INTRODUCTION
de se diriger sur Timbouctou ; et de bien d'autres pionniers de la civilisation pacifique.
Mais je ne crois pas, — j'ai fait de vaines recherches à ce sujet, — qu'aucun explorateur se soit attaché à décrire le fleuve au point de vue de la navigation, des nombreux accidents qui se présentent sur son parcours depuis Saint-Louis jusqu'à Médine et aux chutes du Félou.
Quelques études excellentes ont bien été faites par des hommes compétents en la matière, appartenant pour la plupart à notre marine nationale, tels que les articles de M. Braouëzec, de la Revm maritime et coloniale (janvier et février 1861), mais le public les connaît peu.
Aujourd'hui que la curiosité des Européens les attire vers cet hémisphère, que notre domination va s'étendre, que notre commerce va se frayer une nouvelle voie dans ces régions inconnues du Niger, un ouvrage descriptif du fleuve Sénégal, route naturelle pour se rendre à Timbouctou, fait absolument défaut.
Au moment où j'allais entreprendre un voyage jusqu'aux chutes du Félou, j'ai été frappé de cette lacune, que je me suis promis de combler dans la mesure de mes moyens et de mes connaissances, en recueillant aux sources mêmes tous les renseignements nécessaires à ce travail.
Dans cet ouvrage, j'ai consigné quelques impressions de voyage, quelques études de mœurs, quelques récits que j'ai recueillis sur les lieux. Mais je me suis surtout attaché à relever les fonds, les roches, les passages et les coudes du fleuve Sénégal, ainsi que les noms des villages qui bordent les deux rives.