I. Lettre au P. Hyacinthe, 3 novembre Ï
ligne de conduit© politique ». On entendait un grand tapage.
A la fin de 1907, des ambitieux, comme le coadjuteur de Cambrai (Mgr Delamaire), et des fanatiques, comme le chanoine Coubé, prêchaient la guerre civile. Je dénonçai dans Le Siècle, sous le pseudonyme de Paul Chèze, un discours séditieux du coadjuteur. Il nia le propos et me menaça de procès. Je maintins mes dires et il ne me poursuivit pas (1). S'il m'avait appelé devant un tribunal, mes informateurs, — Mgr Lacroix et le P. Vincent Maumus, — l'auraient confondu. Ce coadjuteur d'ailleurs, n'était point un méchant homme. 11 avait même, sous Léon XIII, été libéral; mais il espérait un chapeau, — ce chapeau rouge qui, depuis des siècles, a causé tant de trahisons envers la patrie.
Si les directions politiques du pape ne purent, grâce à la sagesse du gouvernement, troubler gravement la France, ses directions religieuses triomphèrent du moins facilement, et, d'ailleurs, pouvait-il en être autrement dans l'état de cen~ tralisation de l'Eglise catholique? Pour éteindre les nouveautés intellectuelles. Pie X fit instituer, dans chaque diocèse, un « Conseil de vigilance », et il imposa aux prêtres en fonctions un « ser-
I. Sur cette afiaire, Gf, mes Evêques et diocèses, 2* série^ p. 67-68.
ment antimodemiste ». A part guatre dotizaines de récalcitrants, — quatre douzaineiS dans le monde entier, — tous prêtèrent ce serment (1). Résister eût été s© vouer à la destitution, à la famine, au lent martyr© que 1© monde ignore ou dédaigne. Les modernistes jurèrent donc. Ge fut là une grand© ©t double comédie : comédi© d© leur part (ils récitaient une formule à laquelle ils ne croyaient pas); comédi© de la part des évêques, qui savaient fort bien que ceux dont ils recevaient le serment ne prononçaient qu'un© vaine formule. La comédi© fut si évidente, ©n certains cas, que des fanatiques résolurent d'y mettre fin et dénoncèrent les hérétiques. Comme des destitutions pouvaient rendre d© bonnes places libres, des ambitieux se joignirent aux fanatiques. La cbass© aux hérétiques devint aussi fructueuse que pieuse. Un transfuge du libéralisme, Mgr Umberto Benigni, l'organisa dans une sort© d© société secret©, qui fonctionna au moins jusqu'en 1914 ©t fit sentir son activité par toute l'Europe (2). C© fut l'extension triomphante d© ces « Aa » qui, depuis 1© séminaire, organisent les délations.
Il s'ensuivit dans l'enseignement du clergé un©