‹ Un Vieux rite médical (volume 2)Chapitre 2 sur 4 · CH · texte numérisé non relu

CH

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BiirdHé. Oict. dci Piltr.

■j (omSceai de l'iglUi de d'ime ùLuJû publiée an-

pdsaet sDUS un i enrtlaphi installe au milieu du cliteur (1). Sainl DiKier avuil la «pfciihti^ itu traitement des fous, et le vilhge liait comme une jçianile maison de santé où Icî fous étaient en pension lHlz les habitint- Comme t e'.l lu Mint (a saint I)|7ipi) que Ion ilriii indail U

gui^nson, c est le cuie qui a\ ni la (Iiieiliun du Irailemeiit (i) A juger Le traitement d api es nos idées modernes, on yveirail une partie iBligieuse la nuit passée

il) Noua raproduiniiDS la graTHn publiée dans le JUclinnitain de l'arehUiet«rt de VioUet-lo-Duc , t. IS . 187« , p. 45,

11) Sur Isa déUills do ce traitemant voir; TaUaa, U trailimint h^iraihèraflqitt dti faits à Saint-Bliitr, dias U Bfmc d'Aliaei , 1. XXXTI . 18»,

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dans l't-glisG, la niesst; avec l'iîtole aux i-pautea, les exorcismes, le contact de diverses reliques, le passage sous le cénotaphe; et une partie thérapeutique: une alimentation particulière et liénitc , des bains et des douches à la fontaine voisine consacrée à saint Dizier, et à la fin du traitement une saignée. Maia sur des âmes élevées dans la foi et dans la piété, les pratiques religieuses avaient un effet moral incontestable. Le traitement dui-ait neuf Jours. Saint-Dizier avait une grande réputation dans le pays voisin, non seulement de langue française, mais aussi de langue allemande; on disait de quelqu'un qui avait l'esprit dérangé : " Il faut aller le faire passer sous les pierres de Sainl-Dizier. a On y amenait aussi des protestants et on en cite parmi ces derniers qui furent guéris à Saint- Dizier. (.>n y guérissait sans doute autant les fous que dans une maison de santé ; mais le traitement saeré cessa vers 1845 par ordre de l'autorité, sur la plainte d'un médecin du pays, le D' Muston (I].

Un membre de l'Académie Celtique, décrivant au commencement de ce siècle les mœurs des habitants des Landes, s'exprimait ainsi :

a Je ne laisserai point à l'écart une observation que Il je fis en visitant quelques églises : je remarquai des n ODvertures étroites pratiquées dan s l'épaisseur d'un des » piliers; j'appris que c'étaient des espèces de filières » appelées vei/riiies, par où l'on faisait passer les per- K sonnes attaquées de douleurs, de rhumatismes ou para- » lyaie, pour les guérir ou du moins pour les soulager dans leurs souffrances. On faisait faire d'abord au n malade neuffuis le tour du pilier, en récitant quelques n prières; il passait ensuite la télé la première dans e poussait pai' les pieds, Mal-

1 ouverture ; p

(I) Voir fiicl

n heut' il celui dont l'emlionpoiiit obslruail le passage; u ce u'étailpas sans peine qu'on l'en arracliait. 11 arrivait « Houvent que des scènes qui devaient Être très sérieuses B finissaient par être ri^ibies (1). n

Un Écrivain burdelaie, M. Aubier, qui a rèceniment repris ce sujet, assure que dans le diocèse de Bordeaux, celle pratique avait lieu dans les églises dédiées à saint Michel, u Elle consistait à faire passer les malades, principalemeni les enfants, par un trou pratiqué au fond de l'abside des églises dédiées à aaint Michel dans lesquels se trouvait un autel érigé en son honneur. Ce trou portait le nom de Verriiic ou P'eyrine, mot patois qui signifie ouverture pour y voir, lucarne, trou informe, excavation naturelle où passe fa lumière (2). » Malgré l'insistance et l'affluence des pèlerins, la cérémonie du pai!sage a été abolie dans les temps modernes par l'autorité ecclésiastique. .M. Augier, malgré son affirmation générale sur les églises dédiées à saint Michel dans le Bordelais, n'en cite pourtant qu'une pour le <( passage du trou miraculeux : d celle de Saint-Michel-Ia-Rivière ; mais les pièces d'archives citées à celte occasion (3) permettent de se faire une idée et de l'aflluence de ces pèlerinages et de l'importance économique de ces trous. Un malade ne pouvait passer seul par le trou placé assez haut au-deasua du sol , et dca gêna , souvent peu recomniendaliles, faisaient métier de l'y aider. Le premier dot remédie à cei abus. Le second traite d'une ques-

Dévotifju et tradtltont populaira Uoju la Glroade, dans Jai a .locliti jlvchéetBgtquc ic Baritaux. 1. i\, ~

châsïtc ou d'une i't;!ique, n'est pas sans t^Lre une source de profils, Un ptlerin ou un malade n'invoquera jjiniais le saint sans lui laisser une oll'nmde, au moins unepiêce de uionaaieet quelquefois davantage. L'oflrande est pour le saint ; mais le saint a ici pour représentant temporel le curé de la paroisse. Ces oll'rundes formaient donc un casuel important, et, dans des circonstances analogues, on a vu quelquefois des dilfcrends s'élever, lanlilt entre UD monastère et une t^glise paroissiale qui se disputaient nn saint de bon rapport, tantAt, comme cela a élt ici le cas, entre le cnrë et la falirique.

n Au xvii° siècle, le nombre de ceux qui allaient à a Saint-Michel, pour être passés par la Veyriiie, devait " être considérable. J'ai pu observer que, soua plun sieurs couches de badigeon, les mors latéraux du côté » de l'Evangile sont enlièpemenl noircis par l'énorme » quantité de cierges que l'on y faisait brûler, après » chaque visite des malades. On conserve encore un " grand coffre-fort destiné à recevoir le linge, la cire et » autres objets nli'erls pour le service de l'église. Plu- II sieurs abus s'étunt glissés au sujet de cette pratique B de dévotion, le cardinal de Sourdia, sur la requête de » M. Vilalis, curé de SainL-MicIiel, fît le règlement suin vant dont l'original se trouve aux Archives départeu mentales, série O, registre i?>. « Pour faire cesser et a osier désormais tous désordres en ladite église, à rain son du passage par ledit trou, noua défendons atout n autre personnes de quelque qualité et condition quelles B soient, de s'ingérer cy après et avant, sçavoir à passer B les malades par le dit trou et ce sur peine d'excommu- II nication. Voulons à cet effet que notre présente pron hibition soit publiée au prosne des églises circonvoi- 6 sines et ailleurs au besoin, sera toutefois a ce que les » malades ne soient privés de leurs dévotions et du B fruict de leurs espérances. Ordonnons qu'ils seront » passifs par les ouvriers <['■ ladite église ou autres per-

Il HoiintH que Jesilils ouvneM connnot Iront sans pouvoir n exiBer aucune chose h raîstin ainsi prendre et recevoir !> SL'ufemeni de ce qui sera librement otfert par les tna- « lades ou par ceux qui les its^istcnt ce que nous voun long esire distribué pur tier!«, ù s^avoir une partie B pour le curé de ladite église, la seconde pour l'éfflise n dont lesdils ouvriers tiendront compte el In troisième » pour la peine desdits ouvriers ou de ceux qu'ils cora- >i metiront à cet effecf. Fait à IJonleaux le 30 aonst » 1028. »

n En 1675, des contestations s'éiant élevées entre le Il cure et le " fabi-iqueur " de celle église, au sujet de n leurs ilroils réciproques, Msr Henri de Bétliune fit une

• nouvelli" ordonnance dans laqiielle on trouve plusieurs •' di^iiiiis sur la pratique de cette dévotion. La pièce ori- II ginale et conservée ans Archives diocésaines; i Henry u par la grâce de Dieu etc.. sur la requête à nous pré- « sentée pai" Maître François Chasseing, prêtre curé 1 de Saini-Mïfliel-la-Rîvière en Fronsadais de nostre ■ dioceze, par laquelle U nous exposoit qu'il y a une » Vcrrine dans son église par dévotion à Saint-Miche! à « y porter les malades pour y passer et qu'a cette oca- « aion il s'y fait des aumosnes et offrandes par les per- > sonnes dévotes soit d'argent, de cire, de linge etautres 41 choses, toutes lusquelles devoyenl eslre partagces it entre ledit curé de ladite paroisse par les onvrters de » ladite église, au préjudice de quoy le nommé Arnaud » Dieu a présent faliriqueur a entrepris de prendre 1 toutes les offrandes sans eli faire part au curé ce qui

* n'est pas juste cl raisonnable noua suppliant de donner » règlement la-di;ssus alin qu'il n'arrive aucun scandale

B et que le peuple soit édifié A ces causes nousaprès

» avoir ouy Arnaud Dieu fabriqueup de ladite église n assisté de Peychéa son procureur qui a déclaré qu'il » ne contestait pas la moytié de toutes sortes d'olTrandes D audit curé pour les jours de fétea de Saint Michel de I Saint Jean Baptiste et Sainte Quilterie, mais qni: pour » tous les autres jours de l'année ledit fahriqueur four-

sidération !p

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e founiissoil r

il 1

}tt toutL-g les ofii-audes au no dit curi.', avons ordonné et a

u'é et ouvriers partageront toutes les olfrandes soit ' ' ire el autres espèces et iré sera tenu de fournir de lyera et les ouvriers ne r un auli'e aux despends congrégation le 14 juin

> sa part un homme I seionl tenus cjup d' ) de ladite fabrique. I 1(>75. .-

. t lie,

ïi'cli. de Bord^ .

A Saint-Léonard (Loir-et-Cher) on espose et on promène la chûsae du saint le jour de aa fête, le quatrième dimanche après Pâques, après la messe... a ChacuD passe dévotement sous la châsse, en priant et en se recommandant à la protection du saint. La même dévotion continue jusqu'au soir (1). » — A Poitiers on passe [ou, du moins, on passait) sous le tombeau de la grande sainte du pays, sainte Radegonde.

La Bretagne est un pays trop conservateur des croyances et des usages pour ne pas nous fournir de nombreux exemples. Un religieux capucin, parlant en 1613 de l'ancieo couvent de Saint- Franc ois à Quiraper, disait : « Ceux qui sont pris de raaux de tête introduisent la tête sous le tombeau et sont guéris (2). . — A la fin du XVII' siècle, le curé Thiers écrivait (3} :

« En certaines Églises de Bretagne les Palsans se >> font dire des Messes pour être guéris, ou préservés de laladies, et à ces Messes ils offrent des

(1) Mbt Gh( (ai p. GoDiai

lioUandiiua, T. XTV,

SncîM Archéaloglfai émolrea , p. tS8.

' l'pingles croches qu'ils metleni sur les Auiels, cl à la I fin ils se font dire des Evangiles, après quoi ils vont 1 hocliei' la tête trois t'ois dans une armoire, ou dans un 1 trou, qui est proche ces Autels.

Ces Messes ne peuvent pas passer pouc supersli- I lieuses ; mais cette offrande d'épingles croches, et ce I hochement de tête dans une armoire, ou dans un trou, > en fait perdre tout le mérite aux personnes qui les font

11 est aisé de s'expliquer l'emploi i lade, le fidèle, voulait passer sa tête dans un trou de l'église, persuadé que t'Était un remède pour sa maladie: l'église n'ayant pas de trou ni prés de l'autel, ni dans la muraille, on ouvrait à rimpétrantl'arnioiredelasacristie; celui-ci se relirait satisfait — et peut-être guéri, car la suggestion ajoué un grand rôle dans tous ces remèdes mei-veiUeux ou miraculeux. On ne s'explique pas en efi'et comment ils auraient pu resier en honneur, s'ils n'avaient pas compté un certain nombre de guérisons.

A Quimperlé, c'était et c'est peut-être encore la tombe de Saint Gurloês, dans l'ancienne église abbatiale, devenue l'église de Sainie-Crois. Le monument date du XI" siècle :

« En 1778, je descendis dans une chapelle souterraine B de l'église de l'abbaye de Quimperlé, dédiée à Sainl- > Gurloès, abbé bénédictin ; je vis un tombeau de pierre

• ser à plat-venire : dans le mur une longue et grosse » chaîne de fer et un creux rempli de cheveux. J'appris ■ que ce saint guérit, et notamment le 24 août, jour de B la fête, celui qui passe sous sa tombe trois fois, en se 1 ceignant le corps de la chaîne et en déposant au béni- B lier une poignée de cheveux et une pièce de mon-

• n.ie (1). .

L'o|Ji'ruiiiJii (lu [jassawf n't'lail pas sans présentei' amivent dps ilillicultéa pour reux qui s'aventuraient dans l'Duvfii'ture sans l'avoir mesurée du regard. • Au mois d'août 1807, au pardon de Sa iiit- Laurent, à Plouegat- Moisan, commune du Finistère, un gros Allemand, établi dans le pays, ayant voulu, comme les autres pèlerins, traverser à genoux le creux de l'autel, son embonipoini ne lui permit ni d'avancer ni de reculer dans cette ouverture qu'il remplissait entièrement. Pour l'en retirer, les dévots qui voulaient profiter des grâces de ce passage pensèrent le disloquer (1). »

Au bourg de l'onlou se trouve une vieille chapelle, fréquentée comme tant de chapelles isolées [ce qu'on appelle en Bretagne des "chapelles de trêve" [2|), le jour de la l'èle du saint. Celle de Ponlou est dédiée à saint Laurent. « Cliaque année, dans ta soirée du 9 aofit, une foule de dévots s'y rendent des paroisses environnantes, et après avoir fait sur les genoux le tour du cimetière, ils entrent en rampant dans un four pratiqué sous l'autel, pour rappeler le supplice du feu iniligë â saint Laurent (3), haiseiil la pierre humide de l'dlre, s'y frottent les mains, et resaortent par l'étroite ouverlure

18M, p. 3M, note.

- Dnns

aaidUMb appel.

aainl-nrlon et qa'oD l'jDToquB pTÎ

(I) Buidouia, Lcltrsê sur lu pîei fAcaddmii atii^uc, T. 111, Paria, iHira, p, 2iï.

[3] Trive dîne le fnnçiii de firelagnii osl le mot breton tref . iiainesu, rieart >, mais i peu prés spéeialjsë dans un mas eci:1dsiiialii|iie. On désigne sDuslenum de"chiipeUeBdefrêve". dHBchapelJsBi'IevéeB à de vieux

■ ■ ■ - ■ - ■. do temps i ........ >.......,.

al'Di

B dit 1

(ju'aasiijgcnl d'aulrcs ptOuriiia iiupulieuls. Puis, si; Ucpoiiiltaot complètement de leurs vôtemeiils, ils se plongent à l'envi dans la foniaine voisine... (1). »

C'est entoi'û une ■■cbapoUe df /rtve ", la chapelle de saint Morvan (ou Malvan) pi'^a de la roule de Ponlivy à Hostrcnen. sur la commune de Cléguérec [Morbihan). Le cercueil dit de saint Morvan est au milieu de la nef: u Ou inti'oduit les enfants dans ce cercueil par une cassure du couvercle pour les guérir de la colique ou les faire marcher de bonne heure (2). « — Un n" tout récent de la Revue Morbihannalse nous apprend qu'on en fait encore autant dans une " chapelle de trêve" de la paroisse de Gaciliy, la petite chapelle de Saint-Jugon : a Les malades viennent demander au Bienheureux [principalenient le lundi de la Pentecôte] la fin de leurs souffrances et passent avec foi sous la pierre de son tombeau, élevée de quelques pieds au-dessus du sol. (3) «

Si l'on obtient des guérisons et des grâces en passant, non sans peine, sous le tombeau fixe et monumental du saint, on les obtient plus aisément quand on passe soua la châsse du saint, clulsse ordinairement en bois, quand on la porte en procession. Un artiste du moyen-âge a sculpté ce spectacle dans une de nos cathédrales et nous le reproduisons ici. M. Viollet-le-Duc, à l'ouvrage duquel nous empruntons cette gravure, la commente ainsi :

« Nous remarquons encore, sur l'un des bas-reiiefs j> du tympau de la porte méridionale de la cathi^drale

iD Alfred de Ctn^rey , u Breton, dans tu Franfoù pciali par tu.r-,„éinc!. {3) Roscnzwglg, Bèprrlnire Archcoloffi^ui da département du Morbihan, p) Abbé l^uillotiu Ae f:uunoD, Let pantani el pèlerinages tin payi de

. d'Ani

uLsa

ilHoi

. tra.

ar ileuK clurr'.s ; elle est à peu près de la diti'un cercueil et paraît exécutée eu bois

t de laines de mi^tal. Des inlirmes se placent » sous la châsse et ta touchent en invoquant le saint, » afin d'Être guéris de leurs maux. C'était en effet ainsi o qu'on venait implorer l'intercession d'un saint, eu se > plaçant direcieiuent sous la châsse qui contenait son n corps. Cet usage, établi probablement par les lidèles, n fil CTue l'on plaça presque toujours les châsses, à partir du XII' siècle, soit sur des ëdicules élevt'-s, comme

■ la châsse de saint Marcel, soil sur des crédences, sous B lesquelles ou pouvait passer à genoux et mëiue en

■ rampant (1). n

Quand le malade ne pouvait loucher la chSsse avec le mumbre malade, il la touchait avec la main, quelquefois avec un bâton, mais pas toujours d'une main assez légère. A Trêves, â la l'entecôte de 1506, comme on promenait ainsi la châsse de saint Wendelîn, elle fut brisée dans la pieuse bagai'i-e des malades trop empressés , et le corps du saint fut mis à découvert (2). L'usage de pasi<er sous la châsse du saini quand on la promène en procession est encore en vigueur dans plusieurs de nos provinces. Pour la Hrelagne, il serait oiseux d'en citer des esemples(3); pour la Provence nous avons le témoignage du D' lîereiiger-Féraud (4) ; pour les Ardennca , celui de

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