ACTE M, SCENE V
ment étranger aux affaires politiques... j'ignore même quels sont les principaux souverains de l'Europe; l'Almanach royal m'est entièrement inconnu... Tenez, par exemple... j'ignore qui est-ce qui vous gouverne, ici, en Espagne.
n. RAMON.
Hélas! et moi aussi, je l'ignore.
RENIFLARD.
Vous voyez donc bien!... Ah ! et puis, je suis tellement encroûté dans mon ignorance que ie ne connais mon histoire de France qu'à partir de la révolu- . tion.
D. RAMON
Laquelle?
RENIFLARD.
La bonne !
n. RAMON.
Eh bien ! laquelle ?
RENIFLARD.
Il me demande laquelle... Je vous vois venir, vous voudriez me faire parler... me faire dire quelle est la bonne... Eh bien ! je ne vous le dirai pas... ah!.. Je n'en sais rien, d'ailleurs.
n. RAMON.
Peu m'importe, ao reste... il me suffit des accusations de don Benito pour vous retenir prisonnier. ..
RENIFLARD.
Moi, prisonnier !...
Très-bien! Et votre procès ne sera pas long.
RENIFLARD.
Mon procès!... Ah ! ça, voyons, pas de bêtises... Jusqu'à présent, j'ai cru que vous plaisantiez...
D. BAMON.
Je ne plaisante jamais... et je déclare ennemi de mon pays quiconque ne pense pas comme moi.
REN1FLARD.
Mais, cependant...
D. RAMON
Ne m'échauflez pas les oreilles, plus longtemps. Ce pavillon vous tiendra lieu de prison ; allez , relirezvous...
RENIFLARD.
ruisseau de la rue Saint- Honoré !... égout de la Pointe-Saint-Eustache !... Voyons, M. Ram on... Ecoutez- moi... Je vous ai rendu un service... un grand service!...
D. RAMON
Un service!... Lequel?
Je vous ai fait épouser celle que vous aimiez...
D. RAMON
Vous appelez cela... m'avoir rendu un service?...
RENIFLARD, à part.
Est-ce que, par hasard, il ne serait pas heureux en ménage?...
D. RAMON
Croyez-vous donc que j'ai été la dupe de votre gé^ nérosité?
RENIFLARD.
Mais, seigneur...
D. RAMON
Mensonge!...
RENIFLARD, èpOTt,
Il m'insulte!
D. RAMON
Vous m'avez donné votre place pour échapper a« danger... vous m'avez livré aux assassins de doi