‹ Un vie de pretre [microform]; mon expérience, 1867-1912Chapitre 77 sur 106 · I . Voir ci-desBus chapitre XVIII, p · texte numérisé non relu

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canisme et qui me semblaient celles de l'avenir.

J'acceptai donc la proposition. L© Père et Mme Hyacinthe Loyson me recommandèrent à l'un des principaux membres en Europe du Comité du Congrès, M. Montet, doyen do la Faculté de théologie d© Genèvo, et M. Montet me patronna auprès du Comité américain. Celuici m'offrit une somme d© trois cents dollars (environ quinze cents francs) pour les frais de voyage, à la condition que je lirais un rapport, sur un sujet de mon choix. Je pris pour thème î « la crise catholique », rédigeai mon allocution et fis mes préparatifs de départ.

A la vérité, le plaisir que me causait la perspective de ce voyage fut gâté par les circonstances. Non seulement Pi© X lança son néosyllabus (1) au mois de juillet, mais encore on disait imminent© la publication d'une encyclique et je craignais d'être absent au moment de polé-

I. Le décret Lamenlabili sane exitu. Je publiai les réflexions qu'il m'inspira : dans Xe Sièc/e du aS juillet, article signé C. jR. ; dansZiS Censeur du 3 août, article signé Xenos ;âaQS Pages libres du lo août, article signé Abbé X. Une note de la rédaction présente ce dernier article comme « l'opinion d'un prêtre moderniste » . Cette note fut mise sans mon aveu. J'avais déclaré à l'un des directeurs de cette revue, celui qui me demanda cet article, M. Maurice Kahn, que je n'étais pas ou que je n'étais plus moderniste, c'est-à-dire que je ne croyais plus que l'Eglise romaine et la critique pussent se concilier ; mon article l'indiquait d'ailleurs nettement.

A propos de mon article du Siècle, Mgr Lacroix m'écrivait, le a8 juillet : « Très, très bon et très fort l'article C. R. sur le Syllabus. Mgr M (ignot) l'a beaucoup goàté. »

miques où j'aurais pu défendre utilement la cause du libéralisme religieux. Je me décidai à rester 1© moins possible outre-mer, résolution que d'ailleurs mon viatique limité rendait peu difficile à tenir.

Comme l'Agence Cook promettait un rabais sur le prix de la traversée, si un certain nombre de congressistes recouraient à "ses services, je m'en fus voir à ses bureaux. Il n'y avait qu'on seul Français inscrit sur ses registres : M. Gaston Bonet-Maury, professeur à la Faculté de théologie protestante de Paris. L'Agence me déclara qu'elle nous confierait à la Compagnie anglaise Cunard. Cette combinaison m'agréa.

Voyager en compagnie anglaise rafraîchirait avantageusement mes notions d'anglais.

Je quittai Paris le l^r septembre, arrivai le lendemain dans l'après-midi à Liverpool, et m'embarquai le 3, sur VIvernia, à bord duquel je rencontrai M. Bonet-Maury et une vingtaine d'unitaires anglais. Ces derniers me parurent aimables, francs, et, pour la plupart, peu intéressés aux questions religieuses ou même intellectuelles. Ils prenaient le congrès de Ibur Eglise comme uno excursion.

Parmi eux se trouvait une jeune et jolie femme, la se'ule femme qui, à cette époque, exerçât le ministère pastoral on Europe, miss .Certrud von Petzold. Née en Prusse, de famille

militaire, elle avait d'abord étudié pour être institutrice et elle était allée en Angleterre afin d'apprendre la langue. Elle se découvrit une vocation théologique, entra au coUègei unitaire d'Oxford et devint ministre. Dans l'iiiver de 1906-1907, elle fit un voyage dans sa patrie et y prêcha dans un temple : ce fut la première fois qu'on vit une femme dans une chaire allemande. Je ne crois pas qu'elle eût beaucoup d'auditeurs dans son église de Leicester. « Attirer les gens, me disait-elle, est chose difficile. » Elle me conta que, pour faire foule, un jour de Pâques, elle avait invité dans sa chaire un prédicateur à traiter la question du suffrage des femmes. Je lui avouai qu'un tel sermon dans un tel jour me semblait prouver qu'il ne subsistait plus de christianisme, ni dans sa « congrégation », ni dans ses ministres.

Quant à son pastorat, il ne me choqua pas.

J'ai toujours pensé comme le contre-amiral Reveillière : « Du moment qu'il n'y a plus, comme au temps du paganisme, de victime à égorger, et que le prêtre n'est plus ni boucher, ni bourreau, l'exclusion des femmes du sacerdoce n'a plus de raison d'être. La religion étant, avant tout, une affaire d'imagination et de sentiment, la femme est plus apte que l'homme aux fonctions religieuses (1). »

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