XIV AVANT-PROPOS
pas moins^touché à l'endroit sensible.
S'il était bien décidé à ne pas se faire prêtre, il n'avait pas la même horreur pour la vie de famille, et, peu de temps après l'échange de ces lettres, il épousa une jeune et noble Florentine, Vaggia de' Buondelmonti. Il s'était arrangé, à Florence , une délicieuse retraite, encombrée de manuscrits précieux, de statues antiques et d'objets d'art, où c'eût été agir en égoïste que de vivre seul. Presque toutes ses lettres, à partir de cette époque, témoignent des satisfactions de tous genres qu'il rencontra dans son mariage ; on dirait qu'il y fait déborder le trop plein de sa félicité conjugale. Voici, par exemple, ce qu'il écrit à un savant ecclésiastique de ses amis en lui apprenant son union récente : « Trop longtemps, mon cher père, j'ai interrompu par négligence nos entretiens épistolaires : veuillez cependant ne pas croire que le tort provienne d'un
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coupable oubli de mes nombreuses obligations envers vous; je conserverai éternellement la mémoire de vos bienfaits.
Seulement, depuis ma dernière lettre, rien ne m'a paru assez important pour mériter que je vous en fisse part. Aujourd'hui qu'un grand changement s'est opéré dans ma situation, je m'empresse de vous l'apprendre pour vous faire participer à ma joie et à mon bonheur. J'ai mené jusqu'à présent, comme vous le savez, une existence intermédiaire, ni tout à fait laïque, ni tout à fait ecclésiastique. J'ai pour le sacerdoce une répugnance invincible et, parvenu maintenant à cette période de la vie où la régularité des habitudes devient indispensable, j'ai résolu de ne pas finir mes jours dans la solitude, à un foyer désert.
Quoiqu'au déclin des ans, j'ai pris pour femme une jeune fille d'une rare beauté et douée, en outre, de toutes les vertus et de toutes les qualités qui sont l'hon-