‹ Un Vieux rite médical (volume 2)Chapitre 3 sur 4 · HUE · texte numérisé non relu

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M. Meyrac (1). Dans quelques endroits le iitp pieux, coDserré pai' la tradition, est devenu un amusement. Ainsi Bourquelot, dérivant en 1839, disait « Je nie rappelle avoir vu encore, il y a quelques années lorsque le jour de saint Ayoul, la procession sortait de l'église, iclamations de la foule, les jtuue^ gaiçons et Us I filles passer en riant sous lu châsse du liienheu-

ortinor, au pour toa guérir des matadieB (uLi Ire. DiDS d'autrss cas, an pUce un snTant d

d'Aïahrapatùgic da Paris. 4< Sér. T. I, ISSU, p. BUT.

! .Irdfnnts, Hh.nH.

reux en qui, dès loi's, ils avaie leurs besoins (i). »

Une image vtni^rL'e et regar sert au même usage. C'est ainsi (Meuse) k la fête de Nolre-Damemage de la sain te Vierge, qui

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des images de s

imme miraculeuse Ligny-en-Barrois ;rtus, on promène it lacopie del'une

t Luc... On la porte, comme autrefois, les rues, le cinquième dimanciie après Pâques ; et avant qu'elle sorte de l'église, deux prêtres la soutiennent en l'air, pendant que plusieurs milliers de pèlerins satisront la dévotion qu'ils ont de passer des- •ora (2]. .

Après ces nombreux exemples empruntés à notre propre pays, nous pouvons passer rapidement sur les exemples que nous connaissons dans les pays étrangers.

A Aosle, en Piémont — nous aurions aussi bien pu donner cet exemple plus haut, puisqu'Aosie est en pays de langue française, — pour se guérir d'un panaris, on met le doigt malade dans le trou de la " Pierre Saint- Ours, " daus l'église appelée collégiale de Saint-Ours (3), — n A Modéne, les personnes qui ont mal aux jambes ou aus pieds vont se glisser à travers un passage étroit et bas, ménagé sous le tombeau de San Geminiano, qui ae trouve dans la crypte du dôme (4) n. Quoique le pays de Galles soit devenu protestant, le rite s'est conservé à l'église de LIandegla, nom qui conserve celui de sainte Thécle. On va d'abord se laver à la fontaine, et après diverses cérémonies (par exemple l'offrande d'un coq) le malade (on fait celte cure pour l'épilepsie)

11) Bimrqtialot. Snpersticion 13) Mgr GuiriD, Lu pellu i\ (3) F. »t d'une t-ie de saine

U ds Pmvini, P»riB, li

e ciivite pratiquée ii'eiller et la nappe reste là jusqu'au

entre dans l'église, se glisse dans sous l'autel, et avec une Bible poui de la communion pour couverture, lever du joui' (1).

A Gheel dans le Brabant, en Belgique, sainte Dyinpna est, depuis les temps les plus reculés, invoquée pour la guérisoo des fous. Suivant la légende, sainte Dympna serait une princesse irlandaise fuyant devant son père amoureux d'elle k cause de sa beauté et de sa ressemblance avec sa mèi'c; mais cette légende n'est que la variante pieuse d'un conie bien connu. Quoi qu'il en soit, on amenait les fous à Gheel pour les guérir ; ils restaient pendant ce traitement en pension chez les habitants du village et ils passaient sous le tombeau de la sainte dans l'église. Nous ne croyons pas que le rite se pratique encore à Gheel, mais on n'y a pas brusquement arrêté la tradition comme chez nous à Saint-Dizier : le médecin a remplacé le prêtre dans la direction du traitement ; les habitants ont continué à recevoir et à soigner les fous comme ils l'ont vu faire à leurs parents de génération en génération, et Gheel est célèbre comme colonie d'aliénés. — A l'église de Saint-Guido à Anderleclit près Bruxelles, il se trouve aussi un sarcophage ou un cénotaphe sous lequel on passait autrefois (2).

Echiernach, dans le Grand-duché de Luxembourg est fameux par sa procession dansante, qui se célèbre encore tous les ans et que j'ai, ailleurs, décrite de i'/s«(3). Mais auti'efois il s'y accomplissait encore en même temps d'autres cérémonies pieuses, notamment la t

(1) Ab Itbel dnu I-Arcitaatogia. Cambrtmis T. 1, Londres, 1U«, p. S3, (1) Ciliî par Krior, Dis SfriagpraicssiBii, etc., Lniembourg, 1S71, p. T*,

— ji —

des raiiipanls , repeiitiiim n. Un se rendaii [h'ocl-shuiiinellemenl à la croix qui se Ij'ouve près du " tilleul du saint Willibrord, " de l'auti-e côté du pont de la Sûi-e. Là se trouvait une pierre sous laquelle on glissait, et on l'evenalt proeessionnellement à t' église d'Echteruacb. La pien-e était très lias et le passage Était difficile : aussi l'abbé d'Echternach Richard Paschasius (qui fui abbé de 1657 è ifi67) eut la délicate et charitable attention de la faire exhausser d'un pied. Nous ignoroDs à quelle époque a cessé cette « procession des rarapanla n,

Panzer a cité plusieurs exemples pour la Bavière et pour l'Autriche (1) : le trou de l'aulel à Roppenwal dans la Basse-Bavière ; — une chapelle près de Hiittenstein dans la Haute-Autriche ; la chapelle est dédiée à saint Wolfgangetce sont les femmes enceintes qui passent par le truu d'une pierre afin d'avoir un heureux accouchement. C'est ici un rite de représentation propilialoîre facile à comprendre, pour que l'enfant passe aussi aisément plus tard que la mcre passe en ce monienl ; — une pierre analogue dans la chapelle de Saint-Maxime à Salzbourg; la crypte de l'ancienne cathédrale de Freyaing (Baviérej, où un passage est ménagé sous la tombe de saint Nonnosius : on y passe trois fois. ^- En Angleterre, M. Hewitt a signalé dans l'église (protestante) de Newington-Street (comté de Kent) un autel en forme de tombe avec un passage au-dessous qui a dû, autrefois, être l'objet de semblables pratiques (2).

Mais il y avait encore dans les églises d'autres endroits où l'on pouvait aussi se guérir en passant ; c'était

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il la disposiiion du retahlf sugg(''rait wi quelque sorte la pratique. Le retable est à proprement parler, dit Viollel-le-Duc, « le dossier posé sur une table d'autel et Tofinant ainsi, devant le céli^braut, uue sorte d'écran ». C'était aussi une dalle sculptée qui masquait une châsse ou un reliquaire, et lorsque ce retable était placé derrière l'autel, entre l'jiulei et le mur, avec un espace libre par-dessous, on passait là comme bous la châsse d'un saint. « Voici, dit Viollet-le-Duc (et une gravure facilite l'intelligence de ses paroles), une des dispositions rrcqueramenl adaptées pour les autels secondaires des églises. Le retable masquait et supportait le reliquaire sous lequel on pouvait se placer, suivant un ancien usage, pour obtenir la guérison de certaines infirmités (1). u

A tous ces usages pieux il faut joindre enfin celui que le curé Thiers rapporte ainsi : « Passer entre la croix et la bannière de la paroisse, lorsqu'on fait la procession à la grand-Diesse les dimanches, afin de n'avoir point la

fièvre toute l'année (-2). « On le faisiitt aussi, dit

ailleurs le curé Thiers , pour éviter le « nouement de l'aiguillette, n

es, malgré la reforme icono-

s usages se sont conservés

Dans les pays scandini claste du protestantisme, { dans les temples protestanis, mais sous une autre forme. J'en cite quelques-uns d'après M. Nyrop (3). Pendant trois soirées consécutives de jeudi, deux femmes, en gardant le silence, font passer un enfant à travei's Irois

11] Viollet-la-Duc , DietÎQnnalrc di l'ArchiUcluri, T. VIIT, IBIiS, ]). 37 cl Bg.ï.

é du Siàftrtliliom

T. I , livre V, cl

chaises Uu tenipin : ou bien encore elles le font passer trois fois sous un cercueil où se trouve un mort; ou bien entre deux tombes. Quelquefois, k la campagne, de jeunes mères arrêtent un convoi funèbre pour faire passer leur enfant malade sous le cercueil. On faîl encore passer l'enfant à travers une collerelte (rabat) de pasteur, ou à travers une robe de pasteur.

En Suède, l'usage de passer l'enfant " sous les lumières " rappelle l'emploi des cierges. On prend sept bougies dont les mèches ont été faites de fils pris aux vêtements de l'enfant, et l'on dispose ces sept bougies, allumée.^, sur un bâton que l'on appuie sur deux chaises. L'enfantest passé sept fois par l'ouverture enire le bâton aux bougies et le plancher. Cela fait, on retourne les cierges et on laisse la cire couler sur le plancher. Le crépitement des gouttes de cire est considéré comme les cris des mauvais esprits qui causent la maladie. On frappe alors le plancher couvert de cire et l'on croit que ces coups atteignent les mauvais esprits.

Comme dernier exemple... comment dirai-je ?... de laïcisation d'un rite sacré, je citerai, après M. Nyrop, les femmes norvégiennes qui font passer leur enfant malade par la lunette d'une lalrine. O fascination du

serment; le bateau par de la mosquée;

LE VENTHE d'un i m ; LA CORDE I SQUELETTE UE CHEVAL; PIERRES A TROC ET LES ANKEAUX DE etc. ; LA VACHE

^A^T de chercher l'explication psychologique du rite curatif que nous avons décrit danh les ppécédenia chapitres, il convient de relever des rites divers qui, en plupre s entent uae certaine analogie avec : pratiquer et se rapportent sans doute à la même origine

Dans les lies Orcades (au nord-est de l'Ecosse) se trouve le celèhre cercle de pierres de Stenois, et tout près de ce cercle , une pierre trouée que l'on appelle Woden's Stoae, c'est-à-dire, » la pierre de Woden (ou Odin |1). »

MFt de tronOspicB

Il est L-vicletil que le nom d'un des grands dieux gci-maniques n'a fait que supplanter un nom ancien — proliablement à cause du caractère sacré de la pierre — quand les pirates Scandinaves s'établirent dans ces Iles. Dans on contrat, on prêtait serment en joignant les mains par le trou de celte pierre. Ce serment était tellement sacré que ceux qui y manquaient étaient regardés comme des gens sans honneur. Une anecdote de la fin du siècle dernier en fait foi: un jeune liomme avait comparu devant les Anciens de la paroisse, accusé d'avoirabandonnéune jeune fille à laquelle il avait promis le mariage et qu'il avait rendue mère, disait-elle. Les Anciens furent particulièrement sévères, dit-oo, parce que la promesse de mariage s'était faite à la pierre d'Odin (1).

Le chanoine Mahé écrivant en 1825 sur les antiquités du Morbihan parle d'une pierre analogue, mais le serment n'y était plus pratiqué depuis longtemps [2j.

B Je ne dois pas oublier la pierre du serment, qu'on n voit dans le bourg de Plougoumelen. Elle a la forme 1 d'un cône tronqué et environ cinq pieds de hauteur; I elle a été jadis verticale, mais elle est renversée mainn tenant et de tempe immémorial. A son sommet elle » offre une cavité en forme de carré long. L'opinion I générale de la commune est que ce cippe, aussi-bien D qu'un autre presqu'en tout semblable, qui est couché » dans le fossé d'un champ, éioit autrefois un objet sacré » devant lequel on prétoit serment. Que les temps sont » changés, disoit ces jours derniers, et d'un ton éner- » gique, nn octogénaire du lieu ! Nos pères étaient bien » plus sages que nous ; ils n'avoient besoin ni de pro-

(11 TAt AnhM^l lo toms III do VA l'nn Toit deui ami d'Odln.

(B) Uàkà. Exiat

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Anllquiléi

11 cupeurs, ni de nolaîrea, ni de ce papier liiuliré qu'on n nous vend si cher. Quand ils vouloient contracter, les 11 deux parties se rentioient simplement prés de cette » pierre, et niettanE chacune la main dans cette cavilé ■ » que TOUS voyea, elles jurnîent d'élre fidèles à leurs B promesses ; et ces engagements étoient aussi ponctuelle lement observés que ceux de notre temps, qui sont n consignés sur du papier timbré, munis du sceau du n notariat et parafés de la main d'un notaire, s

Et Mahé ajoute à la page suivante : « Une autre tradi tion de certaines communes porte que jadis les parties contractantes se rendoient devant un arbre ; qu'elles y faisoient un trou et qu'elles le bouchoient ensuite, après y avoir déposé leurs engagements réciproques. Cette forme de serment et la précédente semblent se rattacher l'une au culte des pierres, l'autre au culte des arbres, et il est dîfGcite de croire que des campagnards les aient imaginées, i

11 est assez curieux de rencontrer la même pratique juratoire en Algérie, d'autant plus que là les Arabes ont intentionnellement fait un trou dans un marbre portant d'un càté d'une inscription romaine. Le marbre avait été encastré dans un mur ; le côté visible avait reçu une inscription arabe et on y avait percé un trou : a C'est sur ce marbre, d'après une ancienne légende, que ces derniers [les Maures] viennent prêter serment (1). »

Les marins écossais de la c6te du ne réussissent pas à la pêche et quai a jeté un sort sur le bateau, le font pase Pour cela, on fait un large nceud aux di gage la proue du bateau, on l'ait pass

m Ballflin ^pifrraphij„t dr la r.aulf. T. 1, IBSl, |

ord-est, quand iU ils pensent qu'on

dessous la tfuille, et quar g Borl est levé (l).

Chez les MuHitlmaiig lu rite curatif est entré dans la mosquée comme chez nous dans l'église. Tous les voyageurs en Egypte connaissent une mosquée du Caire oii se trouvent deux colonnes très rapprochées l'une de l'autre, a Quiconque peut passer entre ces deux colonnes est à l'abri de bien des nialélices et surtout d'un malheur très redouté des Orientaux. Heureux les gens minces ! J'ai vu des Aral)ea s'écraser pour tâcher de passer entre les deux colonnes... Les Européens qui ont passé par ces deux colonnes ont droit au talisman comme les vrais croyants (2). . — A Bassora sur le golfe Persique, on se guérit ainsi de la morsure d'un chien enragé. Un mollah descendant du Prophète monte !

deux piliers situés l'ut

! de l'autre; il s'y inslalle dans la posture du colosse de Rhodes ; le mordu passe entre ses jambes et guérit (3). — Dans la célèbre mosquée de Kairouan, en Tunisie, se trouvent ài'entrée et de chaque ciUé, u deu.x colonnes géminées, célèbres par la beauté de leur rouge vif, moucheté de taches laiteuses,

à la façon du porphyre L'espace qui sépare les deux

fûts est 1res étroit. Tous les Musulmans qui peuvent, même en quittant leurs habits, passer entre ces colonnes, sont déclarés purs et sont regardés comme c

(1) W. Gregor, Jfu(« an Dit follr-larc o[ JV. E. cf Scottand, Londrïs, IMt, p. in.

(î) B«™i Orlcnlali II Américaine. T, V, Pnrii, ISM, p. *5, d'upni» lo Cïp. C. D8T8UI, Lrs Kiballt! du DJcrdJéra. Varia. 18W. — On j cite on même Isiiij» Iss piliers de diffcrenloe oioBciuies qui oot drs vertus curativBB.

leur plate en paradis (l). » ^ M. Condev a signale la mosquée dite Al-Aksa, à Jérusalem, où se ti'ouvent, de chaque câté du miliràh (2), deux paires de colonnes où les pèlerins se pressaient également pour être airs d'une place dans le paradis. Nous disons « se pressaient n, pai-ce qu'un pacha " éclairé " a mis fin à cette " superstition " en faisant mettre des barres de fer entre ces piliers (3). M. Conder dit à ce propos que chez les Musulmans de Syrie passeï' daua un trou ou à travers deux .piliers est regardé comme une pratique ou un présage de bonheur. 11 assure en même temps que chez les Juifs c'est l'opinion contraire, que d'après le Talmud il est de mauvais augure de passer entre un mur et un palmier, ou entre deux palmiers; el que les Juifs évitent également de passer entre deux femmes, entre deu>: chiens, entre deuK serpents, entre deux pourceaux.

Le passage par le chariot nous fait remonter ii'ès haut dans l'histoire, avec la légende hindoue d'Apâlâ, car il en est question dans le Hig-Veda. Un hymne de ce re-

eil (4) est comme un Magnificat accompagné de l'offrande du sûiiia, où ApâJâ remercie Indra desaguértsoa; et dans la Brihaddevatd, vieux traité relatif au Rig-Véda, l'histoire est ainsi racontée. Apâlâ, fille d'Atri , est atteinte d'une maladie de peau, une sorte de lèpre, et elle invoque Indra :

l) Abbv B^ |3| Lo Hàhr,

SEt U niche ou cfaaire dans lu dira pour présider ,i U pris» polilïque.

(I) Condor, Helh and Moai, Londres, iiSS, p. MS {4) gig-%'ida. Vin, m lau »1, [[-epros uns outre façon dr i

iufrecht d»ii

p IV d

« H.'nils-inni , A IJakra [nom trindcii] , l.ien poilue, » iri'L^pvo diable eu mes memlires, belle Je peau. — • Aj':int entendu cette parole d'elle, Furandara [autre » nom d"ln(lra], en fut satisfait. Par Touvertui-e du char, B du chariot ei du joug, Indra, l'ayant pi'ojeiéf, la tira j> hors, trois (nis. Alors elle devim belle de peau. — - Et ■ en cette peau ainsi d<!pouillée, de la première [partie] » naquit le porc -épie : la seconde devint le (lézard) » god/ia' ; la troisième [devint] le [lézard] kriha!âça[l). u

Pour bien comprendre comment Indra fait passer Apâlâ à travers son. char, il faudrait savoir comment les chars étaient faits à l'époque védique : mais cela est un point secondaire. Aufrecht suppose qu'il s'agit dépasser à travers le char d'un côté à l'autre, en traversant lea rayons des roues ; et il traduit ainsi les deus derniers vers de l'hymne védique : v A travers le char et l'attelage, à travers le lien du joug, à Tout-puissant — tu as tiré Apâlâ trois fois, et sa peau a été claire comme le soleil. »

Dans un passage védique relatif aux rites du mariage, il est question du ■< trou du joug n ; et M. A. Weber suppose d'après le contexte qu'il s'agit de faire passer la fiancée, après un baia, par le trou d'un joug, afin de la remettre à l'époux saine et pure de toute maladie Ci).

Quelques usages de mariage de l'Allemagne du Nord

se rattachent k la pratique hindoue. Chez les Wendes

(Slaves germanisés) du Hanovre on enlève deux des

la ridelle d'une charrette, et la fiancée,

idiicke Studien. T. V. (Berlio, IBCai, p. 11 ~ XIV, 1, 4D. D8DB Is Dekban. dit à

portée sur une chaise, est passet au milieu de ces deux montants avant d'entrer dans la maison de son mari (1), IJ est évident que, si on démonte ainsi la oliairette, c'est pour éviter à la liancéo lu cérémonie pénible et disgracieuse de passer à travers la chai rUte la pji lie essentielle du rite était ainsi conservée; puis, cela s'est continué comme usage. Quand l'homme épouse une héritière et que le couple va demeurer dans la ferme de la femme, le rite est différent et inverse; c'est la femme qui prend un mari, non le mari qui prend une femme. Arrivés àla maison, on dételle les chevaux, la femme s'attache àla charrette et la traîne aussi rapidement qu'elle peut, et pendant ce temps le mari doit sauter par-dessus la ridelle (2). — Ailleurs, quand la fiancée arrive à la demeure de l'époux , elle doit s'élancer par-dessus la ridelle de la voiture pour tomber dans les bras de son époux (3).

Ces procédés seraient-ils le pronostic propitiatoire d'un accouchement heureux ? On pourrait le penser en les rapprochant de croyances analogues. En certain endroit d'Allemagne que Liebrecbt ne nous nomme pas, u quand une fille célibataire est soupçonnée d'Être enceinte, le valet de ferme démonte, la nuit venue, la charrette de la maison, en dispose une moitié du ciité du midi, l'autre moitié du côté du nord, et cela en un endroit tel que la jeune fille soit forcée de passer au milieu : quand elle y a passé, il lui sera impossible de se faire avorter (4). « — En Mecklembourg, quand on

(1) A. Kuhn, Mmrki,.

(1) Id. lild.

<I) Id. Ibid, p. 3K.

{*) LisbreiThl, Z„r l'n

on la fait passer e qu'on a démonlée i jeune fille pas^e, nu( qui enveloppe le poi

a pas

1, et pour la reiiJre féconde s deux par lies d'une charrette ' En Danemark, quand une nuit, à travers la membrane plus tai'd, elle tous les garçons

qui naîtront d'elle seront loups-garoux, et les filles seront sorcières (2). — En Suède, il en sera de même ( de ses enfants à naître) si on fait passer une Sancée par nn collier de cheval que l'on a déployé à cet effet (3).

Dans les exemples que nous venons de citer, on voit aisément la représentation symbolique et propitiatoire d'un accouchement heureux ; mais cette signification ne peut s'appliquer à une pratique funéraire que rapporte Burchard de Worms : « quando efl'erebatur funus a. domo, plaustrum in duo divïsisti, et funus per medîam divisionem plaustri asportai-e fecisli ? Si fecisti , aut censentiens fuisti, XX dies in pane et aqua p(Enitea3[4). n Nous ne pouvons nous expliquer ici le passage à travers le chariot que comme ayant pris le sens de rite de bon augure d'une façon générale, et étant, dans cette intention, appliqué à l'enterrement pour profiter à la destinée ultérieure du mort.

A Keswieh en Angleterre on guérit un enfant de la coqueluche en le faisant passer trois fois sous le ventre d'un âne |5j. — Le remède est encore en usage à Lochee,

•irglautc. !• édit. flerllB. 1809.^ £93,

l(j la Pslrologie Latina)

p. ïH .: àU da . rutiel* Hoam

— (i3 — en Ecosse (t), et chez nous, en Provence. Voici, d'apfès le D' Berenger-Féraud, les détails de la recette provençale ; n Pour obtenli- cette guérison de la coqueluche, il faut faire passer l'enfant sept fois de suite sous le ventre d'un âne, en allant de droite à gauche et sans jamais aller de gauche à droite ; car si l'on oubliait cette précaution, les passages en sens inverse se neutralisant, on n'obtiendrait pas le résultat désiré. Dans certains villages, il y a des ânes plus ou moins renommés pour leur vertu curatïve. Il y a quelques années, il y en avait un au Luc, qui jouissait d'une telle réputation, que non seulement il servait à tous les enfants delà localité, mais encore les enfants de Draguignan et même de Cannes étaient maintes fois amenés au Luc, c'est-à-dire faisaient un voyage de plus de (iO kiloractres pour bénéficier du traitement \2]. »

A Usedom, dans l'Allemagne du Noi'd, pendant " les douze jours" (qui séparent Noël de l'Epiphanie) (|uand un enfant est agité, on le fait passer à travers les degrés d'une échelle ou la robe de mariage de sa mère (3). — Le curé Thiers condamne la pratique suivante : « Faire passer un enfant malade du mal appelé de saint Gilles, dans la chemise de son père, et porter ensuite cette chemise sur un autel de saint Gilles afin quo l'enfant guérisse (4). u — De même en Suède, pour guiSrir un enfant rachitique on conseille de déchirer une bande de

ntk-i^r,

la chemise du père, de nouer celle liaiidi.' de trois nœuds (!t d'y faire passer l'enfant (1).

Un écheveau de fil peut servir au même emploi : " Faire passer par un écheveau de fit, dit le cur^ Tliiers, les personnes qui sont malades de la colique, et celles qui ont des descentes de boyaux, etc. (2) n. Le curé Tliiers dît ailleurs encore : « Ceux qui pour guérir de ladyssenlrie, ou du Hiix de ventre, prennent un éclieveau de fli tout d'une pièce, font passer la personne malade dans cet écheveau, en commençant par les pieds, puis se font dire un évangile de saint Fiacre cl donnent l'écheveau de fil au saint [3], » — De même en Portugal pour les enfants hernîeus (4) ; de même k Uscdom, dans l'Allemagne du Nord, pour les enfants agités (5). — Dans l'Oldenbourg on préserve du mauvais sort, non seulement les enfants, mais aussi les adultes et les animaux, en les faisant passer à travers un cercle fait de filaments de chanvre écru et non lavé, tel qu'ils viennent du dévidoir (ti). — « Dans le nord-est de l'Ecosse, si un animal domestique devient malade, on tresse à contre-sens une corde de paille, on en réunit les extrémités et on fait passer au travers l'animal et un chat,' la maladie

(l| CiW p»rM, Njrop, dan |1) Tbien, Ibld., éditioDs <i

(B| StraekerjiD, Aiirglttu

— (i5 — est transféréis dans ce dernier ,■ il meurt et l'autre guérit (1).

Les enfants atteints de ce qu'on appelait u le mal bleu n étaient, il n'y a pas longtemps encore, traités par la corde de la cloche , à Sainl-Miche 1-1 a-Rivière dans le diocèse de Bordeauic : « on faisait Taire, en récitant des prières, sept fois le tour des piliers du clocher : deux femmes appelées matrones passaient sept fois l'enl'ant malade dans un grand nœud fait 4 la corde de la cloche, prenaient ensuite mesure avec de la bougie lilée, de l'épaisseur de la télé, de la grosseur et de ta longueur du corps de l'enfant; la bougie devait brûler devant l'aulel de saint Michel (2). ..

: malades participent, comme on l'a vu, à beaucoup des pratiques que nous avons racontées. Les pays protestants du Nord Scandinave ne restent pas en arrière et M. Nyrop a relaté d'amusantes recettes (3). Quand les jeunes oisons sont sur le point de quitter le nid, pour les rendre invisibles à l'épervier, on les fait passer par les jambes d'un pantalon ; — ailleurs, un fait passer les jeunes oisons trois fois par le squelette du cheval : le renard ne pourra ensuite les mordre, parce qu'ils lui apparaîtront aussi grands que des chevaux : ailleurs encore, quand les poules pondent des œufs imparfaits, on les fait passer par la fenêtre.

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fiPBgOf. Folk-Ure ofN. ;. ofScolland. haaite.

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\relù«laglqm de Bar-

Il lerelrouverill— el il il été suivi par M. Nyrop — dans un curieux usage cité par Plularque (2). L'homme qui reveuail d'un iong voyage pendant leipiel on l'avait cru inorl, ne devait paa rentrer dans sa maison par la porte, mais par le toit où l'on pratiquait un trou. Liebrecht conslale du même coup que celte pratique est de notre temps et dans la même circonstance usitée en Perse. — Sans discuter la question de savoir sî dans ce cas c'est le symbole d'une nuuvelle naissance, je conteste que ce passage par le trou du toit ait rien de commun avec le rite curatïf du passage par le trou. Ou fait un trou dans le loit pour se dispenser de le démolir ou de le soulever toBl entier afin de livrer passage au " revenant". C'était une superstition italienne condamnée par saint Bernardin de Sienne (mort en 1444) ; a Découvrir le toit de la maison d'une personne malade au-dessous d'elle lorsque quelqu'un lui souhaite lamort et qu'elle ne peut mourir.. (3). u Cela se rattache à l'usage de faire passer les morts par le toit (ailleurs par un trou dans le mur) aGn qu'ils ne retrouvent pas le chemin ou qu'ils ne puissent pas rentrer ; car la grande crainte des vivants a toujours été que les morts tristes el jaloux reviennent pour les toure pratique de mon enquête.

- J'écarte doi

Mais j'accepte volontiers l'opinion soutenue par M. Nyrop qui rattache à ce rile la vertu que de petites pierres à trou ont d'être portées comme amulettes contre vais sorts. On les emploie pour les homines et

(1) Llebpocht, 2ai- VoUikunde, p. 397.

(J) ÇiieiHonj Bomainet, % 3.

|S| Cité par le r-ati Thiors, T. !, Jiv. '

pour k's animaux, M. Nvrop en rite ili;s exemples poui' les pays BCiindinaves (1) ; on pense qu'elles sont parliculièreinent honiieB pour les enfants fiévreux et pour les vaches qui donnent du lait rouge (c'est-à-dire inflé de sang). En Angleterre on donne à ces pierres le nom de Hagsloiie, lîit- ■ pierre de sorcière u, probiiblement parce qu'une semblable pierre sert à se défendrt' contre les maléfices d'une sorcière. Dans le Lancasbire, pour préserver les chevaus, on l'attache à la clef de la porte de l'écurie ; pour préserver les hommes, on larsuspend au chevet du lit (2). De même dans d'autres parties de l'Angleterre; ei il est fait allusion ù celte croyance dans X'Hudibraa de Bullei', {3J — Kn Allemagne, quand la vache donne du lait rouge, on la trait à travers le Irou d'une pierre qu'on appelé Kulistem, litt. u pierre à vache » ; quelquefois aussi , dans l'Allemagne du Nord, à travers un morceau de bois de chÊne dans lequel il se trouve nuturellenient un trou (4). — Chez les (iaels des Hautes-Terres d'Ecosse, on trait la vache ensorcelée par le Irou laissé au milieu de gâteau de farine d'avoine cuit exprès (5). Au lieu de porter le malade au trou, on porte ie trou au malade: c'est le procédé que nous avons constaté au début de cette étude quand ou porte aux bestiaux la ronce aux deux racines et qu'on leur eu bride la tète, ou quand on place cette ronce au-dessus

Dfln«, T- I. p. s

., 18», p. 133, (dno

— HH — de la parte ilt- IVlahle. — De plus, trou est souvent une hache en silej K pierre de tonnei-re n, il se mÊte

e le peuple appelle

autre idée superslitii

Je crois volontiers aussi q pitiatoires auxquels on empl

r nous ne pouvons

nnettu de mariage se rattache au passage du trou. M. Nyrop cite l'usage, en Suéde, quand un enfant est malade, de lui faire prendre neuf gouttes de lait à travers un anneau de mariage. Il y aurait bien des pratiques curieuses, et quelquefois malpropres, k citer commt) analogues à l'emploi suédois de l'anneau de mai'iage ; mais ce serait allonger démesurément mon sujet.

de passer entre deux colonnes au rite, certainement analogue, pas dans une cavité, mais entre

qui consiste àpasser.

deux objets.

Chez les Slaves du Sud, quand quelqu'un est malade par suite d'un mauvais sort, une femme (celle qui préside au rite du dé-sorcellement) prend un morceau de terre munie de ganon, le coupe en deux et dispose les deus moitiés de façon que l'on puisse passer entre les deux. Elle dispose en outre, près de chacune de ces deus moitiés, des fragments de fer (de préférence de vieux fera k cheval), un verre d'eau et des cierges allumés. Le malade doit passer trois fois nu , entre ces objets , pendant que la femme prononce une incantation 12). — Chez les Koriaques, peuple finnois du nord de la Sibérie, après

un décès, les membres de la famille pasi^enl unli'e deux pieux que l'on a lises dans le sol, en même temps que le ckaman [c'est-à-dire le pvêtre) les frappe d'un bâton et adjure la mort de ne pas les enlever aussi (1).

Un rite plus primilif est sans doute i^elui qui consiste à sacrifier un animal, à le couper pur le milieu et à passer entre ces deux moitiés, a Kn Béotie, dit Plutarque, il y a une expiation publique qui consiste à couper un chien en deux et à passer à travers ces débris (2!- • — De même chez, les Hébreux dans une formule de serment: a je livrerai les hommes qui ont violi!^ mon alliance [dit l'Eternel], qui n'ont pas obser^'é les conditions du pacte qu'ils avaient fait devant moi en coupant un veau en deux et en passant entre ses morceaux... {3). a — Chez les matelots turcs (au moins dans les temps passés) quand on était surpris par une tempête, on sacrifiait un mouton ou une chèvi'e que l'on coupait en deux, et on jetait chaque moitié de chaque câté du navire (4). De cette façon le navire passait entre les deux moitiés de l'animal sacriûé. — Un Bohémien du pays de Galles, John Roberts, né en 1815, a raconté l'anecdote suivante : a Nos anciens avaient une curieuse façon d'agir avec les serpents. Quand l'un de nous, enfants, avaient tué une couleuvre, mon père la coupait en deux avec un bdton ou un fouet; il mettait la tête à droite du chemin el la queue à g;auche. Ma mère passait d'abord entre les deux, puis mon père, puis nous tous, enfants, par rang d'âge. Ma mère marmottait en même temps quelques

(I) Andrée, ElhnagrapKiickc Parallcicn. l" Sér., StuttgarU ls;8, p. 3L1. (1) Plntarque, Qaalinns romatnei, \ 111.

(3) ièrimit, XXXIV, \\

Archmology. T. II, Lon

Goiôc, XV, I ibllM par M,

- 71) drûles lie [larfilL-s qu'aucun df noort n'a jaiuais sues ; Mais bien sur. quand nous avions fuit cela, ma mèr» ne tardait pas InngLenips k avoir sa pucUe pleine d'argent. 'I) '> Ici le sacrifice du serpent, animal sacré par exeellencc (et gardien dr trésors I) a la vertu de porter bonheur. — Il faut certainement rapporter li celle classe de faits la pratique anglaise (dans le comté de Souieraet) de faire passer un malade à travers un troupeau Je montons au moment où ces animaux sortent, le malin, de la bergerie (2).

L'Inde nous offre un rite d'une nature toute particulière dont Liebrecht, et après lui M. Nyrop, ont vouln tirer l'explication de liml ce qui précède. Il s'agit d'un rite dintrimisatiim des nmliarajahs de Travancore, dans l'estrémité sud-ouest de l'Inde, el jcleciterai d'après une pnblication récente, plus détaillée que les ouvrages cités par Liebrecht. La dynastie appartient à la caste des soudras et non des brahmanes, L't le maharajah devient ainsi brahmane : On le pèse contre de l'or tire de son trésor : cet or est fondu et travaillé eu forme de vache, creuse â l'intérieur; on introduit le maharajah dans cette vache creuse et on l'en fait sortir (probablement pour les voies naturelles]. Le maharajah est ainsi considéré comme né de nouveau, et comme né de la vache : on connaît le caractère sacré de la vache pour les Indous de religion brahmanique, l'emploi de sa bouse et de son urine dans les cérémonies de purification, etc. Dans les derniers temps la cérémonie a élé simplifiée (prohahleiiicnt pour être plus commode au maharajah] : l'or est fondu en un

(1) Bgi-a a) au ]

f EJr., T. II, Oh' [. Tiiphmsnn, ili

Mtry, WM, p

cylindre creu.v simuonlé d'un oouvei'cle on l'orme de lotQS qu'on orne de pierres précieuses. Dans l'un et l'autre cas, après la cérémonie, l'or de la vache ou du cylindre est fondu et monnayé, et distribué sous cette forme aux brahmanes. Le maharajah, entré dans la caste des brahmanes par celle cérémonie, ne peut plus manger avec les membres de sa propre famille (restés de la casie des soudras). — Le rite n'a pas lieu aussitôt après l'accession du maharajah au trône, et les mauvaises langues préteiidcat que les brahmanes retardent volontiers l'opération afin de laisser au prince le temps d'engraisser et de peser davantage. En 1870, le maharajah de Travancore qui fut ainsi "sacré", pesait (avec son épée et son bouclier] 20'i livres anglaises (soit un peu plus de 92 kilogrammes). Et ce n'est là qu'une partie des frais de la cérémonie ! (1)

D'après certains écrivains la même cérémonie serait employée par des brahmanes ayant perdu leur caste — mais un brahmane serait-il assez riche pour se payer une vache d'or? — quelquefois uifime la vache d'or serait remplacée par une femme d'or, et celle-ci même par l'image d'un yoiù (2). Ces faits ne me paraissent pas confirmés et sont peut-être sortis de l'imagination d'écrivains férus de la théorie de la régénération et qui ont amplifié l'histoire de la vache d'or : c'est du cylindre qu'ils auront fait un yoni ! — En efl'et ces assertions paraissent toutes dériverd' une même source, etd'une source suspecte, un article du capitaine Wilford dans les Asiatic

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Jtescarc/ies de 1801. Or, le capitaine Wilford était (m'apprend un indianiste) un écrivain crédule et sans critique, et son témoignage est sans autorité.

risque

ET THEOBIES

lé tant d'exemple»

de fatiguer qoelquet

dans des recherches qui ne Boni pas

d'ordre lilléraire mais d'ordre adenti-

e réunir le plus d'exemples possible

précepte de Descartes: a faites des

complets que vous soyez eilr de ne

Sans doute, mes confrères en archéologie

3 apporteront de nouveaux exemples qui

cadres : mais j'ai fait le dénombrement

et d'appliqi dénombi rien onblier.

et en folk-l grossiront m aussi complet que

Il faut maintenant chercher l'explication de ces pratiques, car il n'est aucune pratique qui n'ait eu sa raison d'être et qui ne soit , au moins à l'origine , la conséquence et l'application soit d'une cosmogonie, soit d'une théorie de la nature. La cosmogonie se transforme, les forces animées disparaissent du monde extérieur, les lois de ta nature se révèlent peu-à-peu et remplacent les conceptions enfantines ou raatérialislu.s de l'humanité ignorante

Mais tous les hommes ne marchent point du même pas dans la voie ténébreuse qui mène à une conception nette de la réalité ; et , par la force de l'usage et de la tradition (qui est la force du mouvement acquis) des pratiques subsistent, alors que la théorie physique ou naturelle qui leur a donné naissance s'est depuis longtemps évanouie; elles se continuent surtout dans les classes inférieures de la société que n'atteint pas le progrès des idées, elles se continuent surtout chez les femmes et dans tout ce qui touche à l'éducation des enfants , occupation exclusive de la femme. Quelquefois une pratique traditionnelle, qui par sa force propre serait tombée hors d'usage, doit à une théorie nouvelle, dans laquelle elle peut entrer, une nouvelle vigueur et comme une nouvelle floraison. C'est ainsi, pour rester dans notre sujet, que le rite curatif de passer par une ouverture ou sous un objet ouvert afin cVy laisser son mal a été revivifié et rajeuni, à l'époque chrétienne, par la croyance à la vertu surnaturelle des reliques des saints.

Passons en revue les théories qui ont été émises sur le vieux rite médical que nous avons étudié. Nous rencontrons d'abord la vieille et banale théorie du « culte des forces de la nature » que je ne conteste pas, mais que je n'aime pas voir présenter comme une sorte de résumé philosophique de la religion primitive. Je ne crois pas en effet que les hommes aient commencé par de la philosophie, même inconsciente ; je crois qu'ils auraient été bien embarrassés de résumer ou de synthétiser les croyances diverses qu'ils se formaient : le terme de religion me parait bien ambitieux et bien moderne pour réunir un ensemble de croyances fragmentaires, confuses sans doute , et peut-être contradictoires. C'est sous cette

réseiwe que je cite un passage de Id conclusion du D' Béi-enger-Féraud :

« Cette pratique religieuse me semble se rattacher au ■ culte des forces de la nature. Si je m'en rends un " compte exact, l'homme primitif a. eu la pensée qu'en » mettant en contact un être débile avec la vigueur et la n puissance, il lui communiquerait un peu de ces allri- B buts. D'autre part la pensée mystique qu'en faisant 1 passer l'individu faible ou malade par un organe relré-

* ci, plus ou moins difficile à franchii', comme le détroit » du bassin maternel, et lui faisant recommencer une noun velle vie, il le faisait renaître, en un mot, peut bien » avoir été une réminiscence ou un symbole de culte n chthonique, qui fait partie lui-même, on le sait, du B culte des forces de la nature.

H Par le fait des hasards des localités, dans un pays, » cet orifice rétréci a été fourni par les végétaux. Dans » une autre contrée, c'est une pierre, un rocher qui a i> élê préféré, l'ius loin, faute d'arbre ou de rocher, c'est

* un animal qui a été le symbole de la force delanature. 1 En un mot, unit fois l'idée initiale furzaulëe, la gamme » des variantes a été parcourue par les croyants (Ij. «

La théorie qui voit dans la pratique de passer par un trou, une imitation de la naissance, explique la cérémonie comme ayant pour but de créer un homme nouveau, exempt, par conséquent, des infirmités et des maladies qui afiligeaient le vieil homme. C'est par une image de cet ordre, mais employée comme méiapliope expressive, que Jésus-Christ disait à un Pharisien : t il faut naître à nouveau, si vous voulez entrer dans le royaume de Dieu. »

Cette théorie de la nouvelle naissance a été exposée à deux reprises par Liebrecht (2| ; et tl tirait son principal

argument des fxeraples de Tinde où, quait le rile de se faire extraire d'un femme d'or, d'un yoni d'or. Noua avons vu que si le rite de la vache d'or existe, il n'en est pas de même de celui de la femnie d'or et du yoni d'or, sortis de l'imagination du crédule Wilford qui voulait trouver partout le symbole de la régénération.

La théorie a été reprise pai' M. Nyrop, qui ne la trouve pas sulfisamment philosophique. Pour lui, c'est origî nairement le rite par lequel on se purifie de ses pioches, rite que plus tard on a employé pour se guérir de ses maladies qui sont comme des péchés corporels ; le rile européen de passer dans un trou de la terre équivaut au rite indou de se faire enfermer dans une vache d'nr ; cai' la vache est sans doute le symbole de la terre; et la terre est l'unité élevée à laquelle tous les hommes peuvent faire remonter leur origine ; elle est notre l'on sait qu'elle' était honorée chez les C'est du passage dans un trou de la terre notre mûre, que, par extension, on a eu l'idée d'utiliser toualestrous que l'on rencontrait dans la nature. Si en lîurope on n'emploie le rite que pour se guérir des maladies, tandis que chez les Indous il sert à se purifier des péchés et chez les Musulmans à mériter le paradis, c'est que chez nos ancêtres européens, par un développement très naturel, on a imaginé de purifier le corps par le procédé employé originairement pour purifier l'Ame (1).

M. Nyrop ne s'est pas rendu compte qu'avec sa théorie de la purification, il retombait dans la conception philosophique de ces symbolistes de la fin du siècle dernier on du commencement du nôtre, qui cherchaient dans les

temps,

vieilles religions les vrt'ités n cachres boles groBsiei-s ou matériels. A l'ori) y avilit en des hommes très sages pour qui la nalure n'avait pas de secrets : qu'on les appelle voyants, mages ou druides, on se les repr(!senlail comme des vieillards à longue barhe blanche enseignant les mystères du monde à une foule attentive. Le langage de ces grands initiés n'a plus été compris des générations suivantes, et des méprises et des contre-sens de ces dernières sont nées les anciennes religions. Mais il y a des hommes d'esprit qui, par la force de leur réflexion, ne désespèrent pas de retrouver la sagesse primitive sous la gange dont l'ont entourée des siècle» grossiers; et ils nous l'apportent sous la forme de « doctrine symbolique ». — Historiquement (je veux dire dans l'histoire des théories humaines) les systèmes des symbolistes s'eitpliqiieut par la théorie de la révélation chrétienne ; Dieu, à l'origine, à révélé la vérité aux hommes; puis cette vérité s'est obscurcie et a été recouverte par les erreurs humaines. Les symholîsteB transportaient, sans s'en douter, cette doctrine dans l'étude des religions païennes ; ils créaient

une révélation païen

e. Le plus curieux, c'est que la

plupart d'entre eux

ne croyaient pas à la révélation

chrétienne !

Pour en revenir à

M. Nyrop, nous ne pouvons en

aucune fagon admettre

sa théorie de la purification. Nous

admettons bien, — po

ur quelques-uns des cas que noua

avons cités, — la théa

rie de la nouvelle naissance, par-

ce qu'il s'agit li'i d'une image matérielle et en quelque sorte d'uue idée matérialiste. Mais les idées de péché, et, par suite de puriticalion, sont des idées raffinées qui naissent seulement d'une philosophie ou d'une théologie, mme s'est élevé au-dessus des grossièretés de

sa vie et de ri5[reii)te de la nalure inalLM'ii'IIc qui l'eiilou rait ei l'asservissail. Toute Insiralion, par l'eau, par I Teu etc., a été une lustration physique avant d'être, pu le progrès de l'esprit humain, uonsidorée comme une lub ti-aliou moi'iJe et spirituelle ; et le langage populaire e; rest(5 fidèle au senliment des générations les plue an ciennes quand il dit : « le feu purifie tout, v

Il faut donc recoiii'ir à uuo explitalion plus simple, noua voulons dire plus malt'rielle et nous la trouvons , comme l'avaient déjà fait J. Grimm et Strackerjan, dans la théorie de la Iransplanlatiun des maladies. C'est la théorie qui serenr.ontre au fond de rites innonbrables de la médecine populaire, rites par lesquels on croit transporter à une pierre, ou à une plante, ou à un animal la maladie dont on souffre. Tout n'est peul-élre pas superstition dans ces rites, et i! ya eu peut-élre à l'origine des observations vraies : car — sans aller jusqu'aux eseraples de guérisseurs de notre temps qui pratiquent la zoolhérapie en faisant passer un mal, de préférence un rhumatisme, à l'animal (chien ou chat) que l'on applique au malade — nous pouvons citer les expériences de transfert des maladies opéré, à de certaines conditions, dans la clinique du D' Luys à l'hôpital de la Charité, à Paris. — C'est encore la théorie do la transplantation qui explique l'usage cité plus haut (p. (39) de passer entre les deux moitiés coupées de l'animal qu'on a sacrifié, c'està-dire oETerl à la divinité comme rançon et comme substitulion de soi-même. — Peut-être, à l'idée de la transplantation du mal dans l'ohjet où l'on passe, souvent avec difficulté, s'est-il joint encore une autre idée, comme l'a Biipposé M. Busch ; l'idée qu'on si; débarrasse d'un mal

par !e IVuilymunl, Uns Absin-ifeii (1), J'ajouleraJ que cette dernière idée peut avoir élÈ Buggdrt'C par le spectacle des reptiles qui se déhairaesenl de leur peau usée en se frottant à une pierre ou à un arbre et qui semblent rajeunis après avoir ainsi fait peau neuve.

La théorie de la transplantai! on explique pourquoi dans la pratique de l'arbre fendu on a bien soin de refermer la blessure et de remettre l'arbre, autant que possible, dans son êiat primitif: le mal restera dans larbre (2). De même, dans la pratique anglo-saxonne (plos haut p. 21) où l'on passe par un trou de la teiTe, on ferme ensuite le trou avec des épines, pour enfermer le mal derrière soi. — Dans de nombreuses pratiques, apparentées à celle-ci, on se lie à un arbre ou on tourne autour de l'arbre, toujours dans le même but de faire passer dans l'arbre le mal duni on souflre. — Bien plus, dans le rite de l'arbre fendu, dont la guérison et la vigueur seront le signe et le garant de la guérison et de la vigueur de l'eufant, il se mêle une autre idée, une théorie qui pendant de longs siècles a été un des principes de la Bcience humaine, celle de la sympathie. L'arbre et l'enfant étaient mis en rapport par ce rite sympathique; ils " frères siamois" par adoption, et 1 tenait désormais à la vie de l'autre. — S& i dans la question de la sympathie

devenaient C' la vie de l'ui

ne pum e

l'histoire de celte théoi

tl'o

od'ut

prend quelque ehoao de Ivu

rimp

<1) DlDB la pratEque du 1 lour los eafanls hernieni Bprf»nl«liye. Uno hornio

arbre (

il se est l«

maiB je ne pais r.'-sisler à U lenlaliim

de citer un souve-

nir de Virgile. Celait chez les Roraa

ns (el sans doute

aussi ailleurs, et plus tard) l'usage d

s amants de graver

leurs noms dans l'écorce d'un arbre

ils croyaient (mal-

gré l'expérience des autres '.] que leu

r amour vivrait el

vrait et grandirait

l'arbre :

TencrisquF meos iacidero omorea Arljoribus; cruBcunl illffi, crsscolia, amoros |l| t

Nous ne voulons pas exclure entièrement la théorie de la renaissance : il est possible que plus d'uue mère, faisant passer son enfant à travers la fente de l'arbre, ait pensé au moment où elle l'a mis au monde ; mats nous ne croyons pas que cette idée ait donné sa valeur curative au rite, et en ait été le point de départ. Si l'enfant ou le malade doit Être nu (ou, par atténuation, en chemise), ce n'est pas par réminiscence de la naissance, c'est parce que la nudité est de nécessité dans un grand nombre de rites, el c'est aussi pour que rien ne s'interpose entre l'enfant ou le malade et t'objel dont il attend la guérison. — Il convient de faire une classe à part des cas où une fiancée ou une fille soupçonnée d'Être enceinte doit passer entre deux objets, ridelles de charrette etc. ; là, le rite est la représentation, non pas précisément de la naissance, mais de l'accouchement, et il est

pralicpié comme nie propitiatoire, eomm accouchement facile et heureux.

La christianisation du rite pré-chrétien a motivé différemment la pratique chrétienne de passer sous la châsse

(l)Tlrgilo, Biuallquii. S, Si. Dd in£iiiB Ovide dans se» Hénidts.

du saint. Le ritf, en restant le mOine , a pris une autre raisoQ d'être, la vertu que les reliques et objets consacrés ont de mettre en fuite les démons ei de guérir lea maladies ou de conjurer les tempêtes, les inondations et autres Qéaux causés, croyait-on, par despuissances surnaturelles ennemies de l'homme. Dt; là l'emploi si fréquent, non pas seulement des châsses des aaînls, de leurs reliques, mais des objets consacriïs, parexemple de l'étole du prêtre mise au cou soit du possédé que l'on voulait guérir (en exorcisant le démon qui le tourmentait, caché dans son corps), soit du dragon ou d'un animal monstrueux qui désolait un pays jusqu'à ce qu'un saint employât ce moyeu d'expulsion. — Quant au populaire, il allait aux reliques, il voulait se faire toucher par elles ou passer sous elles, parce qu'il avait d'elles une idée fétichiste et que son intelligence matérialiste attendait de ce contact un effet matériel.

Aussi avons-nous été un peu étonné de voir comment il y a trente ans on savant bollandiste, le R. P. de Buck, expliquait l'usage de passer soue les châsses des saints. Les nouveaux bollandistes qui se proposent, avec tant de zèle, d'achever l'œuvre de leurs prédécesseurs, sont d'éminents historiens et de scrupuleux travailleurs; personne n'apprécie plus que moi les services qu'ils rendent aux études historiques ; mais ils me pardonneront de dire que je les trouve souvent bien rationalistes. Non seulement ils jettent par dessus bord, comme de pieuses légendes, des miracles auxquels ont cru de nombreuses générations; mais ils jugent les âges de foi d'après les idées d'hommes du xi\° siècle, et ils transportent rétrospectivement dans les siècles passés, par exemple au moyen âge, leur fa^on de comprendre la religion et le monde. Pour rester dans la pratique que

nous étuiIioDS, si les tidëlcs (en ri^alilé ce sont les malades) tiennent tant à toui:hcr la châsse et à passer pardessous, ce n'est pas, assure le P. de Buck, qu'ils lui altribuont une vertu merveilleuse, c'est par un sentiment d'amour qui les attire vers le saint (1) !

La théorie de la guérison par le froltemenl et par le transfert du mal explique la plus grande partie des cas que nous avons ctl^s : la plupart des autres cas s'espliquent par la vertu traditionnelle dn passage par une ouverture : le rite, alors, a è.té appliqué k d'autres intentions propitiatoires, par exemple quand on fait passer un bateau par tes drissos. D'autres lois il s'est mflô l'idée qu'on participe de la vertu de l'objet par lequel on passe : c'est une sorte de transfusion. Ainsi en Danemark, quand on fait passer une oie par un pantalon d'homme ou par le squelette d'un bassin de cheval, l'oie semble participer mystiquement de la force de l'homme et de lu vitesse du cheval et, par suite, devoir échapper à l'attaque du renard. — Nous avons vu que dans les usages de mariage, c'est l'idée d'accouchement heureux qui détermine le rite et lui donne sa signification.

jandin

■ liti

de

La pratiqi

terre" (plus haut p. 23) reste seule en dehors du cadre que nous traçons. Il noua semble pourtant qu'on peut trouver la transition par laquelle elle s'y rattache. Le rite de passer par un cercle de ganon étaut employé dans un

uafira ÏUam adimi propDt

jïonem, qua qnam proxlme cupidïtpts fbrimur» bh am-

Iiul c'iiriili), ildvient, par l'ela même, un rile de bon augure, et c'est à ce titre qu'il est employé dans la cérétDO' uic de la TraterDisatioD par les frères adoptifs. — Dans une cérémonie de soumission, le rite de passer sous trois bandes de terre est plus étrange, et résiste à une explication. Mais — â supposer que le texte de la saga soit clair et bien traduit — nous croyons qu'il faut voir là le mélange de notre rite traditionnel avec un rite de soumission à l'ennËmi vainqueur. Ce dernier rite consistait à ae jeter à terre, à inordre la terre et à faire le simulacre d'en manger l'herbe. Il ea est question dans un poème espagnol sur le Cid, et il est encore pratiqué eu Afghanistan et dans diverses parties de l'Inde: il l'a été cette année même en Cachemire par les Hunzas qui avaient combattu les troupes anglaises (1). Et quand Baber conquit l'Afghanistan en 1503, quand les Afghans virent qu'il était inutile de prolonger la lutte, leurs ambassadeurs se présentèrent devant Baber en tenant du gazon entre leurs dents. C'était une façon expressive de dire : « nous vous appartenons, noua sommes votre bétail n. C'est ainsi que ce rite de soumission était compris: c'est un rite représentatif d'assei-vissement, oii l'homme asservi est ravalé au rang de bétail, rile identique, par l'intention, à celui des Romains quand ils faisaient passer l'ennemi vaincu sous le joug, c'esi-à-dire l'assimilaient à une béte de labour. -- L'idée de mordre le gazon (^i/is Gras beisseii. comme on dit en allemand), de mordre la poussière ou la terre, comme on a longtemps dit en français, doit être au fond de la pratique Scandinave mentionnée, une seule fois, dans une ancienne jtag'n,

Quoi qu'il en soit, une exception ne peut inlinuei' une

règle tirée de la généralité des exemples, et nous croyons

avoir déterminé le sens premier et principal du vieux

rite médical cité, à satiété, dans le présent opuscule.

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