XXII AVANT-PROPOS
Quoi qu'il en soit, Pogge fut partaitement heureux avec Vaggia de' Buondelmonti; sa félicité conjugale résista au temps et dépassa de beaucoup les limites de la lune de miel, au cours de laquelle il écrivait ce dialogue. Pogge y prétend qu'il n'y a rien de tel que le fruit vert pour ragaillardir un vieillard et réveiller en lui le jeune homme : il le prouva bien (i). Lui qui nous a conté tant de
(i) Pogge eut de Vaggia de' Buondelmonti cinq fils : Pietro-Paolo, Giovan-Batista, Jacopo, Giovan- Francesco et Filippo. Pietro-Paolo naquit en 1438, prit l'habit de Dominicain et fut promu prieur de Santa-Maria-della-Minerva, à Rome, fonctions qu'il exerça jusqu'à sa mort arrivée en 1464.
Giovan-Batista naquit en 1439; il obtint le grade de docteur en droit civil et en droit canon, fut ensuite chanoine de Florence et d'Arezzo, recteur de l'église Saint-Jean-de-Latran, accoiyte du souverain Pontife et clerc assistant de la Chambre. Il a composé en Latin les vies de Niccolo-Piccinnino, fameux condottiere du temps, et de Domenico Capranica, cardinal de Fermo. Il mourut en 1470.
Jacopo fut le seul des fils de Pogge qui n'embrassa pas l'état ecclésiastique. Ce fut un littérateur distingué. Entré au service du cardinal Riario, ennemi acharné des Médicis, il était son secrétaire en 1478 et lut engagé par lui dans la conspiration des Pazzi.