‹ Un vie de pretre [microform]; mon expérience, 1867-1912Chapitre 92 sur 106 · Voir ci-dessus, ch. XXIII, p · texte numérisé non relu

Voir ci-dessus, ch. XXIII, p

4. Revae apologétique, 1 5 octobre 1923, p, 83. M. Mourret, qui me traite si peu poliment, s'est beaucoup serv i de mon Histoire du modernisme, sans toujours la citer.

Un collaborateur d'une grande entreprise de librairie m'éerivait récemment (le i3 avril igaô) qu'un de mes livres lui serait « d'un grand secours » pour un travail qui venait de lui être demandé, et il ajoutait : « Défense de vous nommer ; on a peur de vous ». Depuis plus de vingt ans, je suis accoutumé à me voir piller par de bonnes gens qui ne me citent jamais, à moins que ce ne soit en m'injurîant. Comme j'ai toujours travaillé pour être utile et non point pour être loué, je me tiens pour satisfait. Je serais heureux que l'on parvînt, à l'aide de mes pauvres œuvres, à réintroduire un peu de bon sens dans une Eglise que j'ai beaucoup aimée. — Mais je crains, — pour parler la langue de Duchesne, — que « les abbés qui cherchent à faire passer la critique entre les barreaux de la cage » ne perdent leur temps , comme je l'ai perdu moi-même.

Et, pour beaucoup d© mes compatriotes, — cent vingt-quatre ans après la Déclaration des Droits de l'hbmme et du citoyen, — ije n'étais pas autre chbse.

Un homme sensible, fidèle aux principes de la Révolution, — et qui s'inquiétait de mon avenir, — essaya d'y intéresser un très haut personnage de l'Université, libre-penseur officiel. Celui-ci lui répondit: « Le clergé est une élite; ceux qui le quittent sont des déserteurs. >>

Et un illustre impie, — un de ceux qui veulent croire que « la réforme catholique » se f€ira de l'intérieur de l'Eglise, — me voyant en costume laïque, me dit sévèrement, comme s'il admettait les théories de l'Eglise sur ses sacrements : « Tu es sacerdos in cBternum ».

Avait-il tort?

« Qui a prononcé une fois, avec intelligence, le mot « Renoncement à soi-même », « Guide invisible », « Puissance du mal », etc.. celui-là est engagé pourtoujours au service du surhumain (1) ».

Avait-il raison?

« Il n'est pas nécessaire d'être croyant, comme l'affirment insolemment les nouveaux fanatiques de tout dogmatisme, mais il est ordonné d'être sincère; c'est la grande condition de l'être moral. Les doutes de l'hon-

I. R.-W. Kmersoa, Autobiographie d'après 9on Journal intime (Paris, Colin, igid), I, p. 174.

nête homme contiennent plus de vérité morale que la profession de foi des gens placés sous le joug de la mode (1). >

« L'homme n'appartient ni à sa langue, ni à sa race il n'appartient qu'à lui-même, car c'est un être libre, c'est-à-dire un être moral (2). »

I. Ximénès Doudan, Pensées et fragments, p, 70, reproduit dans ses Œuvres publiées daus la Bibliothèque romantique (igaA), p. XCIII.

Page 1