ACTE M, SCENE VIII
RENIFLARD.
Si fait, je te comprends trop bien... que je m'en vais bravement me poser devant ces canons de fusil,
Î[ui me canarderont, mais qui ne me tueront pas, sous e prétexte qu'ils ne seront chargés qu'à poudre.
ROSINE
C'est cela...
RENIFLÀRD.
Eh bien ! ça ne me va pas... J'aime mieux un autre moyen...
ROSINE
11 n'y a que cela pour vous sauver...
RENJFLARD.
Ah! mon Dieu ! mon Dieu ! Mais êtes- vous bien sûre que les fusils ne seront pas chargés à balles?
ROSINE
J'en suis sûre! D'ailleurs, vous le sentirez bien. Voyons, mon bon Désiré, voyons, rassurez- vous ! Suivez bien mes conseils ; jusqu'à présent, vous vous en êtes bien trouvé, n'est-ce pas?
RENIFLARD.
Oui, oui; mais ces satanés fusils me trottent par la tète.
ROSINE
Ne cherchez pas à vouloir pallier votre crime !
RENIFLARD.
Mon crime?
ROSINE
Oui... N'essayez pas de vouloir paraître innocent... cela pourrait attendrir vos juges...
RENIFLARD.
Eh bien ! ça m'irait beaucoup de les attendrir.
ROSINE
Du tout ! Parce qu'au lieu de vous condamner à mort, ils vous enverraient en prison ou aux galères,
en Afrique , d'où, il nous serait impossible de vous tirer...
Ah ! mon Dieu ! dans quelle position suis-je? Être obligé de faire tous mes efforts pour consommer ma perte... sans cela, je suis perdu... Ma tête se perd...
ROSINE
Mais j'entends don Inigo... C'est le conseil .. Au revoir, Désiré... à bientôt... N'oubliez pas!...
RENIFLARD.
Au revoir... Ah! pardon... encore un mot...
ROSINE
Quoi?
RENIFLARD.
Me promettez-vous que les fusils ne seront pas chargés à balles ?
ROSINE
Oui... oui... adieu !