PRIX MOYEN
nk.Tli. 23,88 OU fr. 172,02 Hk.Tli. 28,13 ou fr. 180,03 Hk.TU.2D,20oufr. 161,23
Cet article a donc augmenté de plus du tiers
en 1891 ; mais les filés de Manchester ont dû céder la place à ceux de Bombay, qui sont moins chers et répondent mieux aux goûts et surtout aux besoins des indigènes, en raison même de leur qualité inférieure.
Comme on le voit, nos filés ne sont pas représentés au Yunnan, et du reste ils ne font pas meilleure figure au Tonkin où Timportation a été nul{e en 1891. « Les maisons qui avaient « tenté l'essai en 1889 et 1890 ont dû y renoncer
< et réexporter en France les filés qui restaient « invendus. Ce résultat, dû autant à Tinsuffic sance de protection qu'au défaut de similitude « dans les produits français expédiés ici, est « profondément regrettable, alors surtout que « la voie du Yunnan est ouverte par le fleuve « Rouge, et que celle du Quang-Si le sera dans « une année ou deux par le chemin de fer de
< Langson ». (Rapport des douanes du Tonkin pour 1891.)
Nous avons succombé comme Manchester, qui a été supplanté sur les marchés de T Extrême-
Orient par Bombay, dont Tindustrie jouit d*une situation privilégiée.
La proximité de la matière première , la liberté du travail qui n'est pas entravée par les nécessités sociales, et le bas prix de la maind'œuvre que fait ressortir encore la baisse du change, rendent la lutte impossible pour les produits européens.
Le seul moyen de nous assurer les 15 ou 20 millions que nous offre un si beau débouché, est de créer des filatures à Hanoï.
Elles se trouveraient^ au Tonkin, dans les conditions économiques qui ont fait le succès des manufactures de Bombay, et aux portes m^êmes de ce marché im.mense dont nous détenons la clef.
Cotonnades.
Cotonnades chinoises. — Le chiffre des cotonnades nécessaires à la consommation d'une grande province comme le Yunnan, et des pays circonvoisins qui vivent de sa vie commerciale,
doit être assarément considérable ; mais il est impossible d'évalaer cette quantité d'une façon précise, car il nous manque cette base mathématique que donnent les statistiques de douane.
Les étoffes indigènes sont tissées en partie dans le pays, et beaucoup viennent du Hupeh, du Szetchuen, du Honan et de Canton, par de nombreuses barrières qui gardent le secret de leurs opérations.
Pour se rendre compte approximativement de l'importance de ce commerce, on en est donc réduit à calculer le nombre probable des consommateurs, et je crois rester au-dessous de la vérité en fixant ce chiffre à 35 millions.
J'ai devant moi des échantillons de ces diverses cotonnades^ et ce qui frappe tout d'abord, c'est leur étroitesse et le défaut de finesse qui les caractérise.
Les étoffes faites au Yunnan présentent de grandes différences au point de vue de la qualité. Les unes sont tissées entièrement avec des filés indigènes, et sont très grossières ; les
autres mixtes, c'est-à-dire composées de filés étrangers pour la chaîne, et de coton filé dans le pays pour la trame, sotit bien supérieures aux précédentes pour la régularité et la solidité.
La largeur est de 29 à 31 centimètres, et la longueur de 20 à 28 pieds.
En général, la pièce a 27 pieds (8" 65*) de longueur. Elle se vend :
fr. c.
l" qualité 3,8i
Il est inutile de faire remarquer qu'il y a beaucoup de variétés entre ces trois catégories; car chaque pièce émane pour ainsi dire d'un métier différent.
Pour les cotonnades de couleur, on ajoute au prix ordinaire les frais de teinture dont voici un aperçu :
fr. c.
En vert , 0,48
En bleu 0,43
En noir brillant 0,80
En rouge 1 ,20
Mais ces prix varient naturellement suivant que les nuances ont plus ou moins de brillant. Il faut compter un supplément de 0,30'' à 0,35*^ par pièce selon la perfection du travail.
Les toiles teintes sont un peu moins larges que les autres. Les Chinois prétendent que cela provient du retrait causé par l'opération ; mais je suis disposé à croire, avec les missionnaires de qui je tiens ces renseignements, que les ouvriers donnent moins de largeur aux pièces qui doivent passer à la teinture, car le Chinois calcule tout, et fait l'impossible pour gagner une sapèque.
Les toiles du Yunnan ne sont pas en honneur, et on aime mieux acheter celles qui viennent du Szetchuen ou de Canton, d'abord parce qu'elles sont meilleures, et aussi parce qu'elles sont plus larges de 1 à 4 pouces, et que leur longueur varie de 30 à 60 pieds.
Elles tiennent le milieu pour la qualité entre les cotonnades d'Europe et celles du Yunnan.
Les plus larges arrivent écrues, et sont
teintes sur place. Les autres sont teintes d'ordinaire dans le pays d'origine avant d'être expédiées.
Voici quelques prix :