ACTE I, SCENE Vill. * Il
BENITO
J'ai compris, parfaitement compris, seigneur étranger... mais je puis tous cacher que je trouve vos propositions très- déplacées... Savez-vous à qui vous parlez?
RENIFLARD.
A mon domestique, j'imagine.
BEIfITO.
A un descendant de Pelage... Je suis aussi noble que le roi... peut-être plus.
RENIFLARD, à part.
Est-ce que cet homme serait un réfugié espagnol?... Ahl que je suis bête! nous sommes en Espagne.
BENITO
De quelle couleur pensez-vous que soit le sang qui coule dans mes veines?
RENIFLARD.
Mais...
Oh ! je sais que vous allez me répondre... quelque lieu commun sans doute... rouge, n'est-ce pas ?
RENIFLARD.
Dame! c'est assez la couleur ordinaire.
BENITO
Seigneur cavalier, je suis Biscayen, et vous ignorez probablement qu'une tradition populaire donne aux naturels de la Biscaye un sang bleu, pur et non mélangé comme celui des autres mortels.
RENIFLARD.
J'ignorais cette tradition populaire, mais je l'adopte... et plus je réfléchis, plus je reconnais la véracité de vos paroles.
BENITO