‹ Un vivant et deux mortsChapitre 14 sur 15 · LOUIS XVII · texte numérisé non relu

LOUIS XVII

Charles-Louis, duc de Normandie,

Roi de France et de Navarre,

né à Versailles le 27 mars 1785.

décédé à Delft le 10 Août 1845.

(1) Le cimetière n'existe plus ; on l'a transformé en promenade, mais on a laissé la tombe telle qu'elle était.

Akédjsseril. Un vol. petit in-4°, Paris, de Brunhoff,

En même temps que cette nouvelle paraissait dans le recueil intitulé : U Amour suprême, l'éditeur de Brunhoff en faisait un tirage à part à 250 exemplaires sur papier du Japon,

Le livre orné de vignettes somptueuses en noir et en rouge est en outre précédé d'un portrait de Villiers de risle-Adam et d'un frontispice de Félicien Rops.

Le portrait est malheureusement banal, mais en revanche le dessin de Rops est un des plus beaux du maître aqua-fortiste; chaque exemplaire le contient en trois états : en noir, bleu et sanguine.

Edité à vingt francs, ce volume rare, puisque tiré à petit nombre, se vend jusqu'à 100 francs aujourd'hui et doit atteindre encore des prix plus élevés. C'est une des choses les plus belles de la littérature française et celui des livres de Villiers le plus royalement présenté.

La librairie Conard a réimprimé Akédysseril, en un fort joli volume avec illustrations de Rochegrosse.

Tribulat Bonhomet. Paris, Tresse et Stock, 1887. Un volume in-18 de 286 pages pour le texte et la table, six pages pour le titre, le faux-titre et l'avis au lecteur paginé V à VI; enfin deux feuillets pour la dédicace : « Aux chers indifférents, » et les errata. Au verso du titre on lit : Il a été tiré à part dix exemplaires sur Hollande et dix sur

Japon.

Epigraphe : Je m'appelle légion.

Pour éclairer davantage le lecteur sur la personnalité de son héros, Villiers fait ici précéder Claire Lenoir, parue en 1864, dans la Revue des Lettres et des Arts, de trois nouvelles :

1° Le Tueur de Cygnes ; 2° Motion du Docteur Bonhomet, touchant l'utilisation des tremblements de terre; 3° Le banquet des Eventualistes.

Le premier de ces trois récits est suffisant pour caractériser Tribulat Bonhomet.

Villiers peut ensuite le laisser raconter lui-même l'histoire tragique de Claire Lenoir.

Le lecteur est fixé sur la délicatesse incroyable du personnage et sur sa sensibilité qui ne daigne savourer (en connaisseur sérieux), que le timbre de ces symboliques voix des cygnes qui vocalisent la Mort comme une mélodie. ... il est moins étonné après cela des hésitations du docteur à nous révéler l'horreur dont il fut involontairement le témoin.

« Une découverte profonde, dit-il, n'est pas immédiatement bonne à lancer au pied levé parmi le train des pensées humaines. Elle demande à être mûrement digérée et sassée par des esprits préparateurs

Tout pesé, je parlerai «

D'ailleurs, mon siècle me rassure; pour quelques esprits laibles que je puis atteindre, il est de nombreux esprits forts que je puis édifier. J'ai dit « esprits forts » et je ne parle pas au hasard. Quant à la véracité de mon récit, personne, je le parierais, ne la plaisantera outre mesure. Car, en admettant même, que les faits suivants soient radicalement faux, la seule idée de leur simple possibilité est tout aussi terrible que le pourrait être leur authenticité démontrée et reconnue. »

Après ces sages paroles qui en disent longs sur les intentions de l'Auteur, il est difficile de prendre congé du sympathique savant, sans lui permettre de nous donner au moins un aperçu de son physique.

« Depuis que je me connais, j'ai toujours porté le même genre de vêtements, approprié à ma personne et à ma démarche. Savoir : un feutre noir à larges bords, à l'imitation des quakers et des poètes lakistes ; une vaste houppelande fermée et drapée sur ma poitrine, comme mes grandes phrases le sont habituellement sur ma pensée; une vieille canne à pomme de vermeil ; un volumineux solitaire, diamant de famille, à mon doigt de Saturne. Je rivalise avec les vieillards de roman pour la précieuse finesse et la délicieuse blancheur de mon linge; j'ai l'honneur de posséder les pieds mêmes du roi Charlemagne dans mes bottes Souwaroîf, avec lesquelles je méprise bien le sol ; j'ai presque toujours ma valise à la main, car je voyage plus qu'Ashavérus. A moi seul j'ai la physionomie de mon siècle, dont j'ai lieu de me croire V Archétype. Bref, je suis docteur, philanthrope et homme du monde.

Ma voix est tantôt suraiguë, tantôt (spécialement avec les dames), grasse et profonde : le tout sans transition, ce qui doit plaire. — Rien ne me rattache à la société, ni

femmes, ni parents d'aucune espèce, j'en ai du moins l'espérance; mon bien est en viager (j'entends le peu qui me reste).

Ma carte de visite est ainsi conçue :

Le docteur TRIBULAT BONHOMET

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