J2 UN VIEILLARD
quajH adolescenti iixorem arbitror collocari.
» Pritnum, 'nullam legem neqiie consuetudinem video, qiiœ uxorem senibus interdicat. Sed quemadmodum videmus naviiim gubernaciila rectius credi senioribiis, sic in domestica cura aptior erit qui vixerit diutius : nam injuvene rarissime iillum genus priidentice inesse potest. Tiim vero, quejnadmodum novelli palmites, nisi claviculis tanquam manibus hœreant sustentaciilo, decidunt. nec possunt consistera sic adolescentiilœ œtas. nisi seniim prudentia regatur^ labitur persœpe ac se ipsani prosternit : adolescentes quippe ac juniores nedum aîios. sed ne ipsos quideni norunt regere; incerti rerum et rationis ignari : ut inter cœtera incommoda sœpius contingat uxorem pro viro quœrendam esse, ea
des vieillards, en général, que nous agitons. Pour moi, si je consulte la raison, qui doit toujours être notre guide, nonseulement j'approuve qu'un homme mûr se marie, mais je trouve encore à son mariage plus de sagesse qu'à celui d'un jeune homme.
» D'abord je ne connais aucune loi, aucune coutume qui interdise aux vieillards de prendre femme. De plus, comme nous voyons confier de préférence au plus âgé le gouvernail d'un navire, ainsi celui qui a déjà longtemps vécu sera plus apte à diriger un ménage. De même que la vigne rampe à terre et ne peut se relever qu'en s'accrochant à un support au moyen de ses vrilles dont elle se sert comme de mains, de même la jeunesse est sujette à faiblir et à se laisser tomber d'ellemême, si elle ne rencontre l'appui sûr d'un vieillard. Les jeunes gens, bien loin de pouvoir diriger les autres, ne savent pas se conduire eux-mêmes, dénués qu'ils sont d'expérience et dé-
quando est œtas lit nullum sui periculum fecerit, incertwnque sit quitus mo- )-ibus, qua prudeutia, qiio génère exercitii, qua vivendi ratione sit vitam acturus. Duorum insuper inscitia simul juncta, œtate ad vitiuni tenera, magna incommoda afferet in vita. Alter alteriim in mœrorejn trudet dum indulgebunt suis cupiditatibus, quibus obsistere injirmo animo, nullo itsu, nulla prudentia didicerunt. Plurimi, ut alia omittam, ampla patrimonia a parentibus relicta dissipant, ut postmodum egentes vitam inopem cum liberis ducere compellantur : qua ex re multas mulieres fieri détériores nécessitas cogit; nonmillas etiam labi adolescentium iniquitas et stultitia inipuîit, ut par uni tutum sit Jï lias suas iis moribus crederc.
pourvus de raison. Si bien que, entre autres inconvénients, il arrive qu'une femme est recherchée en mariage pour un garçon dont Page tendre n'a encore subi aucune épreuve; on ne sait ni s'il a quelques qualités morales, quelque prudence, ni comment il pourra se conduire et gouverner sa vie. Leur mutuelle imprévoyance, à un âge où le vice a tant de prises, apportera de grands troubles dans leur avenir. Ils seront l'un pour l'autre une cause incessante de chagrins, en se livrant à leurs passions, qu'une volonté débile, sans nulle science, sans nulle pratique de la vie, sera impuissante à réfréner. La plupart des jeunes gens, pour m'en tenir là, dissipent la fortune que leur ont laissée leurs pères, et sont réduits à passer le reste de leur vie dans la misère, avec leurs enfants; c'est ce qui fait que tant de femmes tombent dans la débauche. Un grand nombre d'entre elles doivent leur chute à la folie ou à la perversité de jeunes maris, ce qui
» At vero in senibus vita omnis anteacta cognita est et perspecta : in promptu siint mores, rictus, fortiinœ, qiiœstus, prudent ia, y aie tu do, vel ad vitia vel ad virtuteni spectantia, in quitus immutandœ deteriorandœve consuetudinis nulla suspicio supersit. Senis namque œtas prudent ia, consilio viget, ut non facile in errores labatur. Hic uxorem, rem imbecillam, reget ordine et domesticis institutis ; effervescentes annos bene Vivendi prœceptis compescet atque instruet : fortunas non solum servabit, sed augebit in suum et filiorum usum. Etenini ut pomoruni, sic œtatis, naturœ maturitas quœdam est : qui fructus est uberriinus senectutis.
montre combien il est peu sûr de leur confier ses filles.
» Pour les vieillards, au contraire, on connaît leur vie passée, elle est tout entière à jour. On est immédiatement au fait de leur caractère, de leur manière de vivre, de leur avoir, de leurs revenus, de leur sagesse, de leur santé; on sait s'ils sont portés au vice ou à la vertu, et il y a bien peu de chances qu'à leur âge leurs habitudes changent, en bien ou en mal. C'est par excellence l'âge où l'on est le plus prudent, le plus prévoyant, oii l'on ne fait rien à l'aventure. Un tel mari dirigera à merveille une femme, relèvera une fortune qui périclite, fera régner l'ordre au foyer domestique. Il modérera et calmera par de sages observations l'effervescence juvénile de sa compagne; il ne se contentera pas de conserver les biens acquis, il les augmentera encore, pour lui et ses enfants. L'homme, comme les fruits, a son époque naturelle de maturité^ et c'est là le plus clair profit de la vieillesse.
» Neque tu mihi nonnullos senes afferas valetudinarios, difficiles ac morosos, qui pueris aliquando sunt détériores. Omnis celas insaniam redolens repudianda est.
Sed insaniorem œtatem juvemim efficit ignorantia veri, et regendœ rei familiaris desuetudo.
)) Cum igitur experienîia rerum, virtute, consilio, senectus excellât, cumque domestica inre accuratior diligentiorque esse soleat ; propter publicam utilitatem, propter societatem vitœ communis, propter mutuum vivendi prœsidium, propter mutuam tutelam, etiamsi filiorum spes absit, seni uxor erit accipienda. Neque vero uxor tantum, sed juvenilibus quoque annis et œtateflorida. Prinium, ejusœtatis anhelitus purus atque incorruptus senectutem vivijîcabit conservabitque integram. Deinde adolescens tanquam cera, teneris adhuc annis, viri moribus et consuetudine imprimetur, ut levi momento assuescat viri desiderio parère, id
» Et ne viens pas me parler de ces vieillards cacochymes, rechignes et grognons qui sont parfois pires que des enfants. Tout homme, jeune ou vieux, qui n'est pas sain d'esprit, doit être écarté; mais la folie des jeunes gens est encore pire, en ce qu'elle provient de l'ignorance du vrai et du manque d'habitude de gouverner une maison.
)) Donc, puisque la vieillesse est par excellence l'âge de l'expérience, de la vertu, de la sagesse; puisqu'elle montre plus de soin et plus d'attention à la bonne administration du ménage, je dis que dans l'intérêt public et pour le mieux de la communauté conjugale, pour qu'on trouve dans le mariage un soutien réciproque, une mutuelle assistance, il est bon qu'un vieillard prenne femme, quand même il n'espérerait pas avoir d'enfants. Et je veux non-seulement qu'il prenne femme, mais qu'il prenne une femme jeune et dans toute sa fleur. D'abord le souffle pur et chaste d'une jeune fille ragaillardira la vieillesse et la conservera
appelât, id réfugiât, qiiod viriim optare animadvertat. Ut enim tenellœ plantœ quo velis flectuntur magis quam corroboratœ , ita adolescentiores facilius redigas ad tiiam consuetudinem, quam illas quas vel œtas vel alterius viri usus reddidit callidiores.Tibi obsequentem faciès, ad tuum ntitum inclinabis, assuesces nullis malis imbutam moribus tiiis morigeram obsequi, vereri œtatem, sapere, qiiid sit laudi, quid vitio dandum internoscere, et admoniiione continua et vivendi usu.
» Rei vero iixoriœ, nisi superiorum annorum culpa obsistat, tantum impartietur (etiam uxore id, si pudica fuerit.
DOIT-IL SE MARIER r* 4I
intacte. De plus, à cet âge presque enfantin, la jeune fille recevra comme une cire molle l'empreinte du caractère et de la volonté de son mari ; elle s'habituera bien vite à aller au-devant de ses désirs, à régler ses goûts et ses répugnances d'après ce qu'elle aura observé chez lui. Les faibles tiges se laissent plus facilement diriger que les rameaux vigoureux ; de même, tu façonneras plus aisément à ta manière de vivre une toute jeune fille qu'une femme rendue plus rusée par l'âge ou par l'épreuve qu'elle aurait faite d'un premier mari. Accoutumée à la soumission, un signe suffira pour qu'elle te comprenne; comme elle n'aura aucun mauvais penchant, qu'elle se sera pliée à tes habitudes, tu l'amèneras facilement à te complaire, à te respecter, à savoir discerner ce qu'il faut faire ou ne pas faire; tes conseils quotidiens et votre genre de vie suffiront à produire ce résultat.
» Quant à ce qui est du devoir conjugal, à moins que la vieillesse ne s'y oppose tout à fait, tu t'en acquitteras avec une
postulante) quantum Yationi et procreandis liberis satisfiat. Videmus pueros in religiosis locis ahditos, dempta exeundi evagandique facultate, et voluntatem quoque, per desuetiidinem, ludendi evagandique abjicere, et externorum quœ non vident nulla moveri cupiditate. Licet œtas ac natura repugnare videaiur, tamen prodest usus contrarius. Simili modo et de virginibus conspicitur, quas seclusas ab homimim mulieriimque congressu^ si bene instituantur, nulla cura ejusmodi movet. Qiiid igitur mirum est, nuptas senibusvirgineSy virorum monitis et consiliis imbutas, multas voluptatum illecebras quas non norunt, aspernari, obtempérantes desiderio senioris, et id rectum putantes quod agendum ratione et prudentia didicerunt. Id optimum ducent quod vident virivaletudini conferre; existimabuntque ejus incolumitatem rébus cœteris quœ brevi labuntur esse prœferendam. Gaudebunt se junctas eis viris, qui, quod maximum est in conjugali fructu^ et recte vivendi prcecepta, et facultates
modération, quêta femme elle-même, si elle est chaste, sera la première à te demander; ne faisant rien que de raisonnable et seulement en vue d'avoir des enfants. Voyez ces jeunes garçons élevés dans les monastères : une fois qu'on leur a ôté la possibilité de sortir et de s'amuser, ils en perdent à la fois l'habitude et l'envie, ils ne songent même plus à jouer, ils n'éprouvent plus aucun attrait pour les choses du dehors qu'ils n'ont plus sous les yeux. Quoi que semblent exiger chez eux l'âge et la nature, la privation continuelle en vient à bout. De même, nous voyons des jeunes filles qui, éloignées du commerce habituel des hommes et des femmes, ne sont plus tourmentées de tentations charnelles. Qu'y a-t-il donc d'étonnant alors à ce que de jeunes vierges, mariées à des vieillards, imbues des recommandations et des conseils de leurs époux, méprisent la séduction de voluptés qu'elles ignorent, obtempèrent aux désirs d'un homme qui leur est supérieur en âge, et estiment sage ce que
rerum ad vitam de more degendam, suppeditare valeant.
» Ita , mea sententîa, melius seni qiiam adolescenti virgo nubet. Nam quamvis] pares cum paribus veteri proverbio facile congregentur, tamen sapientius est hœrere ei œtati a qua absit suspicio paupertatis, insit autem virtiis ac regendi sapientia, ex qua bcne vivendi ratio ac disciplina possit percipi, quam ei in qua subsit agendi timor, quœ fragilis est, îiiillo iisu, nulla priidentia, nullo vivendi ordine suffulta, maximeque inscia ad liberos educandos. Etenim cum imius stultitia sit salis ad evertendam rem familiarem, qiiid si duo lubrica œiate stulti copulentur ? Quanta erît domus
la prudence et la raison en personne leur conseillent? Elles se soucieront surtout de voir leur mari bien portant, et préféreront sa santé à tout le reste, à des plaisirs qui durent si peu. Elles seront heureuses d'être mariées à des hommes qui peuvent, c'est le grand point en ménage, régler la vie commune et fournir honorablement, suivant leurs moyens, aux dépenses de la maison.
» Ainsi, suivant moi, une jeune fille a plus d'avantage à épouser un vieillard qu'un jeune homme. Malgré le vieux proverbe : Qui se ressemble s'assemble^ il est sage pour elle de s'attacher à un homme que son âge met à l'abri du besoin, qui possède la prudence et la sagesse, dont elle ne recevra que de bons préceptes pour se diriger dans la vie, plutôt qu'à un jeune homme qu'elle aura toujours peur de voir mal tourner, inconstant, sans expérience, sans usage de la vie, sans règle de conduite arrêtée, inhabile surtout à élever ses enfants. L'imprudence d'un seul suffit à
illius calamitas, quanta desolatio? Atqiii nullam prudentiam^ rerum nullum usum, millam vitœ degendœ rationem esse in adoîescentibiis saîis constat, ut id, cum experimento ipso confirmetur, nulla indigeat probatione.
» Nam quod parentes dixisti voluptate liberorum carere, cum prius e vita sit abeundum quant ad virtuteni institui queant; non video cur adolescentes potius quam senes filiorum jocunditate fruantur. Siquidem nulla certior junioribus œtas quam senibus promittitur : sed diuturniorem ac firmiorem prope vitamfata spondere videntur illis, qui ad annum quinquagesimum pervenere, œtate intégra. Emensi enim multos vitœ casus ac labores, obfirmasse quodammodo naturam videntur contra morbos, ac corroborasse diuturna cura ad perferendos labo-
consommer la perte d'une famille ; que sera-ce si deux imprudents s'unissent dans l'âge des folles passions? Quelle ruine, quelle calamité pour ce ménage!
Que les jeunes gens manquent complètement de sagesse, qu'ils n'aient aucun usage de la vie, aucune idée de la conduite à tenir, c'est ce que nous voyons tous les jours; il est donc bien inutile de le prouver par le raisonnement.
♦ Tu prétends aussi qu'un vieillard sera privé du plaisir d'élever ses enfants; qu'il lui faudra quitter la vie avant d'avoir pu en faire des hommes vertueux; mais je ne vois pas pourquoi les jeunes gens jouiraient seuls d'un si doux avantage. Quoique personne, vieux ou jeune, ne soit certain de vivre, les chances de bonne santé et de longue vie ne sont-elles pas tout en faveur de ceux qui ont atteint vertement la cinquantaine ?
En traversant .les hasards et les difficultés de l'existence, ils ont roidi, pour ainsi dire, leur tempérament contre les
res. Phirimos quidem morbi confichint in œtate teneriori, quos anni corroborati contemnunt : facilius enim subrepunt prioribus annis, qui tanquam ceraadcalidiorem auram liquefiunt. Omne tempus nimirum dubium est et variis œgj'itiidinibtis subditum : pliiribusqiie subditum periculis juvenum quam senum : tum quia natura ipsa per se fragilis est ea œtas atque iynbecilla, tum quia servaremodum nescit, neque temperare a voluptatibus, qiiœ persœpe magnarum causa sunt injirmitatum. At vero senes, corroborata œtate^ usufirmiores^ experientia péritiores, tum valitudiuum impetum fortius suscipiunt, tum eas cautius déclinant, quo certior ac longior vita senum esse videtur. Insuper non est repudianda œtas, ad quam viginti aut triginta anni possint adjici, qui satis superque satis sunt ad educationem filiorum. Nam tum adulti, et intelîigere et sapere possunt, si fuerint a doctis et sapientibus, quales sunt senes, parentibus instituti. Id vero maxi^num commodum in senibus ex educatione libe-
maladies; ils l'ont habitué, par un exercice continuel, à supporter la fatigue. Il est, en effet, des maladies qui terrassent nombre de jeunes gens, et dont se moquent les hommes faits; elles ont plus de prise sur cet âge tendre, semblable à de la cire qu'un souffle un peu chaud fait fondre. Aucun âge n'offre de sécurité absolue; tous sont sujets à une foule de maux ; mais il y a bien plus de dangers pour un jeune homme que pour un vieillard, tant parce que la jeunesse est naturellement frêle et délicate que parce qu'elle ne sait garder aucune mesure, rien refuser à ses passions, et c'est là la source ordinaire des plus graves infirmités. L'homme mûr, au contraire, d'une santé solide, éprouvée, et qui a par devers lui l'expérience acquise, supportera vigoureusement le choc des maladies ou les esquivera prudemment; aussi semble-t-il plus assuré de vivre longtemps. Ainsi donc il ne faut pas faire fi d'un homme qui a encore devant lui vingt ou trente années d'existence,
rorum percipitu)% qiiod meliores multo moderatioresque ac perspicaciores videmus eos qui asenioribus educantiir, quant eos qui a junior ibus, qui nullam filiis neque doctrinam, neque prudentiam, neque certam vitœ rationem possint tradere, ipsi omnium ejusmodi rerum expertes.
» Sed fac senis vitam esse breviorem; mmquid non percipiimt in filiis immensam ac prœcipuam voluptatem? Siquidem eo tempore filios nutriunt, cwn anni teneriores existant, quo patrem vereri, honore prose qui, parère, prœsto adesse, nutum observare parentum, disciplina didicerunt, ut nulla ex eis causa mœstitiœ exoriatur. Robustiores vero annos contumeliosiores licentia efficit : frœna parentum respuunt, voluntatem aspernantur, prœ-
laps de temps qui suffit, et au delà, à l'éducation des enfants. Ceux-ci pourront grandir, acquérir de l'intelligence et de la sagesse, s'ils sont bien dirigés par des parents instruits et sages, et tels sont d'ordinaire les vieillards. Je dirai plus, l'éducation donnée par les vieillards offre un immense avantage : c'est que les enfants élevés par eux sont connus pour avoir plus de bonté, de tempérance et de pénétration; un père jeune ne peut inculquer à ses fils ni science, ni prudence, ni règle certaine de conduite, puisqu'il en manque lui-même.
» Mais, raccourcis à ton gré les jours des vieillards : est-ce qu'ils ne recueillent pas de leurs enfants une grande, une profonde joie? Si certes! Ils en jouissent durant cette période charmante de l'enfance où la simple éducation apprend à vénérer son père, à l'entourer de prévenances, à lui obéir, à accourir près de lui, à épier le moindre signe; ils n'en reçoivent aucun sujet de chagrin. Plus tard, en grandissant, les enfants s'enhar-
cepta contemmint : reprobi ac contumaces suo more vivunt, quœ res perscepe maximo dolore parentes premit. Qui ergo breviores sunt vitœ munere, solam ex filiis voluptatem sumunt, nulla calamitât e admixta.
» Verum quœ te ratio, Nicolae, impellit ut matrimonium senibus dissuadeas ?
Nimquid filios non procréant? Nunquid familiœ curam ignorant ? Nunquid ad prolem gubernandarn inepti videntur?
Nunquid vel cor pore vel ingenio debiliores ? — Ut antiquiores M. Catonem priscum illum, ut M. Tullium multosque prœterea doctissimos ac sapientissimos viros omittam, qui exacta ferme œtate adolescentulas matrimonio sumpsere^ paulo superius, œtate matura Galeottus Malatesta, cujus nomen ob res pace et bello prceclarissime gestas apiid Italos longe lateque viget, quarto et septuàgesimo œtatis anno uxorem adolescentem
dissent; ils secouent le joug de la famille, méprisent la volonté paternelle, font fi des bons conseils; obstinés et rebelles, ils veulent vivre à leur guise et causent à leurs parents de cruels soucis. Ceux donc qui de bonne heure quittent la vie ne recueillent de leurs enfants que de la joie, sans mélange d'aucune amertume.
» Vraiment, quelle idée te prend, Niccolo, de déconseiller le mariage aux vieillards? Ne peuvent-ils pas avoir des enfants? Sont-ils des ignorants en matière de ménage? Te paraissent-ils impropres à gouverner une famille ?
Sont-ils si débiles de corps et d'intelligence? Sans parler de ces illustres de l'antiquité, de Caton l'Ancien, de Marcus Tullius, et de tant d'autres très-doctes et très-sages personnages qui presque à la fin de leur carrière ont épousé des jeunes filles, je pourrais citer l'exemple d'un homme qui fut notre contemporain^ Galeotto Malatesta, dont le nom et les hauts faits, dans la paix
sumpsit, exque ea quatuor jilios gemiit, qui postea viri totius Italiœ prœclarissimi habiti sunt : quorum Carolum ipsi vidimus literarum studiis Jlorentem, bellique ducem prœstantissimum œtatis nostrœ. Hos cum natura ad virtutem édita adjuvit, tum paterna institutio, virtus atque auctoritas, per omnem vitam ante ipsorum oculos observata. Multum quidem valere et magnum pondus habere arbitror, in liberis educandis, parentis senis, auctoritatem ac sapientiœ plenam cohortationem, quœ etsijuvenibus vigeant, minus tamen ponderis habere videntur, cum ab illa œtate aliéna quodammodo credatur esse prudentia. Maturitatem in senibus, gravitatem, consilium, rerum experientiam esse arbitramur. Ea res auctoritatem quandam parit, ut hi plus cceteris providere et sapere existimentur. Id multum projîcit ad coercendam œtatem lubricam filiorum, qui parentum vestigia imitati, se ad eoriim quibuscum vivunt mores et vitam componunt, mandatis obtempérant, nutum observant, non
comme dans la guerre, ont resplendi par toute l'Italie. Au déclin de sa vie, à l'âge de soixante-quatorze ans, il a pris pour femme une enfant, et il en a eu quatre fils qui, dans la suite, se sont illustrés entre tous. L'un d'eux est ce Carlo Malatesta que nous avons nous-mêmes connu comme un des hommes les plus instruits et comme le plus habile général de notre époque. Sans doute, leur heureux naturel les portait déjà à bien faire, mais l'enseignement paternel, la vertu de leur père, l'exemple de toute sa vie étalée sous leurs yeux les y conviait aussi fortement. Je crois, en effet, que ce qui a le plusde poids, dans l'éducation des enfants nés d'un père plus âgé, c'est son exemple, c'est sa vie entière, pleine d'exhortation à la vertu. Il y a des jeunes gens vertueux, assurément; mais leur vertu a moins d'influence parce qu'elle semble en quelque sorte étrangère à leur âge. A première vue, nous estimons que la maturité, la gravité , la prudence , l'expérience sont
obscènitatem aliquam, non turpitudinem, non insulsos jocos domi condiscunt, sed honestatem, continentiam, modestiam, gravitatem, quibiis rébus ab ineunte œtate imbuti, etsi parentum prœsidio destituantur, tamen prioribus annis perceptam disciplinam per omnem vitam conservant. Hoc pacto viri sœpius prœclari evadunt et cœteris prœstantiores.
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des apanages de la vieillesse ; par suite, nous attribuons aux vieillards une certaine autorité, nous les croyons plus prévoyants et plus capables que les autres. Cette opinion agit efficacement à rencontre des ardeurs de la jeunesse; les enfants, soucieux d'imiter leur père, règlent leur vie, leurs habitudes sur celles qu'ils ont continuellement sous les yeux; ils apprennent à obéir, à comprendre un signe; ils ne savent ce que c'est, n'en ayant point d'exemple à la maison, qu'une obscénité, une vilenie, uue plaisanterie indécente; ils voient, au contraire, de parfaits modèles d'honnêteté, de continence, de modestie, de gravité. Imbus de ces sentiments dès leurs premières années, quand bien même l'aide de leurs parents viendrait à leur faire défaut, ils conserveront toute leur vie la bonne direction donnée à leur jeunesse. C'est ce qui fait que la plupart du temps ils deviennent des hommes remarquables, et l'emportent sur tous les autres.
» Itaque dicam iteriim quod sentio.
Seclusa privata iitilitate, publia cornmodi gratta, senibus iixorem, et qiiidem adolescentem habere expedit : condiicit enim reipublicœ maxime viros graves, prudentes, bonos esse in civitate, qui sua sapientia cœterorum stultitiam substentent.
» Adde quod magnum est vitœ nostrœ adjumentum habere oui vitam tuam credere, cum qua cogitationes commitnicare, consilia conferre, gaudium impartiri, œgritudines lenire possis, qitem te alterum, quod in perfecta est amicitia, vere queas dicere. Neque vero verendum est ne te non amet, si abs te amari, ut decet uxorem, si castamfidem servari, si se ut alteram tui partem, non ut servant tractari senserit, quœ senes facillime prœstant. Nam quotusquisque est ex his junioribus, qui conjugalem fidem non abritmpat ac distrahat? Effervescit libido latius quam œquum est, neque se continet intra domesticas metas.
» Je le répète donc : en mettant de côté les avantages particuliers, il faudrait, dans rintérêt public, que tous les vieillards prissent femme et même prissent une jeune femme; il importe, en effet, beaucoup à l'Etat d'avoir nombre de citoyens posés, prudents et honnêtes dont la sagesse fasse équilibre à la folie des autres.
)) Ajoute que c'est une grande consolation dans la vie d'avoir près de soi quelqu'un à qui l'on puisse se confier entièrement, communiquer toutes ses pensées, avec qui discuter un parti à prendre, partager sa joie, adoucir ses peines, avoir enfin un autre soi-même, ce qui ne se rencontre que dans une amitié parfaite. Et il n'est pas à craindre que ta femme ne t'aime pas, si elle sait que tu l'aimes uniquement, comme il convient quand on est marié, que tu lui es fidèle, que tu la regardes comme ta moitié, non comme une servante, toutes choses auxquelles les vieillards n'ont garde de manquer. Parmi les jeunes
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Pellex potior uxoris loco habetur. Furfur, ut inquiunt, domum, alio farinam exportari queruntur, ex quojurgia, contentiones, odia indigna matrimonio sub' sequunîur, et vindicandœ quandoqiie contumeliœ appetitus. Seniorum moderata voluntas ; fides conjugii incorrupta; affectio in conjugem singularis ; integritas mentis sana. Cessât reialienœ appetitus.
Mutua benevolentia et conjugii sacra fides eam voluptatem prœbet, qua nulla queat esse major inter mortales.
» Qiiid quod alacrior ac multo jucundior senectus ex conjugiojunioris. Nam quodsenes tanquam imbecilles invenerem culpasti, id quidem summa est illius œta-
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gens, combien y en a-t-il qui ne trahissent et ne déchirent le contrat conjugal? L'ardeur amoureuse fermente à leur âge plus que de raison et ne sait pas se contenir dans les légitimes limites. On préfère une maîtresse à sa femme. On garde le son, comme on dit, pour la maison, et l'on porte au dehors la farine; de là des reproches, des querelles, des haines indignes du mariage et souvent, chez la femme, l'envie de rendre outrage pour outrage. Quel contraste avec les désirs modérés des vieillards, leur foi conjugale inaltérable, leur amour réservé uniquement à leur femme, leur raison toujours en équilibre! A cet âge, on cesse de convoiter les pommes du voisin. L'affection réciproque et la fidélité gardée produisent une telle béatitude, qu'il n'en peut exister de plus grande sur la terre.
» La vieillesse, c'est incontestable, se ravive et s'égaye au contact d'une jeune femme. Tu reproches aux vieillards de ne pas valoir grand chose au lit ; c'est ce
tis laus et prœcipua yirtus. Tantum enim voliiptati impartiri debemus, si modo homines simiis, non beluœ, quantum satis est ad procreandam prolem, cujus causa etiam bruta coitum appetunt. Quod ultra appetitur, magis bestiarum opus est quam hominum utentium ratione.^quum est tantum in voluptate progredi quantum ratio matrimonii poscat. Luxuriant non solum in senibus, sed et in adolescentibus turpem ac vitiosam esse sapientes volunt. Senis igitur in hoc moderatio maxime est commendatione digna. Qiium rationem, prœcipuam vitœ ducem sequeris, necessaria atque utilia quœ sunt, sequeris. Quod si iixoris aliquem vehemsntiorem appetitum noverit, sicut in injirmis quandoque contingit, qui, morbo ingravescente, multa inutilia, licet gustu suavia, appetunt, moderabitur ratiojie, et id conferre docebit quod naturœ et honestati fuerit necessarium.
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dont il faut les féliciter, au contraire, et leur principal mérite. Nous ne devons accorder aux plaisirs charnels, si nous sommes des hommes et non des brutes, que juste ce qui est suffisant pour la procréation des enfants; les animaux eux-mêmes ne désirent que pour cela l'acte vénérien. Aller au-delà, c'est de la bestialité, et non le fait d'êtres doués de raison. Il est donc convenable de ne rechercher la volupté qu'au point de vue du but même du mariage. Les sages stigmatisent la débauche, comme honteuse et blâmable, non-seulement chez les vieillards, mais chez les jeunes gens. La modération des premiers sur le point en question est donc ce qui doit les rendre recommandables. Celui qui suit en tout la raison, guide de la vie, ne fait rien que de nécessaire ou d'utile. Si donc il observe chez sa femme quelque appétit déréglé, comme il arrive d'en avoir aux malades, qui, sous l'influence de la fièvre, veulent manger un tas de choses agréables
» Qiiod vero neqiie virgincm neqiie vidiiam neque œtate maturam diicendam existimahas, pace tua, Nicolae, dixerim nimis aberrare vidéris a recto jiidicio, et tuis moribus f avère. Ducet quidenivirginem, et eo inagis qiiod annos teneros nulla alterins prœterquani domestica jparentiim consuetudine edoctos, flectet quo volet, in siiam institutionem inducet, suis moribus coaptabit, auctoritate et consilio reget; id esse optimum docebit quod fuerit honestum- ostendet quanta sit continentiœ virtus, quid pudicœ ab impudicis différant, quatenus voluptati indulgendum sit, quatenus abstinendum. Ita verbis, nisi animal stupidum fuerit, assequetur, ut quod anni aliquando poscunt ratio moderetur,- quod vir suaserit, id potissimum censeat faciendum.
au goût, mais tout à fait nuisibles, il refrénera ses désirs, au nom de la raison, et lui apprendra à ne vouloir que ce qu'exige la nature et ce qui est conforme à l'honnêteté.
» Tu ne voulais tout à l'heure à aucun prix qu'un vieillard épousât soit une jeune fille, soit une veuve, soit une femme d'un âge mûr; permets-moi de te dire, Niccolo, que tu me semblés t'éloigner par trop du sens droit, et vouloir que tout le monde te ressemble. Il fera très-bien d'épouser une jeune fille; il fera d'autant mieux que cette enfant, à la fleur de l'âge, n'aura encore reçu d'autre impression que celle de sa famille, qu'il la pliera à sa guise, qu'il lui fera adopter sa manière de voir, qu'il la façonnera à ses habitudes, qu'il la dirigera par son exemple et ses conseils; il lui apprendra à n'estimer que ce qui est bien; il lui enseignera le mérite de la continence, en quoi les femmes chastes diffèrent des débauchées, ce qu'il faut accorder et ce qu'il faut refuser au
» Vidiia autem si virum juvenem fiierit experta, recordabitur se quandoque ab eo spretam et contemptam fuisse, alteram quœsitam, se adulterœ postpositam, lacessitam jiirgio, et verbere aliquando appetitam. Venient in mentem vestes persœpe aut vemindatœ mit condonatœ pellici. Adolescentiœ levitas succurret, difficultas morum, inconstans matrimonii fides, ut cum ad senem pervenerit ubi omnia cessant, in portum tranquilhnn ex procelloso mari se cxistimet pervenisse.
plaisir. Ces sages préceptes, à moins qu'elle ne soit stupide, auront sur elle un tel effet que si son jeune tempérament s'insurge parfois, elle le mettra à la raison et n'aura qu'une règle, la volonté de son mari.
» Supposons maintenant qu'au lieu d'une vierge ce soit une veuve, ayant eu un jeune mari; elle se souviendra du temps où il arrivait à celui-ci de la dédaigner, de faire le dégoûté, d'en rechercher une autre. On lui préférait une coureuse, on n'avait pour elle que des injures, sans compter le bâton, qui parfois se mettait de la partie. Et combien de fois ses nippes n'ont elles pas été vendues ou données en cadeau à une maîtresse? Toutes ces choses lui reviendront à l'esprit en même temps que la frivolité de la jeunesse, les embarras de la vie, la fragilité de la foi conjugale. Comme tout cela a changé depuis qu'elle est l'épouse d'un vieillard! Il lui semblera avoir échappé à la mer orageuse pour entrer dans un port tranquille.
68 UN VIEILIAR
» Maturos quoque annos senex non reformidabit ,' et absque liberorum spe, pr opter ipsam naturœ societatem, communisque vitœ adjiimenta, appetet vetulœ conjunctionem, ut diionim imbecillitas communibus viribus validior fiât: nam sicut quod robustissimiis sœpe vir nequit, unius debilis accessione conficitur, ita quod aliquis impotentior solus non potest assequi, alterius licet parvulum auxilium subminisîrat ; et sicut cum manus unica manca est, duœ altéra alterius fulta adminiculo perfectam rem efficiunt; ita quod uni deest alterius subsidio fulcitur.
» Dixisti quoque tibi vitam senum videri breviorem. Non possum negare termino qiio proficiscuntur propinquiorem esse. At ea est vita perfectior, majorique agitur cum lande. Prœstat enim brevi vivere cum virtute, quam cervo-
» Notre vieillard ne reculera pas non plus d'épouvante devant une femme déjà mûre; sans doute, il n'espérera pas avoir d'enfants, mais il la recherchera pour le charme de l'union matrimoniale, pour que leurs deux faiblesses se prêtent un mutuel appui. Car ce que l'homme le plus robuste ne peut quelquefois pas faire tout seul, il y parvient avec l'aide d'un autre plus faible ; ce que Ton est impuissant à réussir sans secours, on le réussit très-bien avec un peu d'aide; de même encore, une main unique est toujours maladroite, et les deux mains, en se prêtant une mutuelle assistance, viennent à bout des choses les plus difficiles. Ainsi, dans le mariage, ce qui manque à l'un, l'autre y supplée.
» Tu nous as dit aussi que, selon toute apparence, il reste peu de temps à vivre aux vieillards; je reconnais que pour eux la fin vers laquelle ils s'acheminent est plus proche que pour les autres. Leur vie n'en est que plus par-
yO UN VIEILLARD
ruîn vitam ducere cum ignavia, stiiltam, erroris atque inscitiœ plenam, qiiœ et sœpius labitiir quo est fragilior et flexibilior'ad vitia. jEtas senis (eos vero senes appello qui id nomen substinere possunt) quantaculacunqiie superest perfecta est, in qua viget animiis, mens, consilium, quœ virtutis est habitaculum, et fructus vitœ superioris.
■tt Itaque quoqiio verteris necesse est concédas œtatem senis ad matrimoniimi utilem, ad vitœ usiim accommodatam, ut ea nobis appetenda sit si volumus per/ecte et cum virtute vivere. »
Hœc cum dixisset, « Cur, » inquit Nicolaus, « tu Carole non expectasti senec-
faite; ils l'achèvent honorablement. Ne vaut-il pas mieux vivre vertueux moins longtemps, qu'atteindre la longévité des cerfs dans la lâcheté, la sottise, l'ignorance et l'erreur? plus l'existence est longue, plus elle offre de danger, plus elle est sujette aux vices. La carrière des vieillards^ et je n'appelle ainsi que ceux qui sont dignes de ce nom, si courte qu'elle soit est du moins exempte de reproches; à cet âge, l'esprit, la vigueur intellectuelle, la raison sont dans toute leur maturité; c'est, en quelque sorte, le sanctuaire de la vertu; on y goûte les fruits d'une existence bien remplie.
,■> Donc, voilà qui est clair : tourne-toi où tu voudras, il te faut m'accorder que la vieillesse joue dans le mariage un rôle utile, qu'elle est à la hauteur des nécessités de la vie, et que nous devons la désirer ardemment si nous voulons atteindre la perfection et la vertu... »
Il n'avait pas achevé que Niccolo s'écria : <i Pourquoi donc, Carlo, n as-tu
tutem in iixore ducenda, si ea tibi œtas adeo comprobatur? — Non, » inquit, « superiori œtati înatrimonia den.ego, si apte et commode fiant. Sed senectutem non esse alienam ab eo minière osîendo, qtiandoquidem ea certior perfectiorque œtas videtur. — Qiiilibet^ » inquit Nicolaus, « siium appetitum sequatur, sua cuiqiie sententia est. Hœc vero a te arbitror dicta ut huic nostro satisfacias. Voluisti, ut opinor, pro cibis verba reddere, ne illi aliquid deberes. Sed jam satis confabulati sumus. Id optime prospiciam, ne mihi reliquorum, insania obsit. »
Quœ cum dicta essent, surreximus.
DOIT-IL SE MARIER? jl>
pas attendu d'être un vieillard pour te marier, puisque l'âge mûr te paraît si enviable en ménage? — Je n'interdis pas le mariage, » reprit Carlo, « aux précédentes périodes de la vie, si l'on peut en contracter un convenablement et commodément. Ce que je prétends, c'est qu'il serait injuste d'en priver la vieillesse, c'est-à-dire l'âge qui présente le plus de sécurité et le plus de mérite. — Soit : que chacun suive ses goûts, » reprit Niccolo, « à chacun sa manière de voir. Mais je crois que tu n'as si bien plaidé que pour faire plaisir à notre hôte. Tu as voulu, j'imagine, lui rendre son dîner en bonnes paroles, afin de ne pas être en reste avec lui. Assez causé comme cela. Je m'en vais maintenant bien veiller sur moi, de peur que la folie des autres ne vienne à me gagner. »
Là-dessus, nous levâmes la séance.