I . Cf. La Crise du Clergé, ae édit
3. Dans une Conférence faite à Paris le 7 avril 1907, et publiée dans le numéro d'avril de France et Evangile, Henri des Houx a reconnu lui-même qu'il était l'instrument de Briand.
pour des services analogues, avec un publiciste de talent, Henri Durand Morimbau, connu sous le pseudonyme de Dos Houx.
Ancien élève de l'Ecole normale supérieure, agrégé de l'Université, ancien professeur au ly ée de Chambéry, ce condottiere fut d'abord à la solde de Mgr Dupanloup ©t du cardinal Pitra.
Depuis 1886, il travaillait au journal Le Matin. Ce fut là qu'il mena sa campagne. Il commença par élever contre le pape une protestation timide et respectueuse, puis il constitua une « Ligue des catholiques de France » pour l'organisation des associations cultuelles (1).
Il eût fallu, pour essayer d'établir convenablement un schisme, placer à sa tête au moins un évêque et, pour avoir un évêque, il aurait fallu lui assurer une rente viagère au moins aussi forte que les revenus de son évêché. L'opération aurait absorbé immédiatement un gros capital. Des Houx, qui avait ses raisons d'être économe, ne chercha pas un évêque authentique, jusquelà en communion avec le pape : Il préféra acheter au rabais un aventurier moins exigeant, René
Naturellement cette déclaration fit le tour de la presse catholique. On la retrouve, par exemple, dans La Croix, i5 mai \La Gazelle de France, 17 mai ; la Semaine religieuse de Cambrai, 8 juin
I. Ses articles ont été réunis dans un volume intitulé : Guerre au papisme. La France aux Français (Paris, librairie Juven, janvier 1907).
l'application de la loi de séparation 393
Villatte, soi-disant arcbevêquo de l'Eglise vieillecatholique en Amérique (1), et dont Rome avait déclaré le sacre nul. .En vertu de ses prétendus pouvoirs épiscopaux, Villatte institua une paroisse rue Legendre, dans l'ancienne chapelle des Barnabites, aujourd'hui l'église Saint-Charles de Monceau. Il y nomma un curé et le flanqua, pour vicaires, de quelques aventuriers prêtres ou soi-disant prêtres. Le culte fut inauguré le 3 février 1907, au milieu de vifs incidents.
Malgré toutes les hâbloiies des journaux gouvernementaux et protestants, le mouvement des associations cultuelles était mort-né. Le public n'y vit qu'une farce. Clemenceau, jugeant que son collègue Briand avait légalement tourné les difficultés suscitées par le pape, refusa d'y consacrer plus d'argent. L'Avènement expira, après trois mois d'existence, et son directeur devint secrétaire de la «Ligue des Catholiques de France », fondée et présidée par Des Houx', qui avait répudié jusque-là toute relation avec le « Secrétariat des associations cultuelles » de l'ancien pasteur.
Ne recevant plus de subventions gouvernementales, MM. Des Houx et Meillon allèrent faire à Londres et à Edimbourg, au mois de
I. Le i^'' juin 1926, Mgr Villatte a fait abjuration solennelle dans les mains de Mgr Geretti, nonce apostolique à Paris.
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mars Idïfl, une série de conférences pomr le somtien de « ceitte vaiillam;te églis© catholrqne, apostolïqne et frainçaiso de la me Legendre, assailMe de tanli de fiarieuses tempe tes » (1). Cette tournée n'eut aucun succès.
De son côté, le curé de la me Legeadre, Ro'ussin, obligé de démissionner, s'en fut intéresser au schisme français les patriarckes d'^Orient. Ce n'était certainement pas l'ambassadeur conTenable pour une telle négociatioiî. Aussi visita-t-il Tainemeot, d'abord à Jérusalem, puis à Constantinople, les différents chefs des vieilles églises séparées;. Ayant épuisé son viatifpe, ne sacbant coiniîmient revenir en France, il se rendit chez le délégué apostolique h Constantinofîe, Mgr Tacci, et lui dit que la grâce l'avait touché et qu'il se» repentait de ses péchés. Mgr Tacci l'expédia» à Rome, où, après pleine abjuration, ©n foi rendit ses pouvoirs sacerdotaux. Plus tard on le renvoya en France dans- une communauté religieuse' qui Si'ocxjupe des prêtres tombés. Il s'en édiappa,. au mois, d'août 1909, pour revenir voir à Paris s'il n'y avait pas encore quelque chose a tenter.
Telle est, à grands traits, l'bi^stoire des embarras que- le gouvernement tâcha sons m^in die créer au pape, et tels furent ses principaux ins-