrent parfois me deECtaiideT, les uns des reuseigaieiinents, les autres des ©onseils. Mes arMdos sur la €ris-e du Clergé avaieoat pnouvé -que j'étais informé, et l'on devait même Mentôt imprimer que mes « fameux cartons verts » renfermaient « les n;oms -eît les eo-nfidences de huit .cents m,odeTnistjes » (1).

Je fis observer à ces me^ieurs, des le commeiacement, que, du moment que le pape avait condamné les associatioiis cultuelles, les catoliques n'en formeraient pas, qu'un schisme n'était pas possible et qu'aux termes mêmes de la loi une association cultuelle deviendrait illégale lorsque des fidèles l'auraient dénoncée an Conseil d'Etat ou que l'évêque aurait interdit le prêtre qui la desservait. Comme ils étaient payés pour leur besogne, ils ne voulurent pas entendre raison, mais leurs visites me livrèrent les secrets de la comédie et m'empêchèrent d'avoir la moindre illusion sur son dénouement.

Ces événements prouvent, — tout comme la misérable tentative de réforme catholique essayée par le P. Hyacinthe de 1879 à 1893, — la vérité de ce qu'on a souvent répété après

I. Enquête du Progrès de Lyon, octobre 1907 ; articles ré unis en une brochure intitulée V Action cléricale.

le consul Bonaparte : en France, il n'y a plus assez de religion pour faire un schisme (1), Aussi ceux-là se sont-ils lourdement trompés qui, par crainte d'un schisme chimérique, ont fait perdre ses biens au clergé de France (2). L'archevêque d'Albi me le disait, un jour, au parloir de Saint-Sulpice, où il m'avait fixé un rendez-vous, pendant une des assemblées d'évêques. Et de sa voix douce, tranquille, ferme, il ajoutait : « Voilà où nous ont menés dom Guéranger, le cardinal Pie et Louis Veuillot. On a voulu un pape infaillible ; on l'a. » (3)

1. Le mot prêté au Premier Consul est celui-ci : « Je ne reconnais en France, en fait de chrétiens, que des catholiques et des protestants. Il n'y a pas assez de religion dans ce pays-ci pour en faire une troisième. »

2. « Près de 5oo millions de biens ecclésiastiques sont sortis des mains des fabriques, des menses, des cures, pour passer dans les mains de l'Etat qui ne désirait pas les prendre. M. Briand l'a affirmé à plusieurs reprises ». Comité national d'études sociales et politiques, fascicule n^ 245, Le nouveau statut de l'Eglise catholique en France, Clonférence par M. Pierre Cet et discussion. Les mots cités sont de M, Hébrard de Villeneuve,

3. Mgr Mignot, dans la même conversation, me raconta aussi comment il avait essayé de faire comprendre à Léon XIII, le 25 décembre 1901, qu'un schisme est impossible en France. 11 me dit ensuite que, s'il avait cru pouvoir risquer cette tentative auprès de Léon Xlll, il n'avait jamais eu l'idée de la recommencer auprès de son successeur.

Page 1