OC VT ES
Mais, Monsieur, c'est indécent'
RAOCL.
Hab! entre hommes!... icauu«u*«».i
Le pape n’élall ptià Rome,
Il était en Avignon. (Bit.)
BEATES, c**aal-
Mais, parpaillot! on vous entend dune lieue.
D’une lieue? oh ! voua exagérez... je parie que uon!
La grand vicaire lui demanda...
BEATES.
Je parie quo si 1
RAOUL
Eh bien! a!!ex-y voir!
Quel pêché avec-Toui donc f
BliTtS, li or» d* lai.
Monsieur, pour la dernière foi», jo vous somme de...
RAOUL, »|iw» im lauipr.
Vous ne \oulei pas que je chaula?... ^so tavaai ci allant nn i« puoo.) Alors, je vais jouer du piano.
BE.tTU'8, »'.uUr(v»jul.
C'est le piano de ma femuu', Monsieur.
RAOUL
Allons, je vois que vous u’aimes pas la musique-, j'eo suis fâché pour vous, cela dénote une vilaine âme : je suis sur que vons avez une vilaine âme. Moi, r est différent, j’ai une belle âme, une nature artistique ; et, comme elle demande a s'épancher... je vais faire votre portrait, en pied.., Ui * 4nt* vos le ckev*t«.] Je vais vous peiudrc sur une jambe.
BEvîCS, k motlaot entre Raoul cl le chevalet.
C'est le chevalet de ma tille, Monsieur!
RAOUL
Oh! mais, vous ii'ctes pas amusant, savez-vous?... Qu'est-ce que je pourrais bien faire?... voyons doue?... Ah! je vais sonner de la trompe... I II prend la «v aa trophée du (mut, le poêla à tu l«»r«, tonne ijurljur» nwuini, puis .arrête, jette l« cor loin do lui. et regarde au do-
ban.) Oh ! la jolie (aille! les belles épaulés! si la ligure répond...
BEAU S
La figure de qui?...
RAOUL
Là-bas... eu face de nous...
BEAI US, A pan.
Ma femme!
RAOUL
Vous avez dit ma femme !
«nus, «H*.
Non pas. •*
RAOUL
Vous avez doue dil ma ûllc!
UKATIS.
Non plus!
Alors, vous avez dit ma nièce!
BKVTU8.
Encore moins, [a pari.l U ue mauquait plus que ça,
RAOUL
Ab! je veux savoir ce qu’il eu est cl je vais... (il remonte.)
BLATUS, l'ariAunt, A pari*
Avec une lèlc pareille!... (Hant.) Arrêtez!
RAOUL
Non, puisque tout ce que je fais vous déplaît... je veux m'en aller. (il remonte.)
DE ATI S.
Par exemple! je vous trouve au contraire d'un commerce fort agréable... d’abord, moi, j'adore la musique, cl si vous voulez...
(il lui montre le piano.)
RAOUL
Non, Monsieur, non. (il vent wrtir.)
BEAI».
Si vous aimez mieux faire mou portrait?
RAOUL
Non, Monsieur, non. (il veut tortir.)
UE ms, courant ajiri» loi.
Monsieur, un mot encore! (a pan.) Combattons l’amour par l'amour. (Kart.) Monsieur des Ormes, voua parliez tantôt d'une petite bourgeoise que vous aimiez... Si...
RAOlL.
Non, décidément... (Reg.rdant la parlralt de femme, à gauche.) J'fliuiC’ mieux les femmes mariées, c’est plus piquant, (n T c«t wnir.)
U LA Tl S, l« retenant.
Mais c'est immoral !
RAOUL
Parbleu! c'est pour ça que c'est piquant. D'ailleurs, elle m’a repoussé parce nue je n ai pas do père à moi... u'en parlons plus. (Posaont a droite.) C’est uue bégueuh- !
REATUS, le luivjot.
Peul-ctre pourrait-ou?...
RAOUL
Et moi qui voulais mourir pour elle'.,., insensé! plus souvent!
(U pat«« a gaucho.)
BEATCS, iiicnie jeu.
Mais si, avec une dot, on pouvait lever ses scrupules...
RAOUL
Une dot? de l’argent?... mais c’est uu nom qu’il me faut'... (s**»»Bçatii iut Braios.) Ah I tu as renoué les fil» à demi brisés de mon existence... et tu viens me parler de bouheur! (ramai à drctc.) Tu n’es qu’un intrigant!
REATUS.
Monsieur des Ormes.
RAOUL, »« retournant Ter» Beau*.
Mais, j'y songe... puisqu'il me faut un père, aduptez-moi.
Moi I...
BEATCS.
RAOUL
RAOUL
Je serai bien respectueux... vous voyez, je ne te tutoie plus. Roconnaissez-moi !
BEATES.
Obi oui, je te reconnaîtrai!... mais vous adopter... jamais!
RAOUL
Tu refuses?.!! eb bien!... tant mieux!... je préféré ta femme!... elle m'aimera! je lui «lirai... je vais lui écrire... des plumes, de
I encre !... (il te dirige ter» k bureae j Beat» le prévient «t ae place devant lu.) BEATES.
Vous u'écrirez pas!
RAOCL.
Cruel ! je l'aimerai tant, ta femme !... je la rendrai si heureuse!...
BEAU s.
Où allons-nous, mon Dieu !
RAOUL
Plus heureuse que tu ne le fais, va! je suis jeune, moi! je suis beau j« suis aimant, moi!... (pmw,i a droite.} J'ai de l’amour plein le cœur, et de la poésie plein la télé... taudis que toi... va! je le savais bien que tu avais une vilaine ioiel
REAIDS.
Tu n'auras pas ma femme!
RAOUL
Egoïste !
BEATES
Mois c’est monstrueux !
RAOUL
Apres ça, si tu aimes mieux me donner ta fille ? t. â* 1 1 BEATCS.
Ma fille! ah! plus souvent!
RAOUL
Alors... donne-moi ta nièce !...
BEATES , cmtL
Non! non ! non!...
RtOlL.
Ah ! lu lie »eu* pus m’eu douoer une ! Eli bien I jo l« prendrai toutes les trois I r
V BEAUS.
Toutes les trois!
RAOUL, I '01001*0 1 pré* de |* port* lin fond.
Ou., je me piaule û ce balcon; je m'y incruste; et quand elles paraîtront... » *i
bi»E voix, venant d« b droit*.
Dcatus !
u r . BEAUS.
Ma femme!
Raoul.
Sa femme! (Beats* *« précipite ven I* porta .|« droite, la forme *t i»s*m I# verrou.)
UNE VOIX, venant du jardin.
Mon perel...
BEATES, allant former ta porte du foui.
Ma tille | (rio«| ■ ruuw-rt In porte de droite.)
RAOUL
Sa fille 1 (il va rouvrir ta parle dn fond.)
USE VOIX, venant de la pnriir,
Mon oncle!...
BEATCS, allant fermer la port* de gauche.
Ma nièce!..,
RAOlL. I* rouvrant.
Sa nièce !...
BEAUS, baie tant.
Monsieur, il est temps d'en finir... je ne puis vivre ainsi plus longtemps. 1
RAOUL, i pari.
Allons donc!...
BEATCS.
Ce malin, je vous ai dérangé dans votre pendaison... Eh bien! jo vous en demande pardon !... recommencez : qu’esl-rc que ça vous fait?... et je vous promets de ne plus vous décrocher. (Allant prendra I* conta »ur la cheminée et la Inl prvwiiiant.) Il y CD U CUCOre assez
pour reprendre les choses où vous les avez laissées.
RAOUL
Non, Monsieur, non !
BEATCS, le poarniTsnt avec h corde.
Je vous en prie !
RAOUL
Non, vous dis-je I
BEATES.
Méchant! Faites cela pour moi!
RAOUL
J’ai changé d'avis... et jo veux vivre... car j'aime et je serai aimé! ^
BEATES, MMtrdrn<»t.
Vous serez aimé?
RAOUL
U u est pas douteux... par conséquent...
BF.ATUS.
Vou« ne voulez pas vous rependre ?
RAOUL
Si... jo me repen«... de m'êlre pendu 1 .
BEATUS
Von» ne voulez pas vous pendre?... Eh bien! alors, c'est moi qui me pendrai I...
RAOUL
Vous?... Ah I jo voudrais bien voir ça... (n l'iwtd dan* le fauteuil
contre le paitlikm.)
BEATUS
Ahl vous voudriez bien voir ça... Eh bien!... (il m met bmrfi
au con ; Mais tout A coup il m frappe le front cl retire la corde.) Eh bien ! vous
ne le verres pas... je ne vousdonnerai pas celle satisfaction... j'ni tm moyen, monsieur, j'ai un moyen... (n jette b wd* a rmui qui J» m*t
dant >» poefcc.)
RAOUL, ré Icranl.
Le charbon? l'arsenic?
beatus.
J’ai un moyen de me défaire de tous!... Ah! vous ne voulez pas sortir d'ici?... Ahl vous voulez épouser ma femme?... Ah! vous vonlex épouser ma flllo cl ma nièce?... Eli bien! Monsieur, nia nièce en aime un antre : cl ma tille aussi!... çl ma femme... (il farritr.y Oui, liuusicur, ma nièce est folle d’un jeune homme charmant !
BAOIL.
Elle est folle de moi I
BEATES.
Folle de lui?... non, monsieur, c'esl un homme superbe!
RAOUL
Comme moi f
BEATES.
Un gaillard solide f
RAOUL
Comme moi I
BEATES.
Bien plus solido que vous; de première force A l’épée et au pistolet, et à l'épée... je vois le faire venir, el il vous llauquera par la fenêtre. Je vais lui annoncer qu’il aura mon cousculctncnt à ce prix-ia I ,
RAOUL
Vous n’osere* pat!...
BEATES.
Ja n’oserai pas!... tiens! regarde comme jo n’ose pas! (n *• •'**iwit joint le bw(M A droite et h iltpou A écrire.) Je lui donnerai cent mille francs de dot!
| RAOUL
Cest è moi que vous les donnerez!
BEATES.
Ah! il me fait bien rire!... je vais lui écrire sur-le-champ... j’écris... (tcrWMi.) « Mon cher monsieur Dumont... ■ (s* retournant en Raoul.) Il s’appelle Dumont, lui!...
RAOCL.
Qui est-ce qui ne s’appelle pas Dumont?
BEATES.
Vous, monsieur Raoul de l’Orme !
RAOGL.
Ah! décidément, c’est de l’Orme?... va pour de l’Orme!
BEATUS, écriTiot.
• Mon cher monsieur Dumont, vous ne perdrez pas pour otten-
• dre; ma nièce vous aime; et moi aussi, jo vous aime. •
RAOCL.
Comme voua y aile» !
BEATES.
Voilà comme j’écris, moi! (o»tin.rot.) • J’attends avec impa- » tienec le moment où je pourrai vous nommer mon neveu. Ma
• nièce aura cent cinquante mille francs de dot... • (se itxanunt »rr* Rèoui.) Qu cst-cc que vous dites de ça, monsieur?...
Je dis quo ce n’est guère.
BEATES.
Eh bieo ! deux cent mille, pour vous obliger.
RAOUL
* Vous êtes trop bon.
4 BEATES, rcriTUi.
! « Vous pouvez considérer celte lettre comme un contrat... » (a
RmmI.) Comme un contrat. (Écriront-) ■> El jo le signe, en attendant (• l’autre : Paotaloo Bcatus. « (a hmrI.) Je me nomme Pantalon. RAOUL.
Cassa ndrel.,’.
BEATUS, I|«i a pW u bure, m levant.
Maintenant, je vais faire porter immédiatement cette lettre... RAOUL.
A son adresse?... (preoaet U Uure.) Elle y est... elle est arrivé*... merci, mou oncle.
BEATUS
Hein?
RAOUL, uliUBt.
Achille Dumont, sculpteur.
BEATUS
Vous, Achille Dumont!
Moi-mèmo. — J'ai voulu vous prouver qu’il valait encore mieux m’avoir pour neveu que pour pensionnaire, et j’ai réussi, n'est-ce pas?... iTrodsnt u miio * B«tn».) Sans rancune, mon ourle!
■BATUS, recalant.
Sans rancune!... Ahl vous ne me connaissez pas!
RAOUL
Allons, vnyons; soyez juste, monsieur Pantalon... Soyez un Pantalon juste... N’ai-je pas votre foi signée?
BEATUS
C'est tout ce que vous aurez.
RAOUL
Alors nous plaiderons.
BUATUS.
Plaider?
RAOUL
Je vous ferai un procès... un joli pciit procès; durée, cinq ans; plus les i appel, renvoi, pourvoi, etc. ; total, quinze années, au haut desquelles vous serez tout à fait ruiné cl tout ii fait iinbérilc... BEATES.
Quinze années!... Je serai... tout ii fait imbécile!...
RAOUL
Croyez-moi, il vaut encore mieux danser à ma noce.
(Il loi tend U rotin.)
BEATUS. U lu, prenant.
Mon neveu, vous êtes un intime gredin I
A In bonne heure! voilà une bonne parole I... Et, comme vous ave* été gentil, soyez tranquille, je vous rcodrai bien heureux. BEATES.
Comment ?
A ma manière.
RAOUL